Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 08:55

Un an sans parvenir à composer un gouvernement… aux yeux étrangers, nos politiciens brillent surtout par leur incompétence !

belgium.jpgCela fait un an - et quelques jours mais à partir d’un certain stade il n’est plus utile d’afficher une précision de mécanisme d’horlogerie suisse… - qu’Alexander De Croo faisait tomber le gouvernement, plongeant ainsi la Belgique dans le chaos politique le plus long de son histoire. J’ai eu l’occasion de discuter, récemment, avec des amis italiens qui vivent dans les belles Abruzzes et avec qui nous discutons parfois de politique. La situation berlusconienne de leur pays ne les enchante pas… «Mais au moins, nous on a un gouvernement !» me disait l’un d’eux, entendant par là qu’il valait assurément mieux un gouvernement dirigé par un mauvais Premier Ministre que pas de gouvernement du tout. Je tempérais en disant que nous avions quand même un gouvernent de transition qui  ne faisait pas un mauvais boulot, au contraire même je trouve qu’il s’en sort plutôt bien… En Italie, à première vue, il n’y a que peu d’informations qui filtrent sur la situation politique belge tout juste savent-ils que l’on est sans gouvernement depuis un an et lorsque j’abordais le sujet avec mes amis transalpins, je ne pouvais que voir la stupéfaction se graver sur les visages. Ils ne parviennent pas à comprendre comment, une année complète après le scrutin, les politiciens belges n’ont pas encore réussi à former un gouvernement. Lorsqu’en avril 2006 les Italiens ont été appelés aux urnes et qu’ils en ont fait sortir une coalition de plusieurs partir de gauche, moins d’un mois plus tard, Romano Prodi avait composé son gouvernement et était installé comme Président du Conseil des Ministres… Et en 2008, alors que le gouvernement Prodi était tombé, un mois après que les Italiens fussent retournés aux urnes, un gouvernement Berlusconi IV était avalisé par le Parlement. Pas même 30 jours, dans les deux cas, et les Italiens avaient déjà trouvé ce délai fort long… Que dire alors des 365 jours sans gouvernement que la Belgique avance désormais ? Ridicules ! Aux yeux des Italiens nos décideurs politiques apparaissent comme ridicules.
 
Ne pas parvenir à concilier les divergences d’un petit pays qui compte dix millions d’habitants résonne aux oreilles de mes amis des Abruzzes comme le carillon d’une bande de cloches incapables d’harmoniser leurs accords. Mais la Belgique est un pays qui regroupe trois communautés de personnes fondamentalement différentes me hasardais-je à avancer pour défendre ce que je n’avais pourtant même pas envie de protéger puisque moi aussi je trouve cette situation ridicule… «Parce que tu crois que les Milanais du nord sont les mêmes que les Calabrais du sud ; que les Frioulans ou les Trentinois avec leur proximité autrichienne ressemblent aux Siciliens avec leurs souches arabes ou mêmes que les Marcheses ont la même mentalité que leur pourtant voisins toscans ?» m’était-il répondu avec une simplicité réaliste… La seule particularité belge est d’avoir trois langues distinctes ; un peu comme la Suisse qui a bien réussi son fédéralisme ! Comme la Suisse ou comme… l’Italie d’ailleurs car comme me le faisait remarquer, au coin d’une table devant un verre de bon vin, mon hôte, si l’Italien est la langue officielle du pays, la Constitution italienne par son article 6 garantit la protection de langues différentes selon les régions. Ainsi, sans être exhaustif, le français est langue officielle dans le Val d’Aoste ; l’Allemand est langue officielle dans le Trentin-Haut-Adige ; le Sarde est langue officielle en Sardaigne…

D’un côté on a l’Italie : vingt régions, 61 millions d’habitants et un minimum de cinq à six langues officielles reconnues ; de l’autre on a la Belgique : trois Régions, 11 millions d’habitants et trois langues officielles reconnues. Les premiers ont formé un gouvernement en moins de trente jours (deux fois en quelques années) ; les seconds n’y sont pas encore parvenus après 365 jours… Pourquoi ? Parce que, comme je le laisse transparaître depuis plusieurs mois à travers les lignes d’Acta Diurna, les politiciens belges de premier plan sont tous, sans exception, incapables de prendre les décisions qui s’imposent… vous savez maintenant, ma position à ce sujet !

J’ai eu également un échange de mails avec une connaissance qui vit dans le sud-ouest de la France, et si je n’ai pas pu approfondir le sujet avec elle, il est quand même ressorti de notre brève conversation virtuelle que la situation politique belge ressemble à une mauvaise blague qui ne ferait rire personne. J’ai même ressenti dans cet échange épistolaire électronique une forme de compassion de la part de mon interlocutrice ; une compassion dont je me serais volontiers passé et que je n’aurais pas eu à subir si les politiciens belges avaient des couilles !

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Olivier Moch - dans Actualité
commenter cet article

commentaires