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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 09:32

Madiba est encore hospitalisé... Portrait d'une Homme au courage exceptionnel qui marqua le 20è siècle.

mandela.jpgLe symbole de la lutte contre l'Apartheid et ex-Président de l'Afrique du Sud est, à nouveau hospitalisé, c'est la troisième fois en quelques mois. Celui qui fut le prisonnier 46664 de l'île de Robben est de moins en moins vaillant mais il reste un des personnages les plus marquant du 20è siècle. S'il ne fait plus l'actualité pour son engagement politique courageux, il convient de ne pas oublier celui qui fut à l'origine de la chute du pire régime ségrégationniste du siècle passé ! Tous ceux qui se sont intéressé à l’Apartheid ou qui ont milité, avec leurs moyens, en faveur de l’abolition de ce régime ségrégationniste, la date du 11 février 1990 est gravée à l’esprit. C’est en effet ce jour là que Nelson Mandela fut libéré après 27 années de captivité politique inique. C’est le 12 juin 1964 que Nelson Mandela, leader du principal parti d’opposition au gouvernement afrikaners, est condamné à la prison à vie pour son activisme politique. Il était déjà, cependant, emprisonné depuis août 1962, date de son arrestation par la police sud-africaine bien aidée, il faut le souligner et/ou le rappeler, par la CIA. Au terme d’un procès qui dura huit mois, Mandela et d’autres militants de l’African National Congress (ANC) sont condamnés à la prison à vie aux motifs de sabotages, trahison et complots. Il rejoint la prison de Robben Island, au large du Cap où étaient entassés les opposants au régime d’Apartheid. A Robben Island, comme les autres prisonniers, Mandela est contraint aux travaux forcés, il travaille à l’extraction de la chaux dans la carrière de l’île. Là-bas, les conditions de vie sont des plus ardues. L’île ne compte aucun habitant, seul les prisonniers et leurs geôliers y vivent ce qui ouvre la porte à toutes les dérives autoritaires. Les prisonniers sont séparés par couleur de peau ; l’Apartheid sévit même jusqu’en prison ! Les Noirs recevant les plus petites rations de nourriture et d’eau… Nelson Mandela émarge à la catégorie dite D, c'est-à-dire la plus basses classe. Il n’a droit qu’à une visite et un courrier tous les six mois. Et encore, la visite se fait sous très haute surveillance et la lettre est soumise à la censure… Après sept années de travaux forcés dans la carrière de chaux, Mandela est transféré vers une autre activité forcée, le ramassage du guano, destiné aux engrais, sur les plages de Robben Island. Cela lui permet de voir ainsi la mer et Le Cap et l’aide, dira-t-il, à tenir le coup.

L’emprisonnement de Nelson Mandela renforce cependant sa notoriété auprès de la population noire d’Afrique du Sud qui l’entrevoit, à l’aube des années ’70, comme une véritable icône de la lutte contre l’Apartheid. Progressivement, cette notoriété gagne du champ. Les conditions de détention du leader de l’ANC (ndlr déclaré hors la loi depuis 1960) sont connues dans toute l’Afrique avant de gagner l’Europe et même les Etats-Unis. Mais ces années ’70 sont aussi celles du durcissement de l’Apartheid. Les lois sont de plus en plus dures et la répression de plus en plus violente avec, en points d’orgue, le massacre de Soweto (16 juin 1976) et l’assassinat, en prison, de l’autre grand nom de l’ANC, Steve Biko (12 septembre 1977). Depuis sa geôle, Mandela conserve une énorme influence sur les actions de l’ANC aussi est-il placé en isolement complet. En 1979, le Président sud-africain, Pieter Botha, un nationaliste afrikaner convaincu, autorise Mandela à voir son épouse Winnie qu’il n’a pas pu voir depuis son incarcération quinze années plus tôt. Pour meubler le temps, Mandela suit, par correspondance et sous haute surveillance, des cours de l’Université de Londres. Il en sera d’ailleurs Bachelor of Laws (diplômé en droit).

Mars 1982, Mandela quitte Robben Island pour la prison de Pollsmoor, à l’intérieur des terres du Cap. Il semble que ce transfert ait été programmé par le Ministère de la Justice afin d’établir un contact plus facile avec Mandela et d’autres dirigeants de l’ANC emprisonnés. Botha entame un processus d’assouplissement de l’Apartheid ; il faut dire que la pression internationale devient de plus en plus forte et des embargos économiques se mettent en place. Progressivement, Pieter Botha prend des mesures qui adoucissent l’Apartheid : autorisation des syndicats noirs, réduction graduelle des inégalités salariales entre blancs, métis et noirs, abrogation de la loi interdisant les mariages mixtes et, surtout, suppression du fameux Pass Law Act qui date de 1952… En février 1985, alors que Mandela est emprisonné depuis 23 ans, Pieter Botha lui propose une libération conditionnelle. Les conditions : qu’il renonce à ses activités politiques et à toute forme de lutte armée. Mandela refuse car l’ANC est toujours prohibé et le principe du One man, one vote ! est loin d’être admis.

Le glas de l’Apartheid

La pression internationale s’intensifie avec le monde culturel qui entre en jeu. En 1985, Mandela est le premier lauréat du prix Ludovic-Trarieux pour son engagement en faveur des droits de l'homme ; en juin 1988 un concert exceptionnel est organisé à Wembley (Londres) pour fêter le 70è anniversaire du leader historique de l’ANC… Et il faut croire que la pression internationale, quelle soit politique, économique ou culturelle, a eu raison des dernières résistances de Botha. Le 7 décembre 1988, Nelson Mandela quitte Pollsmoor pour regagner, après 26 ans de prison, son domicile où il est assigné à résidence. Les conditions de détentions sont allégées mais il reste quand même privé de liberté.

L’arrivée au pouvoir de Frederik De Klerk, en 1989, sonne le glas de l’Apartheid. Mandela et De Klerk s’entendent pour négocier la fin réelle de l’Apartheid. En octobre de cette même année, Walter Sisulu, ami de Mandela qui avait été enfermé en même temps que lui est libéré. On devine la libération de Mandela Proche… Frederik De Klerk l’annonce lors d’un discours au Parlement en novembre 1989. Elle est effective le 11 février 1990 ! Cet événement majeur de l’histoire du 20è siècle est retransmis en direct dans le monde entier… L’ANC est, à nouveau, légalisé et le suffrage universel est instauré, chaque Sud-africain qu’il soit noir, blanc, métis ou asiate aura droit à un vote. Main dans la Main, Mandela et De Klerk vont travailler à la suppression de l’Apartheid. Ils parviendront à l’abolition totale de ce régime politique raciste le 30 juin 1991. Frederik de Klerk et Nelson Mandela recevront, conjointement à ce titre, le Prix Nobel de la Paix en 1993… L’année suivante, les premières élections ouvertes à tous voient la victoire de Nelson Mandela qui devient le premier Président noir de l’Afrique du Sud. L’hymne national est recomposé en fonction de la disparition de l’Apartheid et une nouvelle découpe des provinces est effectuée… Après 43 années d’existence officielle, l’Apartheid disparaissait mais c’est surtout plusieurs siècles de colonisation et d’exploitation qui disparaissait avec le système officiel

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