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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 18:21

Le 99è Tour de France s'est élancé de Liège cet après-midi... Ambiance dans les rues de la Cité Ardente !

91.jpgOn l'attendait depuis huit ans ce départ du Tour de France à Liège, depuis 2004 lorsque le prologue de l'épreuve cycliste la plus prestigieuse du monde s'était déjà déroulé dans le coeur de ma ville. La Province a bien travaillé pour ramener le peloton de la Grande Boucle dans la région, il convient de saluer ce travail. Ce matin, je suis donc sorti très tôt de chez moi afin de m'imprégner de l'ambiance montante. Petite balade dans les rues de la ville, découverte du Village du Tour avec ses nombreuses boutiques et ses hôtesses aguicheuses qui tentent de fourguer leur kit Tour de France aux passants... Du jaune partout ! Tiens, même Georges Simenon, assis sur son banc de la Place du Commissaire Maigret, voit la vie en jaune. Il est temps de se diriger vers le circuit car, même si les dix heures n'ont pas encore sonné au clocher de Saint-Denis et que le premier coureur ne s'élancera que dans quatre heures, il faudra ne pas être trop tard pour avoir une bonne place. J'opte pour le rond-point de la Batte, près de la rue Hongrée car c'est le point le plus oriental du parcours, les coureurs tourneront autour du rond-point pour revenir vers Saint-Lambert. Ils auront ralenti pour bien négocier le virage et devront relancer la machine... Oui, l'endroit me semble parfait. Les rues sont encore désertes mais les premiers supporters arrivent. Là deux hollandais vêtus des maillots de deux formations bataves qui sont au départ. A côté de nous s'installent deux couples de retraités français. A peine ont-ils installé leurs fauteuils qu'ils se dépèchent d'entrer dans le café derrière nous pour commander des cafés. L'une est surprise car elle à "droit à un petit gâteau avec son café", un gâteau... un biscuit... un bonbon comme on dit chez nous ! C'est vrai que ce n'est guère une habitude française que d'offrir un biscuit avec le café dans les estaminets. A notre gauche viennent de jeunes hollandais, ils ont tout prévu : casse-croute, boissons et sucreries. Il est proche d'onze heures, la foule est désormais nombreuse; elle attend le passage de la caravane publicitaire, le premier grand moment du Tour de France 2012. Il faut encore patienter une heure mais voici les premiers coureurs qui viennent s'imprégner du circuit, emmenés par Juan-Jose Cobo, ce sont quatre Movistar. Ils partagent la route avec deux Vacansoleil mais aussi avec de nombreux cyclotouristes qui ont l'autorisation de rouler sur le parcours du prologue. Voici aussi une famille qui roule calmement là où se donneront à fond les pros dans quelques heures... Ambiance bon enfant, on discute avec son voisin, on échange des informations. Certains parlent de Lance Armstrong dont on vient d'annoncer la mise en accusation pour dopage par l'USADA. D'autres se souviennent du prologue de 2004, ils étaient déjà sur le bord du circuit et font des comparaisons. Je ne peux m'empêcher de faire pareil, j'y étais aussi et je trouve que l'on ne voit pas beaucoup de coureurs cette année par rapport à 2004. Alors, Jan Ullrich était passé plusieurs fois en reconnaissance, il s'était arrêté pour discuter avec des fans allemands. Lance Armstrong avait reconnu sept fois le parcours afin d'en mémoriser le moindre détail. Lors d'un tour de reconnaissance, lui que l'on disait de glace, avait même ralenti pour permettre à un cyclotouriste de rouler à ses côtés et de poser pour la photos qui doit toujours trôner, huit ans plus tard, dans son salon (ndlr le salon du cyclotouriste... pas celui d'Armstrong !). Cette année, pas de cadors sur le circuit ! Où sont-ils ? Pourquoi Evans, Wiggins, Cancellara ou Gilbert ne viennent-ils pas reconnaitre le parcours ?

Avec tout ça, il est proche de midi. Par les hauts-parleurs on entend que la caravane va s'élancer. Dans quelques minutes, elle sera là... La voici, précédée par une voiture officielle de la course. C'est kitsch, c'est commercial mais c'est amusant de voir les bras qui se tendent pour essayer d'attraper au vol quelques gadgets sans intérêt, une madeleine ou une casquette à pois rouge. Mon voisin hollandais attrape quelques journaux Eaufficiel du Tour, édité par un partenaire minéralier de longue date. Chaque jour, un numéro différent ! Il m'en tend un exemplaire qu'il a de trop. "Dank u wel" lui dis-je dans la langue de Vondeel qui est aussi la sienne. Bien vite, la caravane est passée. On retrouve des cyclistes qui se réapproprient le parcours. Cette fois, plus questions d'amateurs ou de touristes, la route est aux pros qui préparent la course. Et si on changeait d'endroit pour voir les coureurs autrement ? Direction le Palais des Princes-Evêques, au coeur de la Cité. On s'insinue, on trouve une place. Voici Tom Veelers, il sera tout à l'heure le premier à s'élancer. Il lui reste moins d'une heure pour se préparer. Oscar Freire et un ancien équipier de la Rabobank font le parcours ensemble tandis que George Hincapie, qui entame son 17è Tour de France (record absolu), est déjà très concentré. Clameur un peu plus loin dans la foule, ce doit être un cador qui passe... De fait, j'ai juste le temps de déclencher pour faire la photo de Cadel Evans, vainqueur l'an passé, qui devra se surpasser pour conserver son titre. Bradley Wiggins fait figure de grand favori, ce sera un duel anglo-saxon entre l'Australien et l'Anglais ! Hunter, Dupont, Popovych, Roelandts... les coureurs se suivent jusqu'à ce que le speaker annonce que le premier va partir. Veelers s'élance à 14h00 précises, il boucle le parcours en un peu plus de huit minutes, trop pour espérer un beau classement. L'un après l'autre, les coureurs s'élancent et le classement prend forme. Longtemps Grivko tient la tête mais les grands ne sont pas encore en course. Sylvain Chavanel finit par le déloger, il sera lui aussi finalement expulsé du haut du podium pour terminer à la troisième place. Sans surprise, c'est le Suisse Fabian Cancellara qui remporte le prologue comme il l'avait gagné en 2004, déja à Liège. C'est le quatrième prologue remporté par Spartacus - deux à Liège, un à Londre et un à Rotterdam - qui s'approche du record (Cinq) toujours détenu par Bernard Hinault. A l'applaudimètre, c'est évidemment Philippe Gilbert qui décroche la palme. Survolté, Gilbert a réussi un superbe prologue terminant neuvième. La poisse était accrochée aux roues de Tony Martin, l'Allemand était à classé au rang des favoris, il a crévé et laissé s'envoler tous ses espoirs de battre Cancellara. Quant au duel Wiggins/Evans, il a largement tourné en faveur de Wiggins.L'Anglais se classe deuxième; l'Australien treizième. Il concède dix secondes, rien de dramatique mais l'avantage est à Wiggins !

 

Voilà, c'était une belle journée ensoleillée avec quelque 300.000 personnes qui ont assisté au spectacle le plus populaire qui soit. Pour Liège, les retombées sont énormes tant financières qu'en termes d'images. L'organisation était remarquable, il faut le souligner ! Demain, le peloton s'envole vers Seraing, puis ce sera Visé et Tournai avant d'entre en France pour aller chercher les Vosges, les Alpes et les Pyrénées. Que la bataille commence !

Le prologue à Liège en images

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Published by Olivier Moch - dans Humeurs
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