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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 13:09

Coup de projecteur sur une famille d’acteurs à l’humour déjanté : les Marx Brothers !


marxbrothers.jpgDès son origine, le cinéma a été un support formidable pour le «comique» ; ainsi dès la fin de l’année 1895, alors que le cinéma n’est vieux que de quelques semaines, les frère Lumière proposent un court métrage de 49 secondes intitulé «L’Arroseur arrosé» qui est considéré comme le premier film comique de tous les temps. L’aube du 20è siècle est synonyme d’éclosion du burlesque. La magie de l’écran reste muette et l’humour tarte à la crème est idéal car il n’a nul besoin de dialogue pour attirer le public. Quelques panneaux de textes insérés entre les images font l’affaire… Le Burlesque se divise en deux écoles, celle du King of Comedy Mack Sennett, qui abrita notamment Charlie Chaplin, Buster Keaton, Harry Langdon ou Mabel Normand, et celle de Hal Roach, qui lança notamment Harold Lloyd ainsi que l’exceptionnel duo Laurel & Hardy… En France, le comique de cinéma repose quasi uniquement sur les épaules de Max Linder ! Héritiers de ses pionniers de l’humour sur grand écran, les Marx Brothers ont su capitaliser un événement important du cinéma : le passage au parlant. Beaucoup étaient d’avis que cette innovation technique, née en 1927 avec la projection du premier film avec bande sonore – «Le Chanteur de Jazz» -, allait ruiner l’avenir du comique. A l’affiche dans un cabaret de Broadway, depuis 1926, avec leur spectacle musical «Coconuts» les frères Marx, forts de leur renommé dans le milieu du music hall, transposent ce succès au cinéma en 1929. La réussite est totale et Harpo, Chico, Zeppo et Groucho entrent de plain-pied dans la légende du comique…

Peu le savent, mais c’est en France, dans le quartier juif de Strasbourg, que naît en 1861 Simon Marrix, le père des futurs Marx Brothers. Mais la guerre franco-allemande éclate neuf ans plus tard et l’occupation de l’Alsace-Lorraine, devenue Reichsland de l’Empire prussien, pousse beaucoup d’autochtones à s’exiler vers la France et l’Afrique du Nord. Simon Marrix patiente jusqu’à ses 17 ans pour, à son tour, choisir de quitter sa terre natale. Les Etats-Unis seront sa destination ! Après avoir américanisé son nom en Marx, il entre chez un tailleur pour apprendre le métier. Il donne parallèlement quelques cours de danse aussi… En 1884, il épouse Minnie Schoenberg, une immigrée juive allemande. De cette union naîtront cinq garçons : Léonardo (1887), Adolph (1888), Julius (1890), Milton (1893) et Herbert (1901) qui, dès leur plus jeune âge, seront incité par les parents Marx à s’engager dans la voix musicale.

Dès 1909, les cinq frangins accompagnés de leur mère et de leur tante se produisent dans les cabarets de Manhattan, qui n’est pas encore le haut-lieu de la finance et des affaires que l’on connait aujourd’hui. Associant comédie et musique, la petite troupe familiale se lance dans des spectacles plus complets et rapidement acquiert une petite reconnaissance. Repérés par un producteur, les Marx tournent à travers les Etats-Unis… Absorbées par d’autres occupations, Minnie Marx et sa sœur ne peuvent pas suivre la tournée, Herbert n’a pas vraiment la vocation. Les frères restent donc à quatre et prennent pour nom The Four Nightingales. Au début des années ’20, ils sont déjà routiniers du music hall, ils se sont produits dans toutes les grandes villes américaines avec plus ou moins de succès. Ils montent la comédie musicale «Coconuts» qui rencontre un immense succès partout à travers le pays. Elle restera trois ans à l’affiche à Broadway. Dans ce spectacle, nos quatre lurons définissent des traits de caractères qui ne les quitteront plus. Ainsi, Chico adopte le costume de velours et le chapeau feutre en s’exprimant avec un accent italien à couper au couteau ; Harpo revêt le long imperméable toujours bourrés de gadgets divers, prend un air un peu benêt et ne s’exprime plus que par pantomime (ndlr peut-être la nostalgie du cinéma muet ?) ; Zeppo est plutôt élégant et distingué ; Groucho enfin, leader de la troupe, accumule les jeux de mots caustiques s’abritant derrière une moustache énorme, des lunettes d’acier et une redingote à queue de pie… Ils optent pour le nom des Marx Brothers afin de mieux mettre en évidence le lien familial qui les unit. Le cinéma les appelle ! La transposition de «Coconuts» (1929) achève d’asseoir leur renommée. Les films à succès s’enchaînent : «L’explorateur en folie» (1930), «Monnaie de singe» (1931), «Plume de cheval» (1932) et l’extraordinaire «Soupe au canard» (1933) font partie de la légende d’Hollywood. Mais ce fameux «Chicken Soup» marque aussi un tournant ; Zeppo n’a pas le feu sacré comme ses frères et décide de se retirer du quatuor.

