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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 16:40

De plus en plus, des tags affreux et sans intérêts fleurissent dans nos villes... Ce doit être un vieux reste préhistorique dans le cerveau de certains !

tags.jpgJe rentre d'Italie où une chose m'a fortement marqué, l'ultraprésence de graffitis qui polluent des villes pourtant jolies comme Pescara, dans les Abruzzes, où Rome. Même la petite ville historique de Chieti, pourtant à flanc de montagne et un peu retirée de la trépidance des grandes cités italiennes, est touchée par ce fléau. Mais l'Italie n'a pas l'apanage des tags, non à Liège aussi et comme dans toutes les grandes villes finalement, cette maladie gangrène nos cités. Même les petits villages sont victimes, ainsi, par exemple, voici près de trois ans alors que j'habitais encore dans un petit village en périphérie de Liège, au fin fond d'une petite ruelle calme en cul-de-sac, j'ai eu la désagréable surprise de voir, un matin, mon mur déshonoré par un crétin sans talent qui y avait graphé une espèce de forme infâme que j'ai présumé devoir représenter un message coloré qu'il souhaitait diffuser à l'envi. Pas un once de créativité dans ce "dessin", pas même un intérêt réel puisque trois personnes au maximum passaient quotidiennement dans ma ruelle... Un peu restreint comme public pour diffuser un message ! Quelle ne fut pas ma déception en me baladant dans les rues italiennes baignées d'un agréable soleil de fin d'été de voir ça et là ces affreux tags revendicateurs emplir les murs de bâtiments historiques ou de maisons au charme dénaturée par ces hideuses traces humaines. Mot d'amour sans aucun raffinement, slogans anti-crise dans un pays qui est fortement touché économiquement, symboles d'appartenance de bandes de rues, dessins mal exécutés par de pseudo-artistes sans âme... j'ai tout vu sur les murs italiens, même un texte court qui précisait "bon anniversaire" écrit en grand sur un mur blanc. A l'heure actuelle, c'eut été plus intelligent d'envoyer un sms pour présenter ses voeux. Mais d'intelligence, il n'est pas souvent question chez les taggeurs ! La palme de l'imbécilité revenant sans conteste à un dénommé Sandro qui écrivit, un jour de l'été 2008 sur le mur d'un parc non loin de Pescara, qu'il était passé par là... Objectivement, on s'en fout qu'il fut là le 17 juillet 2008 !

Je ne veux même pas évoquer l'aspect incivique des choses, le civisme est une notion qui n'entre pas dans le champ de connaissances des pollueurs de murs urbains, mais je ne peux pas m'empêcher de concéder que je ne parviens pas à appréhender le besoin irrésistible que semblent éprouver certains d'étaler leurs états d'esprits - souvent vide d'ailleurs - sur les murs, sur les bancs, sur les wagons de train ou de métro voire sur des portes. Cela ne participe en aucune manière à un élan artistique ou créatif comme ce peut être le cas pour de vrais artistes du graff qui s'expriment dans un cadre précis avec un réel talent, non le tag urbain banal, celui que l'on croise à chaque détour de rue, n'a aucune raison d'exister si ce n'est celle de pourrir l'environnement des villes. Exprimer ses états d'âmes sur les murs cela relève d'une certaine forme de retard, une réminiscence de l'époque néandertalienne lorsque l'Homme n'avait guère d'autres moyens de s'exprimer. Mais à l'ère de la communication numérique, du net, des tablettes et des smartphones, celui qui s'exprime encore en graffant sur des murs est un néandertalien qui a oublié d'évoluer !

Le graffiti existe depuis la nuit des temps, sans remonter jusqu'à la préhistoire - après tout nous avons déja évoqué le néandertal - on se rappellera que les Romains et les Grecs antiques avaient recours aux graffitis pour leurs annonces électorales ou encore pour soutenir leurs athlètes dans les joutes sportives. Au fil du temps, le graffiti s'est développé dans les grandes villes avec des visées politiques dans des contextes plutôt tendus (WW2, Guerre d'Algérie, Mai 68, Mur de Berlin, Irlande du nord...)  puis il est devenu une forme de reconnaissance; mon nom est stylisé sur les murs donc j'existe ! Ca a été le début de la dérive qui amène désormais les taggeurs à exprimer n'importe quoi et son contraire sur le mobilier urbain... Alors oui, il existe un réel mouvement artistique autour du graffiti, l'art des rues qui se décline selon des techniques concrètes et artistique comme le wildstyle, le flop ou la fresque, un art avec ses codes et ses références (Ash, par exemple)  mais la majeure partie des horreurs qui recouvrent les murs, wagons et bancs publics sont l'oeuvre de néandertaliens sans talent qui pensent ainsi probablement exprimer une révolte, un malaise ou des sentiments qui s'étalent d'un faux-amour pour un partenaire qui aura changer la semaine suivante à la haine d'une bande de rues rivale. Un peu comme si pour ces bouchers de la bombe aérosole s'exprimer sur mur c'était comme faire pipi pour marquer son territoire... Notez qu'ils doivent le faire aussi !

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Published by Olivier Moch - dans Humeurs
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commentaires

Beck's 05/10/2011 12:10


Selon la ville de Liège (voir la DH de ce matin), il y a un nouveau tag toutes les 15 minutes sur les murs liégeois. Et cela coûte 750.000€ chaque année à la communauté pour nettoyer ces dessins
horribles.