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14 août 2010 6 14 /08 /août /2010 13:44

Où la version électronique de la Madeleine de Proust...

 

calafat.jpgD’aussi loin que je puisse me souvenir, j’ai toujours un faible pour l’Espagne, pour la Catalogne plus particulièrement... Loin de moi l’idée d’encenser certaines rôtissoires à touristes comme Benidorm(1), Lloret de Mar ou Salou, encore que ces stations qui sentent l’huile solaire à bon marché, regorgent aussi de quelques trésors comme le Casco Antiguo ou l’église San Jaime (Benidorm), l’Ermitage Nostra Senorita ou le château San Joan (Lloret), la Torre Vella (Salou)... Non, la Catalogne qui me séduit aujourd’hui est celle de Barcelone, ville sublime où l’architecture le dispute à la culture et à l’art du bien vivre, celle des bars à tapas écartés des voies touristiques traditionnelles, celle des ruelles fraîches où il fait bon s’abriter dans quelque estaminet pour se protéger du soleil, celle de Dali, de Miro, de Picasso et de Gaudi, celle de la gentillesse spontanée des autochtones... Toutes ces choses, parfois insignifiantes et dont, souvent, le commun des mortels n’a cure, mais qui font que je me sens chez moi à Barcelone. Une anecdote me revient, à ce propos, en mémoire. Elle date de quelques années déja mais reste fraîche à mon esprit. Nous évoquions, ma compagne et moi, confortablement installés dans les fauteuils de notre salle à manger cherattoise, le chemin à prendre pour aller admirer, lors d’un prochain séjour à Barcelone, l’Hôpital de la Santa Creu, superbe édifice moderniste façonné, au début du 20è siècle, par l’architecte Luis Domenech I Montaner. Spontanément, naturellement, l’itinéraire se dessinait dans nos esprits lorsqu’à la télévision, un journaliste informa qu’un hold-up avait eu lieu dans une bijouterie de la rue de la Casquette, à Liège, notre ville... Impossible de se rappeler où est située cette rue à Liège ! Voilà donc que nous étions incapable de cerner un endroit de la grande ville la plus proche de notre domicile(2) alors que nous connaissons Barcelone quasiment sur le bout de doigts. Voici quelques années, nous avons même aider un couple de Français égarés à retrouvé son véhicule sur la base d’une ou deux indications vagues...

Mais je m’égare - moi aussi - du thème qui inspira cette chronique ! Hier, j’ai reçu un courrier électronique d’une connaissance que je fréquentais, adolescent et jeune adulte, lors de mes annuelles vacances en Catalogne. Dans la liste des destinataires, il y avait aussi l’adresse électronique d’un Toulousain, lui aussi prénommé Olivier, qui faisait partie d’une bande que nous avions formée lors de ces séjours estivaux... Et ma mémoire s’est mise à fonctionner, à faire appel à ces souvenirs enfouis finalement pas si profondément car ils remontèrent à la surface sans encombre. Chaque année, nous nous rendions, durant les vacances d’été, dans un petit village nommé Calafat, perdu entre Méditerranée et montagne, quelques dizaines de kilomètres plus bas que Barcelone. Là-bas, nous retrouvions, chaque été, la même bande de jeunes ; Cram le Montois, Hein le Batave, Ségolène la Parigote, Mark et Oliver de Francfort, les jumelles elles aussi d’Allemagne, la jolie Silvia, Mike le plus Belge de tous les Américains, Wendy, Sandra et Steven les cousins anversois, Violène la petite frimousse adorable de Mont de Marsan, Manu la pitchoune d’Hagetmau dans les Landes, Véro la sœur de Cram, Muriel l’hispano-belge, plus quelques autres qui ne firent que des passages épisodiques dans la bande.

De parties de volley-ball sur la plage en sorties nocturnes, de baignades dans les eaux chaudes d’une crique déserte de ce qui était plus que tout Mare Nostrum en beach parties autour d’un feu de bois, de barbecues en amourettes adolescentes et éphémères... que de souvenirs liés à cette période d’insouciance ou le plus périlleux de nos soucis était de savoir si l’on opterait, le soir, pour le t-shirt blanc ou le noir... Il est loin, déjà, ce temps béni où nous ne vivions tous que pour ces quelques semaines catalanes, se réjouissant de revoir toute la bande autour d’une table de l’Informacion, l’endroit qui nous servait de troquet, ou du filet de volley sur la plage. Pour être sûr de ne pas gâcher notre plaisir, nous mettions un point d’orgue à réussir notre année scolaire en juin afin de ne pas polluer nos vacances avec des examens à représenter. Et comme l’anglais avait été promulgué langue officielle afin de pouvoir nous comprendre tous, nous avons fait des progrès non négligeables dans la langue de Conan-Doyle, Kipling et Wilde !

Pendant près 20 ans, chaque été je retournais avec un plaisir non feint à Calafat, mon petit paradis entre terre et mer. Aujourd’hui, il ne m’en reste que des souvenirs car, forcément, nos routes se sont séparées au fil des années. La dictature des horaires a pris la place de la liberté, les tracas ont remplacé l’insouciance et la réalité est probablement moins rose que ne l’étaient nos rêves d’adolescents. Mais cette part d’illusion restera à jamais gravée au plus profond de nous.

Ce mail, version modernisée de la madeleine de Proust, a réveillé en moi de nostalgiques réminiscences, du genre qui font du bien quand on y pense, qui réchauffe l’âme et entretiennent l’esprit. En fin de compte, si l’on change avec le temps, je m’aperçois avec délectation qu’il reste un point commun énorme entre mes joies de jouvenceau et mes bonheurs actuels : la Catalogne !


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(1) qui n’est évidemment pas en Catalogne mais bien dans la région plus au sud d’Alicante...
(2) aujourd'hui, quelques années après cet épisode, nous habitons Liège et situons nettement mieux la rue de la Casquette


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Published by Olivier Moch - dans Humeurs
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commentaires

papapatate 14/08/2010 14:03


je ne sais pas ou tu classe tossa mais ns y sommes partis en automne dernier c t splendide tant pour le vieux tossa que pour la couleur de leau et les bar a tapas! belle jnee


Olivier Moch 17/08/2010 11:16



La Vieille ville de Tossa de Mar est très jolie et son musée municipal est réellement à voir, il y a notamment quelques Chagall et une collection de mosaIques romaines de toute beauté. L'automne
est, me semble-t-il, une belle période pour visiter Tossa car il y a beaucoup moins de touristes.