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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 12:56

Une kyrielle d'étudiants de l'ULg semble lacunaire en français...

univ.jpgA la rentrée académique, l'Université de Liège (ULg) va proposer un test de français à ses nouveaux étudiants. Un constat sévère doit être posé : les jeunes ne maîtrisent plus la langue française ! Or, l'ULg dispense ses cours en français et la moindre des choses pour réussir à mener des études supérieures est d'appréhender la langue qui sert de support aux cours. Lors de la rentrée 2009/2010, ce test de français avait été proposé et il en ressort que la moyenne obtenue fut alors de 9/20 ! Neuf sur vingt, pas même la moitié des points !!! Tiens me suis-je dit, peut-être y-a-t'il eu recrudescence d'étudiants en provenance de l'étranger, des échanges Erasmus ou autres bourses d'études accordées pour mener des études universitaire en Belgique. Même pas, ce test a été proposé à tous les étudiants, qu'ils soient Belges, habitant depuis plusieurs années en Belgique ou étrangers. C'est tout simplement inconcevable. Je ne veux pas m'attarder sur le cas des étudiants qui viennent de l'étranger pour suivre leurs études à l'ULg et dont le français n'est pas la langue mais je ne peux pas comprendre que l'ULg ait laissé entrer des étudiants belges ou assimilés qui ne possèdent pas la compréhension de leur langue maternelle. A la rentrée 2010, l'ULg rendra donc ce test obligatoire à tous les entrants.

 

Nous avions déjà évoqué sur Acta Diurna la profonde méconnaissance du français des adolescents belges, cette méconnaissance se reporte évidement sur ces jeunes adultes qui frappent à la porte de l'université. Comment ont-ils pu arriver au seuil de l'ULg sans maîtriser leur langue de base ? Comment les enseignants de secondaire ont-ils pu laisser passer ces jeunes qui témoignent d'une telle lacune dans leur apprentissage basique ? En fait, c'est la compréhension de la langue écrite qui fait cruellement défaut, "Il y a un gros décalage entre le langage parlé et le langage utilisé dans les livres et les syllabus universitaires" explique le Recteur de l'Université de Liège au quotidien liégeois La Meuse(1). En cause, le manque de lecture, la facilité de la télévision qui fait la part belle à la compréhension orale et non pas écrite et, bien entendu, les langages barbares utilisés par sms ou sur le net.

 

Les étudiants qui entrent à l'ULg (et probablement dans les autres universités belges) ne comprennent plus leur langue maternelle, le constat est posé et acquis. Mais où la situation devient délirante c'est dans la réaction proposée par le recteur de l'Université qui décide donc d'imposer un test de français aux 3000 étudiants qui devraient faire leur entrée en septembre prochain. Le test sera envoyé par mail à chaque étudiant et celui-ci devra y répondre avant la fin du premier trimestre. Mais, ce test ne comptera pas ! L'étudiant sera même libre de refuser de le faire en cliquant sur une case "refus de répondre" prévue à cet effet... Obligatoire nous dit-on mais les étudiants pourront refuser de le faire, il y a comme un paradoxe là, non ??? Toujours selon le Recteur de l'ULg, le test sera en fait une évaluation et l'étudiant pourra alors faire un choix "soit ne pas en tenir compte [...] soit de suivre une remédiation adaptée à ses faiblesse"(1) dixit le Recteur !

 

C'est une réaction typiquement universitaire... et imbécile ! On détecte un réel problème, on pose une solution mais cette solution ménage le problème et permet même de ne pas résoudre le problème. Oui typiquement universitaire, on met en évidence une théorie qui ne trouve pas d'application concrète dans la pratique. Il est des moments où il ne faut pas laisser de choix; il y a un problème en français, les étudiants passent le test et ceux qui n'ont pas la moyenne (et j'irais même jusqu'à dire 14/20 c'est un minimum pour la langue maternelle) sont contraints de suivre une remédiation ou n'entrent pas à l'université ! Oui, c'est draconien mais il ne faut pas oublier que dans quatre, six ou huit ans, selon le cursus qu'ils auront choisi, ces abrutis qui sont incapables d'appréhender une partie importante de leur langue maternelle seront sur le marché du travail et postuleront à des postes à responsabilités... On les retrouvera cadres d'entreprises ou du service publics, médecins, managers ou économistes tout ça avec une lacune énorme en français ! De nos jours, avec la dévaluation des diplômes non-universitaires, un étudiant ne peut plus rêver d'une place à responsabilité s'il n'est pas universitaire; impossible pour une entreprise abreuvée des théories imbéciles du management moderne de confier un rôle de chef de service, de conseiller ou d'expert à un non-universitaire. Et bien ce sera, dans un lustre à peine, à ces handicapés de la langue française que l'on confiera donc ces postes importants ! Plus que jamais, ce 21è siècle est celui du nivellement par le bas, de l'avènement de la médiocrité !

 

Je n'ai jamais été partisan de l'université parce qu'elle représente, à mes yeux, l'avènement de la théorie sur la pratique. Du haut de mon simple graduat, mon expérience de terrain qui est forte de 17 années m'a appris et continue de m'apprendre tous les jours qu'il y a très souvent bien loin des théories à la pratique et que pour aboutir, il faut souvent faire fi de la théorie pour s'adapter aux réalités du terrain. La théorie ne sera jamais un gage de réussite et de qualité dans le travail, elle doit être au service de la pratique mais doit pouvoir s'effacer quand la réalité l'exige. L'université forme des théoriciens et si maintenant elle les forme avec des lacunes dans la compréhension de leur langue maternelle, un nouveau pas vers la médiocrité est franchi !

 

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(1) Un test de français obligatoire à l'Université de Liège, on lameuse.be, 22 juin 2010

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Published by Olivier Moch - dans Le monde est fou !
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commentaires

Pr S. Feye 23/10/2013 00:15

Et dire que jadis on offrait à tous des humanités gréco-latines à tous de manière moins coûteuse!
Actuellement, quelle égalité de la malchance!

SCHOLA NOVA