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2 août 2004 1 02 /08 /août /2004 14:07

Aaah Paris, ses musées, ses monuments, sa gastronomie... ses accros au téléphone portable et ses blacks qui balaient les rues !


champs.jpgJe le constate à chaque retour d’un voyage, qu’il fut long ou court, mais au plus le temps défile au plus j’adhère à cette idée : l’homme n’est pas fait pour travailler ! Il y a trop de choses à voir de par le monde, et pas forcément à l’autre bout de la planète, que pour être obligé de s’enfermer huit heures par jour dans un bureau triste ou dans une usine sale. Mais, ainsi va la vie, pour se permettre le luxe - car c’en est un - de découvrir, pendant quelques jours, le monde, il faut bosser cinquante semaines... A moins d’être suffisamment nanti que pour se dédouaner du turbin. Finalement, le vrai luxe n’est-ce pas de pouvoir vivre sans travailler ? Quoi qu’il en soit, j’aime autant vous dire que lorsque l’occasion se présente, je pars m’oxygéner ailleurs. C’était le cas, cette dernière semaine de juillet, tandis que je posais mon baluchon à Paris. J’aime la capitale française car elle est riche de culture et de cultures...

 

Un premier constat s’est vite imposé à mes yeux : Paris est la capitale du GSM ! Impossible de déambuler sans voir des gens avec leur portable coller à l’oreille. Je l’admets encore pour les autochtones qui peuvent arguer du fait qu’ils travaillent (ndlr mais les Parisiens travaillent tous dans la rue alors...) mais c’est au niveau des touristes que c’est effarant. Japonais, Allemands, Italiens, Espagnols, Belges, Américains, Canadiens, et cetera, la Ville Lumière regorge de visiteurs et tous, ou presque, souffrent de cette affligeante maladie qu’est la GSMite aiguë. J’avoue que j’ai du mal à comprendre ce besoin irrépressible d’avoir son téléphone mobile en permanence à portée de main ! Personnellement, je considère cet instrument barbare comme un simple outil de travail et au premier jour de mes congés, il est éteint et relégué au fin fond de ma mémoire jusqu'à ce que sonne la reprise du boulot. On n’a jamais vu un touriste se balader avec son marteau, son livre de compte ou sa fraise sur la plage... alors pourquoi un téléphone portable ? Parce que cet objet indéniablement pratique est devenu plus un accessoire de la panoplie du parfait petit citadin moderne qu’un outil réellement utile. Faites le compte de ceux qui ont vraiment besoin d’un GSM, la proportion est de 1 voire 2 pourcents ! Mais aujourd’hui, il faut être joignable partout, au boulot bien sûr, mais aussi sur le bus, en voiture, au restaurant, au théâtre même et, évidemment, à la plage ou lorsque l’on visite le Musée d’Orsay. Le premier geste qui signifie le début de mes congés est de couper mon portable ; là les vacances commencent ! Aujourd’hui, j’ai l’impression que lorsque mon GSM est débranché je suis à des milliers de kilomètres des soucis liés à la vie quotidienne même si je n’ai pas encore quitté la maison. La voix de son maître, très peu pour moi ! Ces abrutis qui n’existent que lorsque leur poche vibre et qu’ils peuvent exhiber leur Nokia ou leur Ericsson me déplaisent au plus haut point ; ces chien-chiens qui répondent dès qu’on les siffle...

Mais plus encore que cette GSMite aiguë ce qui m’a frappé à Paris c’est cette proportion de Noirs qui effectuent des travaux de bas étage. Les balayeurs de rue : des blacks ; les éboueurs : des noirs, les deux types qui nettoyaient les grilles du Louvre : deux noirs ; le grand escogriffe qui ramassaient les premières feuilles mortes sur le Champs de Mars, je vous le donne en mille : un noir... Un jour que nous remontions les Champs Elysées vers la Place de l’Etoile, ma compagne me dit qu’elle se laisserait volontiers tenter par une glace du Mc Do ! J’ai pu assister dans cette antre de la malbouffe élyséenne à un spectacle répugnant, un jeune homme - black l’auriez-vous deviné - passait la serpillière tandis que sur deux tabourets, assis face à un miroir, deux adolescents d’une douzaine d’années se gavaient de hamburgers. Lorsqu’il arriva près d’eux, le nettoyeur demanda s’il pouvait passer sa serpillière sous leurs pieds. Les deux blancs ados s’exécutèrent dans un soupir qui en disait long sur la contrainte que ce domestique leur imposait. L’un des deux jeunots décocha même un regard remplit d’arrogance, celui que lançaient voici quelques siècles le bon maître blanc à son bois d’ébène... J’ai immédiatement songé à Lili, vous savez celle de la chanson de Pierre Perret qui «arrivait des Somalies [...] dans un bateau plein d’immigrés venus de leur plein gré vider les poubelles à Paris»(1). Cette même Lili à la peau noire qui «croyait qu’on était égaux au pays de Voltaire et d’Hugo»(1) alors que «pour Debussy en revanche, il faut deux noire pour faire une blanche, ça fait un sacré distingo»(1)... En sortant sur les Champs, ma glace à la main, je ne pu m’empêcher de penser qu’il y a toujours quelque chose de pourri en République de France et de me remettre en mémoire ces paroles de Renaud : «Ils font la fête au mois de juillet en souvenir d'une révolution qui n'a jamais éliminé la misère et l'exploitation»(2)...

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(1) «Lili» Pierre Perret
(2) «Hexagone» Renaud

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Published by Olivier Moch - dans Humeurs
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