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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 14:05

Le Drôle de Noël de Scrooge est un excellent film, assez fidèle au conte de Dickens et, dès lors, à ne pas mettre sous tous les yeux…

scrooge.jpgHier, j’ai monté mon sapin de Noël. Je garde toujours les yeux de Chimène pour cette fête aussi faire le sapin est un moment important pour moi. Une fois le sapin décoré, j’ai proposé à ma tendre moitié d’aller, pour rester dans l’ambiance, au cinéma voir Le Drôle Noël de Scrooge. Je trouve ce conte de Charles Dickens remarquable et je voulais aussi voir comment Robert Zemeckis l’avait rendu sur écran. Je dois dire que je n’ai pas été déçu par le résultat et que la technique d’animation chère au réalisateur de Retour vers le Futur sied à merveille à cette histoire. Elle rend parfaitement l’ambiance du texte de Dickens. Par contre, quelle ne fut pas ma surprise, dans la salle de voir une large majorité de parents avec des enfants… Surprise car lorsque l’on connait un peu l’histoire, on se rend compte qu’elle n’est pas forcément à mettre sous des yeux d’enfants. Mais voila, beaucoup de parents ont vu «Noël» et «Walt Disney» sur l’affiche et ont totalement fait l’impasse sur la troisième donnée, la plus importante sans doute, du film… «Charles Dickens» ! Car Dickens est tout sauf un auteur pour enfant. Plusieurs scènes du film sont effrayantes, notamment lorsque Scrooge rentre chez lui et que le battant de sa porte prend le visage de son associé décédé ou encore, évidement, les rencontres successives avec l’Esprit des Noël passés, présents et à venir… Je pense que Le Drôle Noël de Scrooge n’est pas un film à voir avec des enfants trop jeunes. D’ailleurs les cris de mômes n’ont pas manqué et plusieurs parents ont quitté, avec leur progéniture, la salle avant même la moitié du film.

Charles Dickens est l’un des écrivains les plus populaires de la littérature britannique. Mais c’est aussi, et surtout, un écrivain engagé, témoin d’une époque de grande inégalité sociale en Angleterre, inégalité qu’il ne cessa de dénoncer et de condamner dans son œuvre. Le conte de noël est un genre bien précis de la littérature auquel, finalement, bien peu de grands auteurs se sont essayé. Maupassant le fit pourtant avec bonheur, Hans-Christian Andersen, spécialiste du conte en général, sacrifia aussi à la jolie historiette de Noël mais Charles Dickens est celui qui a le plus marqué ce genre. Son Chant de Noël est même devenu le plus classique de tous les contes de Noël et Ebenezer Scrooge est devenu le symbole de la personne acariâtre qui n’aime pas la fête de Noël… Ce conte est sans cesse adapté pour le cinéma, il a connu plusieurs dizaines d’adaptation et on y fait allusions dans plusieurs films ou série. Mais aussi en dessins animés, notamment par Disney qui, en 1983, proposait une version avec ses personnages classiques, Mickey, Picsou, Pat Hibulaire, Donald Duck, Tic & Tac, Et autres Dingo ou Minnie… Cette version fut réalisée expressément pour les enfants ce qui n’est pas le cas, loin s’en faut, de celle proposée cet hiver par Robert Zemeckis.

A propos de l’œuvre de Dickens…

A l’origine, Un chant de Noël (A Christmas Carol en version originale) est une histoire imaginée par Dickens pour honorer une créance. Pour faire face à cette dette, il accepte d’écrire rapidement, en 1843, ce conte qui n’entre pas dans forcément dans ses envies. Le conte aurait du être écrit pour les enfants mais Dickens décide de faire du Dickens, c'est-à-dire qu’il rapporte, avec moult détails, la vie quotidienne des personnes mal aisées, voire pauvres, de son 19è siècle. Il y ajoute quatre spectres qui ont pour mission d’effrayer Ebenezer Scrooge afin de lui faire prendre conscience de la médiocrité de sa vie et ainsi changer sa mentalité inhumaine. L’histoire est simple mais cadre parfaitement avec l’esprit de Noël : Ebenezer Scroogge est donc un vieux monsieur acariâtre et avare qu’un rien énerve, surtout quand il s’agit de fête, de bonheur, d’altruisme. Méprisant Noël et surtout les dépenses que cette fête occasionne, refusant d’aider les délégués de l’orphelinat demandant quelques sous pour les enfants, le vieil avare se retrouve pour la veillée de Noël, grommelant et fulminant contre la terre entière. Scrooge reçoit, pendant la veillée, la visite de quatre personnages curieux : le fantôme de son ancien associé, Jacob Marley, et les trois esprits des Noël, passés, présents et futurs. Au bout de cette longue nuit de frayeur, de souvenirs, de réflexions, le vieil homme sortira de son égoïsme et de son dénuement affectif, tentant de mettre fin à la solitude dont il s’était entouré par peur de perdre son précieux argent, se réconciliant avec tous et particulièrement avec lui-même. Dans ce texte, Charles Dickens joue sur l’antagonisme entre la solitude et la tristesse de Scrooge qui n’aime pas la Noël et la chaleur humaine des familles qui, selon leurs maigres moyens, s’efforcent de s’offrir un beau réveillon. A travers ce conte, Dickens me t en exergue l’esprit qui devrait régner durant la période de Noël. Plus que jamais la (re)lecture de ce magnifique Chant de Noël de Dickens s’impose pour s’imprégner de l’esprit de Noël ! La vision du film de Robert Zemeckis est aussi à conseiller… mais pas pour les enfants sensibles.

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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