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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 13:14

Comment les Républicains vont-ils tenter de contrer l'effet Ben Laden favorable à Obama ?

obama.jpgL'annonce, par le Président Américain, de l'élimination d'Oussama Ben Laden - l'homme le plus détesté aux Etats-Unis - est évidemment une victoire politique capitale pour Barack Obama. Alors qu'il a confirmé officiellement sa candidature voici un mois, la fin de la cavale du leader d'Al Qaida a permis à la popularité d'Obama de faire un bond important de 46% à 57%. Clairement, les Républicains doivent laisser le Président savourer son succès politique et en profiter. Mais, à l'heure où le Great Old Party entame aujourd'hui sa course à l'investiture avec un premier débat télévisé entre les challengers possibles d'Obama, il s'agit de reprendre la main au plus vite car la mort de Ben Laden donne un coup de fouet non seulement à la popularité d'Obama mais aussi à sa collecte de fonds pour la campagne électorale. Le camp Obama espère atteindre le milliard de dollars pour financer sa campagne et clairement l'effet Ben Laden ne peut que jouer en sa faveur. Au niveau de la popularité de leur rival, on ne s'inquiète pas trop du côté républicain. Les stratèges du GOP rappellent à juste titre qu'après l'arrestation de Saddam Hussein, en 2003, George Bush avait vu sa popularité grimpé à 60% avant de redescendre au fil du temps. Et puis, les enjeux majeurs de l'élection du 6 novembre 2012 seront davantage intérieurs qu'extérieurs, à commencer par l'économie...

L'économie ! C'est bien sur ce clou que les Républicains entendent taper pour ramener Obama sur terre. En effet, si sa cote de popularité a explosé avec la mort de Ben Laden, on constate aussi qu'en matière d'économie, la politique d'Obama est loin de séduire; seuls 34% de la population sont satisfaits, cela fait quatre pourcents de moins qu'en mars 2011... Si au mois de mars la conjoncture montrait clairement des signes de reprises (balance de l'emploi positive en février et mars, chômage au plus bas depuis avril 2009 et signes visibles de relance économique), elle affiche à nouveau une sérieuse baisse de régime liée, notamment, à la flambée des prix de l'essence. L'évolution du PIB est en baisse, alors qu'il était de 3,1% pour le dernier trimestre de 2010, il n'est que de 1,8% pour les trois premiers mois de 2011. Quant à la consommation, sa hausse est également freinée par l'augmentation des denrées alimentaires; l'indice des prix à la consommation pointe un inflation de 3,8% sur le premier trimestre... Pas facile pour les ménages les plus fragiles socialement et financièrement. Quant au chomage, il tend à repartir à la hausse au delà des neuf pourcents. De façon générale, la Banque Centrale Américaine a annoncé, à l'avant-veille de la mort de Ben Laden, que les prévisions de croissance devaient être revues à la baisse; la fourchette de 3,4 à 3,9% d'abord annoncée est passée à une prévision variant de 3,1 à 3,3%. Reste le fameux problème de la dette publique du pays qui atteindra, selon le Trésor, son plafond légal (ndlr 14.294 milliards de dollars !!!) le 16 mai prochain. Chaque jour, la dette publique américaine augmente de 1,4 milliards de dollars; le Trésor affirme qu'il peut retarder jusqu'au 2 août 2011 le moment où la dette deviendra un réel problème... mais pas plus tard ! Que se passera-t-il alors ? Et bien le Gouvernement américain pourrait être amené à faire défaut sur certaines obligations... au grand dam des investisseurs. Le spectre d'une nouvelle crise financière pointe à l'horizon. Il reste la possibilité de relever le plafond de la dette publique en empruntant davantage mais cela doit se faire avec l'aval du Congrès qui, depuis les élections de Mi-Mandat en novembre dernier, est aux mains des Républicains... Si la politique étrangère est nettement favorable à Barack Obama, les affaires internes, et l'économie en premier lieu, sont plutôt des cailloux pointus dans sa godasse.

C'est donc sur l'économie que les Républicains doivent tabler pour se positionner de façon optimale dans la course à la présidentielle. Il reste, cependant, assez de temps à Obama pour tenter de relancer économiquement son pays mais l'entreprise est, si pas impossible, à tout le moin ardue. Finalement, Barack Obama se retrouve dans la position inverse de celle qui lui a permis de conquérir la Maison-Blanche en 2008. A l'époque, c'est lui qui pouvait fustiger la politique intérieure de George Bush Jr et des Républicains... Notez que même sur la politique extérieure et sur l'effet Ben Laden, les stratèges républicains vont trouver des angles d'attaques. Ainsi, l'ancien journaliste Michael Goldfarb qui avait rejoint le staff de communication des Républicains lors de la campagne de 2008, estime qu'Obama est attaquable sur les restrictions de budgets militaires. "Le peuple américain vient d'assister à une opération militaire parfaitement réussie et il a constaté que l'armée est une institution qui fonctionne parfaitement bien. Ne  faut-il pas mettre en évidence que le Président veut faire une coupe de 400 milliards de dollars dans ce budget mais qu'il semble incapable de réduire d'autres dépenses ?"(1) s'interroge-t-il... Toute médaille à son revers !

Il serait présomptueux pour le clan Obama d'imaginer avoir fait le plus dur dans la reconduction du mandat présidentiel avec la fin de la traque de Ben Laden. Le plus dur est à venir et c'est sur la politique intérieure qu'Obama devra gagner sa reconduction...

P2012


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(1) 2012 Republicans to highlight economy after Bin Laden, on theusdaily.com, 4 mai 2011

Pour retrouver tous les articles liés à l'élections présidentielle américaine de 2012, vous pouvez saisir le mot-clé P2012 dans l'espace Recherche d'Acta Diurna

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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