Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 11:05

Chaque jour qui passe Bart De Wever montre un peu plus son vrai visage, celui d'un Flamand indépendantiste qui masque à peine un ressentiment mêlé de haine pour les Francophones...

bdw.jpgAinsi donc, Bart De Wever, l'omnipotent Président de la N-VA valide les propos tenus par Vic Van Aelst, l'avocat bruxellois (très) proche de la N-VA. Ce dernier avait pointé du doigt, voici quelques jours sur les ondes de la VRT, "l'incroyable sentiment de supériorité de ceux qui décident en Belgique francophone"... Voilà maintenant que la N-VA renverse les réalités car s'il y a bien un groupe politique qui en Belgique affiche un air supérieur depuis bientôt un an, ce sont les nationalistes flamands ! Van Aelst mettait en exergue "les concessions faites par les Flamands" depuis des années au niveau linguistique; pour lui il n'y a pas de compromis à la Belge mais bien une longue succession de concessions flamandes. Un sentiment que Bart De Wever a confirmé, hier, lors d'une rencontre avec le patronat limbourgeois. Je crois qu'il s'agirait de réapprendre l'histoire belge à ces deux Messieurs ! Il serait bon de leur rappeler que la Belgique a été construite, depuis la fin de l'ère romaine, par des Francs (peuple issu originellement de Scandinavie), des Français (la Flandre était, entre le 11è et le 14è siècle, un fief du roi de France), des Bourguignons (donc des Français encore) au XVè siècle, des Espagnols entre le XVè et le VXIIIè siècle, des Autrichiens pendant quelques années au XVIIIè siècle, des Français à nouveau entre la Révolution de 1794 et 1815, et enfin des Hollandais, de 1815 à 1830. Depuis la fin de l'Antiquité jusqu'à l'indépendance belge, en 1830, la langue véhiculaire de la Belgique et des territoires flamands a été, successivement, la langue franque, le français, l'espagnol, l'allemand (autrichien), le français à nouveau et, pendant 15 ans à peine, le néerlandais. Ce n'est, en effet, que lors de la création, en 1815, du Royaume-Uni des Pays-Bas que le Roi Guillaume d'Orange imposa la langue de Vondeel à la Belgique... Des arrêtés royaux de 1819 et 1922 imposaient même de parler néerlandais pour postuler à des emplois publics(1). Cependant, les Flamands ne parlaient pas un vrai néerlandais mais plutôt des patois locaux(1) alors Guillaume d'Orange imposa également le néerlandais comme langue d'instruction. Une imposition qui fut balayée en 1830 lors que le peuple belge bouta les Hollandais hors du pays...

