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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 13:57

Série de l'été - 1991, un titre à contre-courant des habitudes de Metallica...

 

metal.jpgQui aurait pu croire que sous la solide carapace de James Hetfield battait un cœur d’homme amoureux ? A première vue pas grand monde même si l’on sait que les groupes de hard-rock sont capables d’écrire aussi les plus belles ballades. Mais, quand même, James Hetfield, le chanteur et guitariste à moustache de camionneur de Metallica, l’un des groupes les plus durs du hard-rock américain… Tellement dur qu’il est catalogué comme l’un des Big Four du Thrash Metal(1) avec Megadeth, Anthrax et Slayer… on est vraiment loin de la comptine !

Après des débuts difficiles entre musiciens écartés, problèmes financiers et mort du bassiste Cliff Burton, Metallica commencent à s’imposer sur la scène rock américaine dans la seconde moitié des années ’80. En 1986, l’album Master of Puppets, troisième opus du groupe, est une réussite complète. Il contient des perles comme Battery qui parle d’un homme banal qui craque et qui tire sur tout ce qui bouge, Disposable heroes, qui condamne les nations qui envoient leurs jeunes se faire massacrer sur les champs de bataille, et Master of Puppets, qui parle de l’addiction et des dégâts de la drogue sur un homme… L’album devient une référence incontournable pour les fans de Heavy et de Thrash Metal ; il est même considéré comme le meilleur album Heavy Metal de tous les temps. Metallica a trouvé sa place mais, à la fin de l’année, lors d’une tournée en Scandinavie, sur les terres du batteur Lars Ulrich, le bus qui transporte le groupe a un accident de circulation. Tous les occupants du bus ne sont que légèrement blessé… cependant, Cliff Burton, le bassiste, est tué sur le coup. Metallica est amputé d’un de ses membres et songe à se séparer. Mais finalement, Hetlfield et Ulrich décident de poursuivre l’aventure pour Burton. Ils débauchent Jason Newsted, bassiste de Flotsam & Jetsam, un groupe Thrash de Phoenix.

1991 marque un tournant dans la carrière de Metallica, le Thrash Metal n’attire plus guère les fans de hard-rock, on est entré dans une ère plus conventionnelle et la musique pure et dure se mâtine d’une pointe de blues. Des groupes comme Guns ‘n Roses ou Europe s’imposent et même AC/DC, qui assaisonne son rock de blues depuis le début, connait une nouvelle période faste. C’est à ce moment que Metallica sort son Black Album(2), une plaque de rupture qui repose sur des tempos plus lents et des structures musicales plus simples. En fait, ce Black Album est un album résolument rock ! Plus commercial aussi pour les fans de la première heure, mais voilà, il est franchement bien accueilli tant par le public que par la critique. Deux titres ont portés réellement cet album : The Unforgiven et Nothing Else Matters. Paradoxalement, ce sont deux superbes ballades qui sont à l’opposé des morceaux Thrashs qui ont fait la renommée du groupe…

C’est lors d’une tournée que James Hetfield écrit et compose Nothing Else Matters. Il est éloigné de sa compagne, elle lui manque et il se pose la question de ce qui lui importe le plus dans la vie. La chanson est introduite par une longue sérénade à la guitare acoustique emprunte de mélancolie et prend place au milieu de l’album. C’est le producteur Bob Rock, qui aime beaucoup l’ambiance de Nothing Else Matters, qui aura l’excellente idée de soutenir le côté romantique de la chanson par un accompagnement philarmonique. Il entend la sortir en single et c’est l’orchestre de San Francisco, sous la direction du prestigieux Michael Kamen qui a déjà travaillé avec Pink Floyd, Queen, Eric Clapton ou David Bowie, qui est choisi pour l’enregistrement. Cependant, un peu effrayé à l’idée que le titre ne fonctionne pas, Bob Rock commence par le placer sur un single quatre titres avec Sad but True qui sort uniquement en Angleterre, au début 1992.

