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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 13:09

La Nano qui était présentée comme un nouveau modèle économique censé révolutionner l'automobile est surtout un échec commercial total...

nano.jpgIl y a trois ans, la Nano était présentée au public lors du salon automobile de New Delhi. Petite voiture citadine, son prix ultra concurrentiel devait en faire un best-seller. Contrairement à ce qu'il fut parfois dit, la Nano du constructeur indien Tata, ne représentait pas une révolution dans le monde automobile... Non, elle s'inscrivait en fait dans la lignée de l'automobile pour tous initiée par Henry Ford, en 1908 soit un siècle plus tôt, avec la Ford T et poursuivi tout au long du 20è siècle avec des modèles comme la Fiat 500 Topolino (1936), la Volkswagen Coccinelle (1938),  la Citroën 2CV (1948) ou encore la Renault 4 (1961). Lorsqu'elle fut présentée, le 8 janvier 2008, la Nano avait pour mission de répondre aux besoins du marché indien; elle devait être une voiture accessible à tous. Mais l'idée sous-jacente de l'industriel Ratan Tata était d'envahir, à brève échéance, le marché international, en commençant par le voisin chinois, avec une voiture à un prix défiant toute concurrence. Pour y parvenir, Tata proposa donc avec la Nano une petite citadine réduite à sa plus simple expression : pas de radio, pas de ventilation, pas de chauffage et, bien entendu, pas de direction assistée ni d'autres options sécuritaires ou de confort que l'on trouve désormais de série sur toutes les voitures... Une seule version de 600cc avec une boite à quatre rapports et une puissance de 35 chevaux était disponible pour le prix de 1560 euros !

La commercialisation de la Nano débuta en juillet 2009 dans douze états de l'Inde. Les objectifs étaient clairs : entre 30.000 et 50.000 voitures vendues en 2009 et un quota de 250.000 véhicules par an à partir de 2010. Rapidement, la Nano fut déclinée en deux autres versions un peu plus fournies et un peu mieux finies et tout aussi rapidement le prix de la version de base fut augmenté à 2100€. Les ventes peinaient à décoler puis elles ont été freinées par une série d'accidents plutôt inquiétants. En quelques semaines, six Nano ont pris feu inopinément, des incendies qui ont... refroidi quantité d'acheteurs potentiels. Tata annonçait, en octobre 2009, une amélioration de la sécurité de sa Nano. Pour cela, il faudrait revoir, évidemment, son prix légèrement à la hausse. Mais, une augmentation sensible du coût des matières premières à la même époque, est venue grever cette hausse... Bref, le prix de la Nano pouvait atteindre, finalement, quelque 3200€, le double du prix annoncé en 2008 ! Et pourtant, au terme de son premier mois d'existence, les objectifs étaient atteints puisque plus de 9000 Nano avaient été vendues, en juillet 2009, en Inde. Les projections laissaient entrevoir un chiffre de 50.000 à 55.000 véhicules pour la fin de l'année 2009. La petite citadine de Tata Motors se présentait alors comme le nouveau modèle économique pour beaucoup de constructeurs. Parée pour envahir l'Europe et les Etats-Unis pensa-t-on alors, un partenariat avec Fiat était même envisagé pour l'Europe. Mais la Nano était loin de répondre aux exigences européennes et américaines, notamment en matière de sécurité et de crash-test... Pour répondre à ces exigences, il fallait revoir complètement les systèmes de protection mais des estimations laissaient entrevoir que le modèle "européen" de la Nano pourrait être commercialisé pour quelque 5000€, ce qui restait un prix attrayant. Et puis... plus rien ! Les ventes n'ont pas suivi en Inde, à ce jour ce sont à peine 71.300 Nano qui ont été vendues c'est à dire à peine 23% des ventes escomptées par le constructeur indien. Un bide total !

Une relance en Europe ?

Pour Tata Motors, l'enjeu est capital car par delà l'échec ou la réussite de la Nano, il y a un aspect existentiel diantrement important. Fort du succès escompté de la Nano, Tata avait racheté Jaguar et Land Rover à Ford et pour cela s'est endetté de trois milliards de dollars. La survie du constructeur indien est clairement engagée. Alors pour doper les ventes de sa Nano, Tata a élargi la couverture géographique de vente. Jusqu'en novembre dernier, la petite voiture n'était achetable que dans douze états indiens, elle l'est désormais dans 28. On compte maintenant 874 points de ventes en Inde. Par ailleurs, un taux de crédit attractif est proposé pour l'achat de la Nano et la garantie a été élargie à 4 ans ou 60.000 kilomètres. Pour fidéliser sa clientèle, Tata propose aussi un contrat d'entretien à faible coût (l'équivalent de 1,65€ par mois) pour la Nano... Ces premières mesures semblent marcher car si Tata n'avait vendu que 509 Nano en novembre 2010, ce sont 5700 exemplaires qui ont trouvé acquéreur en décembre !

Et si c'était l'Europe qui venait au secours de Ratan Tata ? En effet, il se chuchote que Tata Motors pourrait appliquer certaines de ces mesures, le contrat d'entretien à bas prix surtout, à Jaguar et Land Rover en Europe afin de relancer les ventes. Par ailleurs, l'introduction de la Nano sur le Vieux Continent n'est pas abandonnée, loin s'en faut. On évoque une commercialisation possible à la fin 2011 ou au début 2012. Il se pourrait même - mais ce n'est là encore que rumeur - que la Tata soit produite en France, en Moselle, du côté de Molsheim... Reste à voir si la petite voiture indienne pourra séduire le public européen. Pas sûr lorsque l'on sait que l'on peut déja trouver un Fiat Seicento 1.1 à 6600€...

Quoi qu'il en soit, avec moins de 75.000 voitures vendues en un an et demi, la Nano est surtout, jusqu'à présent, un bide complet !

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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