L'élite intellectuelle de la nouvelle Belgique indépendante prohiba le néerlandais (ou le flamand) pour ne privilégier que le français comme langue véhiculaire. A cet égard, le libéral Liégeois Charles Rogier, premier Premier Ministre belge, ne fut pas vraiment égalitaire pour la population flamande du pays. C'est, en effet, lui qui insista sur l'obligation de la maitrise de la langue française pour postuler aux plus hautes fonctions civiles et militaires du pays. Cette forme d'élitisme linguistique était pourtant aussi entretenu par les dignitaires flamands des grandes villes comme Gand, Bruges ou Anvers qui parlaient davantage le français que le néerlandais. Clairement, pour la majorité des Belges - les francophones et la bourgeoisie flamande - le néerlandais et les patois flamands n'avaient aucune valeur. En juin 1832, le Roi Léopold 1er calqua le système monétaire et le système administratif Belges sur ceux du voisin français; le franc devint l'unité monétaire et le français la langue officielle du pays. Cette promulgation du français engendra rapidement les première querelles linguistiques au sein du pays. Dès 1840 on trouve trace dans les écrits d'une "guerre linguistique"(1) en Belgique. Les Flamands revendiquent, très justement, la reconnaissance de leur langue à travers divers mouvements politiques et sociaux. Il ne faudra patienter que dix ans pour que l'Etat Belge reconnaisse la langue flamande et l'autorise dans l'enseignement par l'article 22 de la loi du 1er juin 1850 qui prévoit "l'étude de la langue française, ainsi que de la langue flamande ou allemande, pou les parties du pays où ces deux langues sont un usage"(1). L'Etat Belge venait de faire une concession normale sur l'usage de la langue flamande parlée dans une grande partie du pays; c'est dès cet instant, forts de cette concession, que les Flamingants ont commencé à réfléchir sur la faisabilité d'un pays qui abriterait deux nations - l'une francophone, l'autre néerlandophone - avec deux langues officielles. Cela a débouché sur tout ce que l'on sait :
- la première Loi Linguistique (1873) qui promeut le bilinguisme dans le pays;
- la seconde Loi Linguistique (1878) qui règlement l'usage administratif des langues officielles;
- l'établissement de la frontière linguistique (1921) qui fixe l'emploi du flamand au nord du pays et du français dans le sud du pays tandis qu'à Bruxelles l'usage des deux langues est instauré;
- la création, par les nationaliste flamands d'un charte intitulée Les Dix Commandements du Nationalisme Flamands (1922), véritable prémisse d'une volonté indépendantiste flamingante;
- la reconnaissance officielle du bilinguisme à Bruxelles (1932);
- la Question Royale (1945-1951) qui marqua une vraie différence de position entre flamands et wallons sur le retour d'exil du Roi Léopold III et qui déboucha sur des attentats et des grèves particulièrement violentes;
- les Loi Gilson (1962) qui  établissaient une frontière linguistique définitive (1962) avec facilités pour certaines communes limitrophes de cette frontière; qui instauraient un bilinguisme total dans les 19 communes de Bruxelles et qui règlaient l'usage des langues dans l'enseignement;
- la Crise de Louvain (1968) et son fameux Walen Buiten (Les Wallons dehors);
- la création des Communautés culturelles (1970), une forme d'Apartheid à la belge qui a spécifié trois Communautés (francophones, néerlandophone et germanophone) au sein du pays selon la langue parlée;
- la séparation des partis politiques (entre 1972 et 1978) en entités linguistiques distinctes;
- la Régionalisation du pays (1980) qui mettait en place officiellement une Région Wallonne, une Région Flamande et une Région Bruxelloise. Cette Régionalisation s'instaura avec un renforcement des trois Communautés qui sont rebaptisées officiellement Communauté française, Communauté flamande et Communauté germanophone avec des compétences accrues;
- la Fédéralisation de l'Etat (1994) qui entérine la présence des trois communautés autonomes avec leur propre gouvernement;
- les Accords du Lambermont (2001) qui élargissent les moyens financiers accordés aux Régions et aux Communautés renforçant ainsi encore un peu plus leur autonomie;
- la volonté de scission de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde (exacerbée depuis 2004)...

En fait, depuis la reconnaissance officielle de la langue flamande en Belgique, par la loi du 1er juin 1850, notre pays a tendu vers l'autonomie de ses communautés par la volonté flamande. Lorsque Bart De Wever et Vic Van Aelst disent que la Belgique repose sur une succession de concessions faites par les Flamands, ce sont des menteurs ! C'est l'inverse qui est vrai ! Alors qu'à la base les revendications flamandes autour de la reconnaissance officielle de leur langue au sein de l'Etat Belge étaient on ne peut plus justifiées, au fil du temps les nationaliste flamands ont tiré sur la corde de l'autonomie jusqu'à la mise en place d'un Etat Fédéral arrachant au fil du temps de plus en plus de concessions wallonnes (francophones et germanophones). Aujourd'hui, sous l'impulsion de Bart de Wever et de quelques-uns de ses sbires nationalistes, c'est vers une indépendance totale que certains tendent... développant même une véritable haine de la francophonie. Attention amis Français, s'ils y parviennent, ils voudront ensuite récupérer les territoires flamands de France : l'Artois, le Cambrésis, l'arrondissement de Dunkerque, celui de Calais et une partie de la région Nord-Pas de Calais...

-----
(1) Histoire de la Belgique et ses conséquences linguistique, in L'aménagement linguistique dans le monde, par Jacques Leclerc, Université Laval, Québec, 2011

Partager cet article

Repost 0
Published by Olivier Moch - dans Actualité
commenter cet article

commentaires

Al.bin 04/06/2011 12:03


Belgïe Vrij !
De Wever buiten !
NVA buiten ook !