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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 09:34

Il y a 30 ans, les Diables Rouges étaient sur le toit de l'Europe...

euro-80.jpgPuisque la génération médiocre actuelle de mercenaires du football belge est totalement incapable de se qualifier pour un tournoi majeur, il faut vivre dans les souvenirs pour vibrer avec les Diables Rouges ! En effet, pour parler d'une qualification des Diables Rouges à la phase finale d'une Coupe du Monde ou d'un Euro, il faut remonter à plusieurs années en arrière... 2002 pour une Coupe du Monde, 2000 pour un Euro (et encore, notre pays fut qualifié en tant que co-organisateur). Pour évoquer des exploits footballistiques de la Belgique, il faut remonter encore plus loins, jusqu'en 1986, au Mexique, voire 1990, en Italie. En Italie, c'est là précidémment qu'a débuté la période bénie de l'équipe nationale belge ! C'était en 1980 pour un championnat d'Europe des Nations que l'on baptisait, à cette époque, Europeo. Cette année là, la Belgique avait atteint la finale du tournoi et avait même failli faire trébucher la Mannschaft à ce stade ultime. Cette finale ouvrait une période faste pour les Diables Rouges. Alors que débute, aujourd'hui, l'Euro 2012 jetons un regard dans le rétroviseur pour revenir sur le parcours fabuleux d'une équipe belge remarquable lors de l'Euro 80... c'était il y a 32 ans, les Diables Rouges faisaient rêver à cette époque !

La route vers Rome

Dans les années 70, les équipes belges se sont signalées sur la scène européenne. Anderlecht remporta deux Coupes des Vainqueurs de Coupes (1976 contre West Ham et 1978 contre l'Austria Vienne), tandis que le FC Bruges arrivait en finale de la Coupe UEFA 1976 et de la Coupe des Clubs Champions (ancêtre de la Ligue des Champions) 1978, battu à chaque fois par la même équipe de Liverpool. A cette époque, la Belgique compte dans ses rangs quelques valeurs sûres comme Raoul Lambert, Odilon Polleunis, Wilfried Van Moer, Christian Piot, Paul Van Himst mais aussi de jeunes pousses prometteuses comme François Van Der Elst, Eric Gerets ou Jan Ceulemans. Cependant, l'équipe nationale reste cantonnée au rôle de faire-valoir. Elle se qualifie pour la Coupe du Monde 1970, l'Euro 1972 mais doit faire l'impasse sur l'Euro 1974 et sur la Coupe du Monde 1978. Il y a pourtant des raisons de voir l'avenir sous de bons auspices car l'équipe nationale juniore remporte le Championnat d'Europe 1977 organisé dans notre pays. Cependant, lors des qualifications pour le Championnat d'Europe 1980, qui aura lieu en Italie, notre pays ne fait pas figure de favori. La Belgique se retrouve dans le Groupe 2 des qualifications avec le Portugal, l'Autriche, la Norvège et l'Ecosse. A cette époque, il n'y avait qu'un seul qualifié par groupe et l'on ne donnait guère de chance aux Diables Rouges. D'autant moins que l'entraineur de l'époque, Guy Thys qui n'a coaché que des petits clubs, est là en guise de transition après Raymond Goethals et en attendant un entraineur de renom. La route vers Rome commence mal, quatre matches nuls en enfilade. En septembre 1979, la Belgique bat la Norvège sans convaincre mais redore un peu son blason; avec six points sur dix(1) elle reste en course pour la qualification. Mais l'euphorie n'est pas de mise car la Belgique doit encore recevoir le Portugal et affronter deux fois l'Ecosse, une nation qui, avec des joueurs qui évoluent en première division anglaise comme Asa Hartford (Manchester City), John Robertson (Notthingham Forrest), Joe Jordan (Manchester United) et, surtout, l'axe Allan Hassen-Graham Souness-Kenny Dalglish qui fait les beaux jours de Liverpool, sera tout sauf un oiseau pour le chat. En fait, l'équipe belge manque cruellement d'un organisateur de jeu, un type capable de prendre les choses en mains et faire tourner l'équipe qui ne manque pas de talent. C'est alors que Guy Thys, inspiré par un journaliste, a l'idée de rappeler le vieux Wilfried Van Moer. Alors que Van Moer, qui s'attendait (à 35 ans !) à terminer carrière calmement dans la petite équipe de Beringen, revient à la manoeuvre, les Diables Rouges deviennent irrésistibles... Victoires 2-0 contre le Portugal, sur le même score contre l'Ecosse et un superbe 1-3 à Glasgow ! La Belgique remporte ce groupe 2 et se qualifie pour le Championnat d'Europe 1980

