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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 15:38

Pour tenter de d'élever la qualité du contenu des commentaires de ses lecteurs, le prestigieux NYT introduit Facebook dans le processus de réaction.

 

nytweb.jpgSouvent, les commentaires que l’on trouve en dessous des articles publiés sur les sites d’informations relèvent du niveau le plus faible de l’intelligence. Il suffit de lire certains messages déposés sous les articles des sites internet de  la Meuse ou de la Dernière Heure Les Sports pour s’en rendre compte. Racisme, homophobie, méconnaissance historique et culturelle flagrante, agressivité gratuite, insanités ou futilités sans rapport avec le contenu de l’article… le tout enrobé dans une syntaxe et une orthographe infâmes qui dénotent du dénuement intellectuel dont peuvent faire preuve ces commentateurs d’articles de presse. Les commentaires déposés sous les articles des sites d’informations c’est souvent le degré zéro du débat ! Le New York Times, l’une des références ultimes en matière de presse, est également confronté à ce problème de médiocrité. Alors la nouvelle rédactrice en chef, Jill Abramson, a pris la décision d’agir pour relever le débat. Pour ce faire, elle a intégré un nouveau système de commentaires qui repose sur les réseaux sociaux. ’’Nous nous sommes aperçus que les personnes qui utilisent leur vrai nom ont des échanges plus intéressants et plus respectueux’’(1) explique Jill Abramson, qui a succédé au fameux Bill Keller depuis quelques semaines à la tête du NYT. Dès lors, l’idée imaginée pour améliorer la qualité des échanges entre lecteurs sur le site internet du quotidien a été d’intégrer les réseaux sociaux, Facebook en tête, pour commenter. En effet, Facebook n’autorise pas l’utilisation d’un pseudonyme, ses fidèles doivent utiliser un prénom et un nom (ndlr les leurs la plupart du temps) pour créer leur espace et donc échanger des messages. Désormais donc, le nom et la photo utilisés sur le profil Facebook sera aussi la signature de ceux qui désirent poster des commentaires sur le site du New York Times. Bien entendu, cette pratique ne peut pas être imposée ; la possibilité de poster de façon anonyme, sans passer par un réseau social, reste en place mais un scannage automatique des commentaires anonymes est fait de façon systématique pour éviter les propos qui ne cadrent pas avec la loi et avec la charte d’utilisation du quotidien en ligne. Une modération des commentaires, anonymes ou non, reste par ailleurs en place comme garde-fou supplémentaire.

 

Avec 1.125.000 abonnés à sa version papier et quelque 50.000.000 de visites mensuelles (ndlr ± 1.6 millions de visiteurs chaque jour !) sur son site internet, le New York Times dispose d’une communauté de lecteurs immense qu’il faut pouvoir canaliser afin d’éviter les dérives de certains qui privilégient l’insulte, la diatribe ou l’incohérence au débat constructif que l’on est en droit d’attendre sur un média de la qualité du NYT. L’utilisation de Facebook (et d’autres médias sociaux) pour commenter des articles ne devraient pas freiner les nombreux membres de la communauté du New York Times. En effet, Facebook est passé dans les habitudes de la majorité des gens comme en témoigne ses 800 millions d’inscrits à travers la planète. ’’Sur Facebook, les gens ont l’habitude de bien se tenir’’(1) remarque Dan Kennedy, Professeur de journalisme à l’Université Northeastern de Boston, ’’leurs comportements sont très différents des comportements anonymes et antisociaux que l’on trouve souvent dans les commentaires des sites de journaux’’(1). A côté de l’utilisation de medias sociaux, le New York Times a aussi introduit une notion de qualité en créant une catégorie de Commentateurs de confiance. Celle-ci reposera sur l’historique des commentaires déposés, ainsi au fil du temps, les commentateurs qui posteront des messages opportuns, intéressants et dénués de caractère raciste ou insultant deviendront ces fameux Commentateurs de confiance, leurs messages seront marqués d’une mention ‘’commentaire remarquable’’ et ils disposeront d’une liberté de publication totale, sans contrôle ni modération.

Le New York Times a bien compris que c’est en pourchassant l’anonymat et en valorisant ses lecteurs et commentateurs les plus constructifs qu’il pourrait relever le niveau des échanges et ainsi mettre en place des débats plus riches… Je rêve que La Meuse et la Dernière Heure fassent pareil ! Puisque la grande majorité de ceux qui s’expriment sur l’actualité n’a pas le courage de le faire sous sa vraie signature, l’anonymat devrait être exclu de façon systématique dans les commentaires sur les sites d’information. Après tout, aucune rédaction papier ne publie jamais ce courrier des lecteurs anonyme, pourquoi serait-ce le cas sur internet ?


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(1) The time to change policy for comments on web site, on www.nytimes.com, 1er décembre 2011

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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