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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 15:07

Aux Pays-Bas, le concept de Repair-Cafe est occupé à se développer de façon intéressante...

repair_cafe.jpgDe nos jours, que fait-on lorsqu'une chaise est cassée, lorsque le grille-pain n'éjecte plus les tartines, lorsque le chariot du lecteur DVD est bloqué, lorsque la chemise du printemps dernier à un accroc ou lorsque le pédalier du vélo est foutu ? Et bien on achète du nouveau matériel... c'est le prinicpe même de la société de consommation. "Si vous allez dans le magasin dans lequel vous avez acheté ce matériel, on vous dit que la réparation vous coûtera plus cher que l'achat d'un neuf"(1) explique Koen, un jeune homme qui travaille dans un Repair-Cafe aux Pays-Bas. Un repair-cafe... Kesako ? Simplement un endroit né de l'imagination de quelques personnes qui ont décidé qu'il fallait réintroduire une notion de réparation dans l'esprit des gens plutôt que d'entretenir un tout à la consommation prôné par la société actuelle. Pour nos grands-parents, il était impensable d'acheter quelque chose d'inutile ou de remplacer un outil, un ustensile ou un vêtement si celui-ci n'était pas totalement hors d'usage. Ainsi, ma grand-mère avait toujours de vieilles casseroles en fonte qu'elle avait reçues pour son mariage tandis que mon grand-père utilisait, jusqu'aux derniers moments où sa santé lui permit de le faire, une vieille tondeuse mécanique pour tondre son gazon. Elle en a tondu des kilomètres de gazon cette tondeuse alors que, pourtant, la pelouse chez mes grands-parents s'étirait péniblement sur 30 mètres-carrés... Mais que voulez-vous, il était hors de question pour le "vieux polak" de remplacer un tondeuse qui fauchait encore parfaitement l'herbe, quand bien même une version électrique lui aurait, peut-être, simplifié la vie. Il l'a fait réparer dix ou quinze fois cette machine et il a pesté autant de fois parce que c'était toujours au moment de tondre qu'elle décidait de tomber en rade... forcément, il n'aurait pas pu s'apercevoir d'une panne lorsqu'il ne s'en servait pas ! Mais, cette vieille tondeuse mécanique rouge, elle a tondu son gazon jusqu'au bout... Elle avait bien trente ans lorsqu'on s'en est débarassée, après la mort de mon grand-père ! Quel matériel peut encore se targuer d'avoir une espérance de vie de trente ans aujourd'hui ? Aucun, on remplace bien avant qu'il n'ait le cinquième de cet âge canonique... Réparer, cela n'existe plus, on achète du neuf désormais. Pareil pour les chaussures, qui va encore chez le cordonnier pour faire réparer un trou à la semelle ? Personne, on va chez un discounter en pompes et on achète une nouvelle paire. Ce n'est pas économique, ce n'est pas écologique... c'est dans l'air du temps  !

L'esprit des repair-cafes est d'éduquer la population au fait de ne pas jeter leurs choses lorsqu'elles peuvent être réparées. A l'image des chats, tous ces objets de la vie courante peuvent donc avoir plusieurs vies. C'est le concept imaginé en octobre 2009, à Amsterdam, par Martine Postma et qui s'est développé depuis à travers les Pays-Bas. Concrètement, on y apporte son matériel endommagé - électroménager, outils, vêtements déchirés, vélo... - et sur place un technicien, un bricoleur ou une couturière le répare gratuitement. Pendant le temps de la réparation, le "client" s'installe dans l'estaminet et, s'il en a envie, boit un verre pour patienter. La plupart du temps, les réparations à effectuer sont légères et le temps d'attente n'excède pas la demi-heure. "Le Repair-cafe doit amener à un changement des mentalités, c'est indispensable pour conscientiser les gens à une société durable" peut-on lire sur le site internet des Repair-Cafes. Aujourd'hui, on compte cinq repair-cafes; à Amsterdam, à Utrecht, à La Haye, à Leeuwarden et, depuis peu, un dernier à Maastricht, à la frontière belge. Tous les réparateurs, bricoleurs et autres couturières qui prêtent la main aux repair-cafes sont des bénévoles qui veulent vraiment porter un regard différent sur la société. C'est une manière empirique de lutter contre la société de consommation en rendant service à la population. Le projet de Martine Postma a été remarqué par les autorités hollandaises qui ont trouvé l'idée aussi simple que généreuse et géniale. Dès lors, pour couvrir les frais de fonctionnement, les repair-cafes sont, depuis quelques temps, subsidiés par le Ministère de l'Environnment et par une fondation qui soutient des projets d'amélioration de vie dans les quartiers. Mais comme la solidarité n'est pas un vain mot chez nos voisins bataves, les particuliers peuvent aussi soutenir les repair-cafes par des dons. L'idée de donner une seconde vie aux objet s'inscrit parfaitement dans un  projet de développement durable. Moins de déchets, moins de consommation, moins d'emballage, moins d'argent dépensé... Avec l'arrivée du concept à Maastricht, l'idée se rapproche de chez nous; peut-être y aura-t-il prochainement un repair-café en Belgique ?

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(1) Les "cafés-réparation" : des indignés bricoleurs au grand coeur, par François Louis, on RTBF.be, 31 octobre 2011

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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commentaires

Plombier paris 29/01/2015 15:13

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.
Cordialement

microneedle derma roller 18/03/2014 12:05

Repair café is a new business trend happening in Netherlands now days. Many cafes are getting started every month there. Interesting is that most of them are getting highly successful in making good business. Thanks for sharing more details about them.