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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 08:30

A 40 jours du premier Caucus, en Iowa, ce sont désormais Mitt Romney et Newt Gingrich qui mènent le bal républicain...

gingrom.jpgDécidément, les tendances fluctuent presqu'aussi vite que sur les marchés économiques en ce qui concerne le leadership républicain pour la présidentielle américaine de 2012. Alors qu'en juin dernier Mitt Romney trônait largement en tête des sondages, à la rentrée c'était plutôt Rick Perry qui avait le vent en poupe mais, suite à un lynchage en bonne et due forme de la part des médias les plus conservateurs et une série de bourdes indignes d'un candidat à la présidence (ndlr rappelons-nous ce fabuleux trou de mémoire sur un point de son programme en plein débat télévisé), ce vent à tourné et Perry est rentré dans le rang laissant la place à Mitt Romney et à Newt Gingrich qui pointent depuis quelques jours allègrement en tête des sondages. Hier soir, lors d'un débat télévisé de haut vol sur les thèmes de la sécurité et de la politique étrangère, Gingrich s'est montré remarquable de maitrise et de certitude. Il a affiché une prétention de candidat à l'investiture républicaine que seul Mitt Romney a pu lui contester. Clairement, les deux hommes se sont placés au-dessus du lot des prétendants à l'investiture laissant les six autres loin derrière eux... Le choix se résumera à un duel Romney/Ginrich serait-on tenté de dire, mais les tendances ont tellement évolué depuis six mois et le dépôt des premières candidatures qu'un tantinet de précaution reste de mise.

La sécurité est un sujet capital de la campagne électorale, hier à Washington Newt Gingrich s'est positionné sans ambigüité à droite, très à droite, en affirmant qu'il renforcerait le Patriot Act instauré par George Bush au lendemain des attentats du 11-septembre. La sécurité est plus importante que la liberté a-t-il déclaré en substance en oubliant largement les principes des Pères-Fondateurs de l'Amérique qui avaient instauré la liberté en valeur majeure des Etats-Unis. Sur ce terrain, Romney s'est montré moins incisif tandis que le Libertarien Ron Paul s'est proprement éliminé de la course en taxant d'antipatriotique le fameux Patriot Act... Alors qu'il s'affichait nettement à droite sur la sécurité, Gingrich s'est montré beaucoup plus à gauche lorsqu'il s'est agi d'évoquer l'immigration, promettant une régularisation sous condition pour de nombreux immigrés illégaux. Romney s'est montré totalement intransigeant sur le sujet : les illégaux sont et resteront illégaux ! Ainsi donc Gingrich optait pour une stratégie louvoyante, tantôt très républicaine tantôt moins conservatrice. Une tactique qui a surpris plus d'un des intervenants et qui, au final, a permis de laisser en vedettes Romney et Gingrich. On était en droit de penser que Romney tirerait les marrons du feu, qu'il laissait Gingrich à la manoeuvre se contentant d'un minimum pour se maintenir dans le débat mais, à la grande surprise des animateurs du débat et des (télé)spectateurs, Gingrich a balancé un uppercut en pleine face de Romney. Alors que les échanges battaient leur plein sur le thème de l'Afghanistan et que Romney avait monopolisé la parole pour plaider le maintien de troupes US sur place, John Huntsman, ancien Ambassadeur en Chine, tenta de répliquer mais Romney le coupa. C'est alors que Newt Gingrich s'imposa pour faire taire Romney en lui assénant un très sec message lui enjoignant de laisser parler les autres, "Et les autres, ceux qui n'ont pas encore pu répondre ?"(1) brisa-t-il de façon laconique un Romney médusé par autant d'outrecuidance. Ce matin, dans les colonnes de plusieurs quotidiens américains, les éditorialistes pointent cette audace comme un rare acte de défiance à l'encontre du principal favori à l'investiture dans un débat en direct. USA Today insistait sur la performance de Newt Gingrich qui, par son assurance et son ton professoral, s'est repositionné au centre du jeu républicain. D'ailleurs, les traditionnels sondages quotidiens ont montré aujourd'hui que Gingrich a marqué les esprits puisqu'il est passé, pour la première fois, en tête devant Romney.

Quoi qu'il en soit, Mitt Romney n'a pas été balayé. Certes, il n'a guère apprécié d'être remis à sa place par Gingrich mais, dans l'ensemble, sa prestation au débat de Washington a été à la hauteur de ses habitudes; il a évité les pièges que tentaient de lui tendre ses adversaires. Beaucoup d'analystes politiques étasuniens attendaient avec impatience ce débat sur la sécurité et la politique étrangère, à l'autopsie la plupart d'entre-eux réduisent désormais la course à l'investiture à un sprint entre Mitt Romney et Newt Gingrich... On devrait déja y voir plus clair le 3 janvier prochain lors du premier caucus. Rendez-vous donc dans l'Iowa !

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(1) Republican foreign policy debate winners : Romney and Gingrich, par Stephen Stromberg, in The Washington Post, 23 novembre 2011

P2012

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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