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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 11:00

Les séries médicales sont-elles crédibles ? Avis d'une étudiante en deuxième cycle de médecine.

house.jpgLes séries médicales fleurissent sur le petit écran et elles ont le vent en poupe. De House à Grey’s Anatomy en passant par Private Practice ou Urgences, elles squattent nos salons depuis plusieurs années. Ce n’est pas un phénomène nouveau, comme certains le pensent, non les séries médicales cartonnent depuis cinq décennies. Ainsi, les années ’60 ont vu naître : Marcus Welby, M.D., Days of our lives, DR Kildare ou encore Hôpital Central. Les années ’70 nous offrent l’excellent M.A.S.H. tiré du film éponyme d’Altman. Dans les années ’80 on a eu droit à la série australienne A cœur ouvert mais aussi les américaines Hôpital Saint-Elsewhere, Docteur Doogie ou à l’allemande Clinique de la Forêt Noire. Urgences, La vie à tout prix – Chicago Hope, Docteur Quinn, femme-médecin ont vu le jour dans les années ’90, aux Etats-Unis, tandis que Docteur Sylvestre et La Kiné apparaissaient en France. La décennie en cours surfe sur une vague qui roule depuis plus de 40 ans avec House, Grey’s Anatomy, La vie avant tout, NIP/Tuck ou Private Practice pour ne citer que celles-là. Ce ne sont là que quelques exemples d’une liste non-exhaustive de feuilletons médicaux diffusés chez nous depuis 40 ans.

Mais aujourd’hui, l’Association Américaine de Neurologie déplore la qualité de ces séries. Elle regrette qu’elles n’aient pour seule vocation que d’être divertissantes sans être pédagogique. Il semble, selon plusieurs articles qui sont parus sur le sujet, que ce soit la série Urgences qui soit la plus crédible de toutes. Mais, finalement, une série télé doit-elle être pédagogique ? La question a été posée à Valérie, étudiante en deuxième cycle de médecine à l’ULg qui a déjà fait ses stages en chirurgie et en médecine interne et qui est amatrice de séries médicales.

Acta Diurna : Valérie, allons droit au but, une série médicale doit-elle être pédagogique ?
Valérie : Je vous réponds tout aussi directement : non ! Personne n’apprendra la médecine à travers Urgences ou La vie à tout prix. Par contre, cela peut, je crois, déclencher des vocations, amener des jeunes vers les études de médecins. Mais avant tout, une série ou un film doit faire rêver.

Acta Diurna : On peut rêver grâce la médecine ?
Valérie : Bien sûr, le médecin, et surtout le chirurgien, fait rêver. Il a une sorte de pouvoir sur la vie et la mort et cela fait rêver certaines personnes. L’univers médical n’est pas, sur base de ce que j’en vois, aussi clean et aussi romancé que ne le montre les séries. Et les médecins pas aussi sexys que le Dr Mamour ou le Dr House… Pourtant, on en rêve toutes d’un médecin sexy !

Acta Diurna : Les cas présentés dans les séries sont-ils réalistes ?
Valérie : Ce qui n’est pas réaliste c’est le laps de temps dans lequel les cas sont traités. Je sais qu’il faut condenser pour entrer dans le format de 50 minutes mais, par exemple, dans la série House on tombe sur des cas toujours rares qui sont toujours résolus dans un espace de quelques jours au maximum. On peut aussi dire que les gestes posés ne sont pas toujours crédibles quant aux cas, à proprement parlé, cela dépend des séries. Certaines tablent plus sur la romance que sur le réalisme, d’autres allient les deux. De plus en plus de séries s’entourent de conseillers médicaux pour être crédibles justement. C’est Urgences qui a commencé par avoir recours à cette forme de supervision par des professionnels. Les cas rencontrés aux urgences dans cette série s’apparentent à la réalité de ce que l’on peut croiser aux vraies urgences mais on y voit rarement des cas bénins… Il faut se rendre compte que beaucoup de cas que l’on rencontre aux vraies urgences ne relèvent pas vraiment des urgences. Evidemment, pour romancer une série et la rendre attrayante, les scénaristes ne vont pas forcément évoquer un patient qui vient aux urgences pour un rhume… C’est pourtant parfois le cas ! Non, en fait, pour résumer la situation, je dirais que ces séries montrent des cas réalistes mais rares, c’est plus des cas inhérents à une médecine d’exception qu’à la pratique quotidienne.

Acta Diurna : Les séries médicales ont-elles changé le rapport médecin/patient ?
Valérie : Les patients savent maintenant de quoi on parle lorsqu’on leur dit qu’ils doivent subir une IRM… Mais globalement, je n’ai pas l’impression que les patients se prennent plus pour des médecins parce qu’ils regardent des séries médicales. Le jargon médical continue de les déstabiliser et il reste cette «peur de la blouse blanche», celle qui fait qu’on n’est jamais vraiment tout à fait à l’aise chez le médecin ou à l’hôpital. Par contre, je crois que les séries contribuent à rendre le médecin un peu plus humain pour les patients qui voient, à travers l’écran, des personnes avec une vie derrière leur job.

Acta Diurna : Ces séries ne révèlent-elles pas davantage d’hypocondriaques ?
Valérie : Non, je ne crois pas ! Les hypocondriaques ont toujours existés depuis que la médecine est reconnue.

Acta Diurna : Quel est votre sérié médicale préférée ?
Valérie : House, sans hésiter ! J’aime l’ambiance de la série et l’humour qui s’en dégage. Et puis, House est le médecin que tous les médecins rêvent d’être ! Cynique, envoyant paître certains patients mais tellement incontournable qu’il peut se le permettre…

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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