Qu’à cela ne tienne, Chico, Harpo et Groucho poursuive dans la veine qu’ils ont ouverte. Ils signent trois nouveaux Opus qui prennent place dans l’histoire du cinéma américain ; «Une nuit à l’Opéra» (1935), «Un jour aux courses» (1937) et «Panique à l’hôtel» (1938). Mais la concurrence est rude car si Buster Keaton, surtout, et Harold Lloyd n’ont pas bien négocié le passage au parlant, Charlie Chaplin et Laurel & Hardy se sont rués avec beaucoup de bonheur et de talent dedans… Chaplin réalisera même quelques-uns des ces chefs d’œuvres à cette période comme «Les temps modernes» (1936) ou «Le Dictateur» (1940). La fin des années ’40 marquera aussi le terme de la collaboration des frères Marx. Les films qu’ils tournent ensemble se font plus rares, chacun tentant un peu sa chance de son côté. Ils se réuniront pour l’ultime épisode des aventures des Marx Brothers ; «La pèche au trésor» qui offre un rôle à une actrice débutante, Marilyn Monroe… Après ce dernier succès, les trois frères se retirent du cinéma. Groucho se laisse séduire par un média qui entre dans les foyers américains ; la télévision. Il présente pendant quelques années l’émission «You bet your life» avant d’écrire quelques livres et de publier ses mémoires. En 1974, les Marx Brothers reçoivent un Oscar pour l’ensemble de leur œuvre ! Groucho va réceptionner le prix car pour Chico et Harpo, cet hommage est à titre posthume…

 

Quelques répliques ou pensées célèbres de Groucho Marx

 

groucho.jpgCôté humour, je me revendique, sans hésiter, Marxiste… tendance Groucho évidemment ! En effet, Groucho Marx avait un humour aussi flegmatique qu’acerbe. On lui doit une quantité phénoménale de bons mots, de traits d’esprits ou de jeux de mots. En voici quelques-uns qui m’amusent particulièrement.

 

Le saumon vit dans des boîtes en fer-blanc, d'où il ne sort que le dimanche soir quand des amis arrivent à l'improviste


Ce monde serait meilleur pour les enfants si c’était les parents qui étaient obligés de mangers des épinards.

Il est préférable de rester muet et de passer pour un fou plutôt que de l’ouvrir et de ne laisser aucun doute à ce sujet.


J’ai passé une excellente soirée… Mais ce n’était pas celle-ci !


Je n’oublie jamais un visage, mais pour vous je ferai une exception…


Le meilleur moyen d'éviter la chute des cheveux, c'est de faire un pas de côté !

Elle avait un nez superbe, qu'elle tenait de son père… chirurgien esthétique


Je vous céderais bien ma place, mais elle est occupée.

 

Je veux être incinéré et je veux que 10% soit versé à mon imprésario, comme il est écrit dans mon contrat. 

 

En médecine, la mode change aussi souvent qu'en haute couture. Le médicament miracle d'aujourd'hui sera le poison mortel de demain.

 

Ma femme, je la laisse croire qu’elle peut faire ce qu’elle veut… Et puis, je la laisse faire !

 

Tout homme qui se remarie ne mérite pas la chance qu’il a eut de perdre sa première femme !


La télévision est très favorable à la culture, chez moi dès que quelqu’un l’allume, je vais dans la pièce à côté et je lis…


La politique est l’art de chercher les problèmes, de les trouver, de les sous-évaluer et ensuite d’appliquer de manière inadéquate les mauvais remèdes !

 

Et pour conclure celle-ci que je trouve tellement juste : Les gens ne mangeraient pas de caviar s’il était bon marché !

 

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