Nothing Else Matters, version philarmonique, séduit mais ne génère pas vraiment un enthousiasme démesuré. Il faut attendre 1999 et la captation d’un concert au Berkeley Community Theatre de San Francisco pour la voir exploser. Hetfield et Ulrich ont réellement apprécié de travailler avec Michael Kamen et l’orchestre san franciscain à tel point qu’un enregistrement live est prévu, celui de Berkely en Californie. A cette occasion, Metallica adapte plusieurs de ces standards - Battery, Master of Puppets, Fuel notamment - à une version orchestrale. Evidemment, Nothing Else Matters, qui est à la genèse du projet de ce concert, fait partie de la cession.

Aujourd’hui, Nothing Else Matters est, pour le grand public, la chanson emblématique de Metallica. Elle dénote pourtant totalement de la production usuelle du groupe…

Nothing Else Matters

So close no matter how far
Couldn't be much more from the heart
Forever trusting who we are
And Nothing Else Matters

Never opened myself this way
Life is ours, we live it our way
All these words I don't just say
And Nothing Else Matters

Trust I seek and I find in you
Every day for us something new
Open mind for a different view
And Nothing Else Matters

Never cared for what they do
Never cared for what they know
But I know

So close no matter how far
Couldn't be much more from the heart
Forever trusting who we are
And Nothing Else Matters

Never cared for what they do
Never cared for what they know
But I know

Never opened myself this way
Life is ours, we live it our way
All these words I don't just say
And Nothing Else Matters

Trust I seek and I find in you
Every day for us something new
Open mind for a different view
And Nothing Else Matters

Never cared for what they say
Never cared for games they play
Never cared for what they do
Never cared for what they know
And I know

So close no matter how far
Couldn't be much more from the heart
Forever trusting who we are
No,Nothing Else Matters

Traduction :

Si proches peu importe la distance
Ca ne pourrait pas être plus près du cœur
Croyons éternellement en ce que nous sommes
Et rien d’autre n’a d’importance

Je ne m’étais jamais autant ouvert
La vie est à nous et nous la vivons à notre façon
Tous ces mots que je ne fais pas que dire
Et rien d’autre n’a d’importance

La confiance que j’ai cherchée et trouvée en toi
Chaque jour est pour nous quelque chose de nouveau
L’esprit ouvert à des vues différentes
Et rien d’autre n’a d’importance

Je ne me suis jamais préoccupé de ce qu’ils font
Je ne me suis jamais préoccupé de ce qu’ils savent
Mais je sais

Si proches peu importe la distance
Ca ne pourrait pas être plus près du cœur
Croyons éternellement en ce que nous sommes
Et rien d’autre n’a d’importance

Je ne me suis jamais préoccupé de ce qu’ils font
Je ne me suis jamais préoccupé de ce qu’ils savent
Mais je sais

Je ne m’étais jamais autant ouvert
La vie est à nous et nous la vivons à notre façon
Tous ces mots que je ne fais pas que dire
Et rien d’autre n’a d’importance

La confiance que j’ai cherchée et trouvée en toi
Chaque jour est pour nous quelque chose de nouveau
L’esprit ouvert à des vues différentes
Et rien d’autre n’a d’importance

Je ne me suis jamais préoccupé de ce qu’ils disent
Je ne me suis jamais préoccupé des jeux qu’ils jouent
Je ne me suis jamais préoccupé de ce qu’ils font
Je ne me suis jamais préoccupé de ce qu’ils savent
Et je sais

Si proches peu importe la distance
Ca ne pourrait pas être plus près du cœur
Croyons éternellement en ce que nous sommes
Et rien d’autre n’a d’importance

Ecouter Nothing Else Matters

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(1) Le Thrash Metal (To Thrash = battre, frapper violemment, à ne pas confondre avec trash qui signifie poubelle) est caractérisé par un tempo rapide et violent. C’est d’ailleurs Metallica qui imposa cette variante du Heavy Metal à l’aube des années ’80.
(2) dont le titre officiel est simplement… Metallica !

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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