A deux doigts de l'exploit

En Italie, la phase finale de l'Europeo 80 se joue en deux poules de quatre équipes? Dans chaque poule, les adversaire s'affrontent une fois, on comptabilise les points; le second de chaque groupe se disputent la petite finale pour la troisième place tandis que les vainqueurs s'affrontent en finale. La Belgique hérite, dans la poule B, de l'Angleterre, grande favorite du tournoi, de l'Italie, qui joue à domicile, et de la RFA, l'une des meilleures nations du monde. Il ne se trouve pas une âme pour parier un sou sur la Belgique qui, si elle peut réussir l'exploit de battre l'une de ces trois nations forte du football, ne pourra pas les écarter toutes les trois. Le parcours débute par un match superbe contre l'Angleterre, les Diables Rouges emmenés par un Jan Ceulemans exceptionnel réussissent à arracher un nul, 1-1 (but de Ceulemans). Dans l'autre match, Italie et Espagne se neutralisent se le score reste vierge. Tout est possible après cette première joute. Seconde rencontre, c'est l'Espagne de Santillana, Asensi, Juanito et Quini qui se dresse devant notre équipe nationale. Les Diables Rouges accomplissent leur exploit en l'emportant 2-1 (buts de Gerets et Cools) alors que dans le même temps l'Italie bat l'Angleterre. La Belgique est en tête de son groupe et il lui suffit d'un nul contre l'Italie, lors de la dernière rencontre de poule, pour aller en finale. Mais voila, pour accéder à cette finale, l'Italie doit a tout prix gagner le match. Le 18 juin, dans un stade olympique de Rome plein à craquer et tout acquis à la Squadra Azurra, la Belgique va résister... La grande chance des Diables Rouges est que l'Italie est adepte du fameux catenaccio, un style ultra-défensif élevé au rang d'art par les Italiens. Il est difficile pour eux de sortir de ce schéma alors qu'ils doivent à tout prix l'emporter... Ils n'y parviendront pas ! C'est ce catenaccio qui aura couté son élimination à l'Italie, lors de ce premier tour, elle l'aura si bien manié (0 but encaissé mais 1 seul marqué) qu'elle devra se contenter de jouer pour la troisième place.

En finale, le 22 juin 1980, la Belgique est opposée à la RFA, l'équipe qui a le plus impressionné jusqu'alors. Il ne faut que dix minutes à Horst Hrubesch, le colosse du Hamburg SV, pour ouvrir la marque. Là encore, on se dit que la Belgique ne sera qu'un oiseau pour le chat. Mais elle fait jeu égal et en fin de partie elle est même plus fringante que son adversaire. A la 75è minute, la Belgique hérite d'un pénalty pour une faute sur Ceulemans, René Vander Eycken le tire et égalise. Coup de barre au moral des Allemands qui s'ajoute à la fatigue physique... On croit les Diables Rouges à portée de l'exploit extrême. Et cet exploit manqué va résonner comme le tir puissant, à six minutes du terme, de Raymond Mommens sur la barre transversale d'Harald Schumacher. Le gardien allemand n'aurait rien pu faire sur cet envoi et fut sauvé par son cadre qui renvoya la tentative de Mommens. La chance était passée, l'exploit aussi car quelques instant plus tard, funeste 88è minute, Hrubesch, encore lui, reprît victorieusement de la tête un coup de coin... 2-1 pour l'Allemagne mais la Belgique méritait de remporter cet Europeo 80 !

L'aube d'une décennie dorée

Jan Ceulemans fut déclaré Meilleur Joueur de ce Championnat d'Europe de Nations, la Belgique s'était révélée aux yeux de l'Europe. Deux ans plus tard, les Diables Rouges réussissaient à se qualifier, pour la première fois, de leur histoire pour un second tour de Coupe du Monde après avoir, au passage, battu l'Argentine, Championne du Monde en titre (1-0) lors du match d'ouverture de ce Mundial 82. Et puis, après un Euro 84 plus terne, ce sera la fabuleuse épopée mexicaine de 1986 où la Belgique accèdera à la petite finale pour terminer quatrième de cette Coupe du Monde. La Belle aventure de cette génération de joueurs exceptionnels s'achèvera, où elle avait commencé, en Italie lors de la Coupe du Monde 1990. En 1/8è de finale, contre l'Angleterre, alors que l'arrive au bout des prolongations et que ce sont les tirs aux buts qui semblent devoir désigner le vainqueur, David Platt reprend un coup franc anodin pour inscrire le but de la victoire... Une génération de joueurs s'en allait, cédant le relais à une autre assez douée mais qui, si elle se qualifiera pour les Coupes du Monde 1994, 1998 et 2002, ne reproduira jamais vraiment les exploits de la précédente. Depuis 2002, l'histoire des Diables Rouges est triste à pleurer !

Les cadres de cette génération exceptionnelle

Jan Ceulemans (FC Bruges), Eric Gerets (Standard Liège et PSV Eindhoven), Erwin Vandenbergh (Lierse, Anderlecht et Lille OSC), François Van Der Elst (Anderlecht et West Ham), Jean-Marie Pfaff (Beveren et Bayern Munich), Raymond Mommens (Lokeren), Ludo Coeck (Anderlecht et Inter Milan), Frank Vercauteren (Anderlecht), Walter Meeuws (FC Bruges et Standard Liège), René Vander Eycken (FC Bruges, Genoa et Standard Liège), Michel Renquin (Standard, Anderlecht et Servette Genève), Wilfried Van Moer (Beringen et Beveren), Luc Millecamps (Waregem) ou Grun (Anderlecht et Parme)... Guy Thys, l'entraineur qui ne devait assurer qu'une transition, sera présent aux côtés des Diables Rouges pour tous ces grands rendez-vous. Il sera le coach de la sélection nationale Belge de 1976 à 1991... vraiment une belle transition comme on en voudrait une aujourd'hui !

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(1) à l'époque on compte deux points pour une victoire et un seul pour un match nul

 

 

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Published by Olivier Moch - dans Humeurs
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commentaires

microsoft outlook problems 25/04/2014 14:25

Many of the pride teams have gone down the division and the new generations haven't heard of the team name too. This Belgian Red Devils reminded me of the Nottingham Forest, but the difference is that they have one the champions league twice consecutively..