9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 00:00

Une exposition pour appréhender la médecine du 17è siècle à travers les œuvres de Molière.

 

moliere.jpgDu 16 septembre au 15 octobre prochain, la Cellule Communication Stratégique du Centre Hospitalier Régional (CHR) de La Citadelle, à Liège monte une exposition intitulée «Molière et la médecine au 17è siècle». Cette exposition, dont les pièces ont été rassemblées par la Maison des Sciences de l’Université de Liège (ULg), se décline en 18 tableaux autour de quatre axes majeurs :

 

Ø Qui était Molière ?

Ø La ligne du temps du 17è siècle : les grandes dates politiques, culturelles et scientifiques

Ø Les pratiques médicales du 17è siècle

Ø Les médecins dans l’œuvre de Molière ; Molière était-il un vulgarisateur ?

 

Ces tableaux seront complétés par la présence de plusieurs instruments de médecine de l’époque aimablement prêtés par le Docteur Quentin Désiron, chirurgien cardiovasculaire au CHR de la Citadelle.

 

Molière et les médecins

 

A l’image de la farce et de la Commedia dell’arte, Molière a inscrit une grande partie de son œuvre dans la satire anti-médicale. En fait, il s’engage sur le chemin d’une idée très en vogue au 16è et au 17è siècle : il vaut mieux laisser faire la nature en toute chose. Il développe donc une extrême méfiance à l'égard de la médecine. Il gardera cette méfiance tout au long de sa carrière mais ses attaques contre la médecine et les médecins seront de plus en plus virulentes au fur et à mesure de l’évolution de sa propre maladie, une maladie qui progresse rapidement et pour laquelle la médecine s’avèrera totalement inefficace. La maladie – certains pensent qu’il s’agissait de la tuberculose peu ou pas connue alors – l’emportera au soir de la quatrième représentation du Malade Imaginaire, le 17 février 1673.

 

Le paradoxe est que Molière dispose d'une solide culture médicale, il dispose de plusieurs amis médecins, Jean Armand de Mauvillain et François Bernier notamment, qui l'ont sans doute complaisamment informé. Mais Molière a pu, en outre, observer les mœurs et les usages médicaux du temps durant des années, et enfin, il a souvent consulté, semble-t-il, un livre édité au XVIIe siècle à l'usage des étudiants en médecine, Les Œuvres de La Framboisière. Dès lors, lorsque Molière évoque la médecine de son époque, il maîtrise plutôt bien le sujet…

 

Mais si c’est au 19è siècle que la médecine moderne a pris son essor, il apparait important de montrer que le 17è siècle est un siècle charnière pour l’évolution de la médecine. Plusieurs découvertes décisives ont marqué ce siècle, citons l’étude de la circulation sanguine, l’invention du microscope, la naissance de l’embryologie, la découverte des spermatozoïdes et du rôle des ovaires, l’introduction de nouvelles plantes exotiques dans la pharmacie… Ces découvertes ont rendus possibles les spectaculaires progrès de la médecine à partir du 19ème siècle jusqu’à nos jours.

 

Mais, au 17è siècle, il n’existe qu’environ 200 médecins dans toute la France. Le peuple fait dès lors, appel au barbier ou au rebouteux pour se soigner. Malgré les progrès de la médecine, à l'époque les médecins ne disposent encore que peu de méthodes de soins, les plus connues sont le lavement et la saignée et elles sont parfois utilisées à tort et à travers lorsque le médecin n’a pas d’autres recours. C’est surtout les rebouteux, les charlatans et la naïveté de certains «vrais» médecins que Molière raille. La satire médicale n’est donc pas, sous la plume de Molière, un simple renvoi à une tradition séculaire (la farce ou la Commedia dell’arte). Elle alimente une réflexion morale constante sur l’imposture et l’erreur, qui s’étend même jusqu’aux choses de la religion. Molière s’est surtout montré impitoyable pour le pédantisme des faux-savants et le mensonge des faux-médecins, de ceux qui se sont autoproclamés médecin… Mais s’il s’est érigé en auteur anti-médical, il est essentiel de préciser que Molière était surtout un témoin de son époque, un témoin qui refusait tout compromis et qui n’a eu de cesse de poser un regard critique acerbe sur la société qui l’entourait. Les médecins n’étaient qu’une engeance parmi tant d’autres que Molière se complaisait à caricaturer… Et n’oublions jamais que la caricature repose toujours sur une réalité !

 

Molière et la médecine au 17è siècle

Du 16 septembre au 15 octobre

Au CHR de la Citadelle (Liège)

Entrée libre

Infos : 00 32 4 225 66 44

 

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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