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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 10:23

Décidément, Carrefour m'encourage chaque jour un peu plus à privilégier le commerce de proximité !

proxi.jpgIl y a quasiment un an jour pour jour - c'était le 23 février 2010 - Carrefour Belgique annonçait la fermeture de 21 de ses enseignes et le passage à la trappe de 1672 emplois. Aujourd'hui, l'Administrateur Délégué de l'entreprise annonce fièrement un investissement annuel de 100 millions d'euros, sur trois ans, pour relifter ses grandes surfaces ! Selon Gérard Lavinay, l'Administrateur Délégué, cet investissement "se justifie car la vétusté des magasins a plombé l'image de Carrefour"(1). Je ne suis pas convaincu que les centaines de travailleurs de Carrefour Belgique qui ont perdu leur emploi en 2010 partagent cette avis... Et dans la lignée de ce lifting, Lavinay annonce aussi l'ouverture de plusieurs Carrefour Express, des magasins de proximité. "Nous comptons en ouvrir 25 cette année"(1), précise-t-il. On ferme, on ouvre, on licencie... bref on joue avec les travailleurs comme s'ils n'étaient, finalement, qu'une marchandise supplémentaires des stocks de Carrefour. Je sais qu'il y a le sacro-saint jeu du business, des bénéfices, des économies d'échelles, et caetera et que l'humain n'est plus, depuis longtemps, au centre des préoccupations des dirigeants d'entreprises mais cela prend de plus en plus souvent un tour grotesque ! Il est temps que le citoyen se rende compte que les grandes surfaces ne sont pas un réel avantage pour leur porte-monnaie, qu'elles détricotent le tissu social et que leur objectif principal est de garnir les comptes de multinationales prospères au détriment du bien-être de leurs travailleurs mais aussi de la qualité des produits qu'elles vendent. Acheter un fruit de première qualité dans une grande surface relève de la gageure et les hard-discount qui séduisent de plus en plus de monde sont des miroirs aux alouettes qui laissent croire qu'ils permettent de faire des économies et qui, par dessus le marché, proposent des produits infâmes noyés dans le sel et l'huile de palme !

Les Méditerranéens ont une réelle facilité à fréquenter les commerces de proximité et à les privilégier aux grandes surfaces lorsqu’il s’agit d’acheter des denrées alimentaires. En clair, l’Italien et l’Espagnol (ndlr je n’évoque que ces deux nationalités parce que ce sont des pays que je connais bien, dans lesquels je voyage souvent et que j’ai donc constaté de visu) achètent leur viande à la boucherie, leur pain à la boulangerie, leur viennoiserie et gâteaux dans une pâtisserie, leurs légumes chez un maraîcher… tandis que chez nous, dans les pays plus au nord, le consommateur favorise les grandes surfaces pour faire ses courses. C’est une question économique entends-je parfois ! Cela reste à voir… Depuis deux ans je fais mes emplettes, le chez les commerçants de mon quartier au centre-ville. L’avantage est que si j’ai besoin ou envie de deux tranches de jambon ou d’un petit morceau de fromage, le boucher ou le fromager me les donne… alors qu’en grande surface, de plus en plus de produits son préemballés et obligent à prendre le jambon tel quel ; s’il est par quatre tranches, j’en aurais quatre même si je n’en ai besoin que de deux… Ma maman, qui est veuve et qui vit seule, est souvent embêtée en grande surface car les portions prévues s’entendent souvent pour deux ou 4 personnes aussi, par mesure d’économie et pour ne pas jeter ce dont elle n’a pas le besoin, elle privilégie aussi le commerce de proximité où elle est, en plus, davantage considérée qu’en grande surface. Pour le pratiquer régulièrement depuis une paire d’année, je suis convaincu que, si l’on achète effectivement ce dont on a besoin, le commerce de détail n’est pas plus onéreux, en termes de produits alimentaires, que les grandes surfaces. Et comme le contact humain y est davantage développé, nous serions tous – nous consommateurs dopés à grands coups de (fausses ?) promotions qui nous incitent à consommer davantage – bien plus avisés de favoriser le commerce alimentaire de proximité !

D’autant plus que cela permettrait aux petits commerçants de survivre et conserverait davantage de vie dans les villes, dans les quartiers et dans les villages, comme c’est le cas en Italie et en Espagne… Depuis quelques années, on constate en Belgique une légère recrudescence du commerce de proximité. Elle est liée, incontestablement, aux petites surfaces mises en place par les grands groupes de distribution (Proxy Delhaize, Carrefour Express, Shop ‘n Go…) mais, de plus en plus, dans les grandes villes belges on voit des «petits commerçants» (boulangers, bouchers, épiciers, maraîchers, …) retrouver aussi des clients. Prendre sa voiture pour aller en périphérie dans les hypermarchés devient un geste de plus en plus onéreux, cela contribue également à ramener les consommateurs vers le commerce de proximité. Encore faut-il, pour cela, ne pas vivre dans des petits villages perdus à Perpète-les-Oies où le commerce de proximité est mort depuis longtemps…

 

Selon le SPF Economie, le Belge dépense en moyenne 29,05€(2) par semaine pour ses achats alimentaires. Une famille lambda de 4 personnes (les parents + deux enfants) dépense dont pour se nourrir 116,20€ par semaine… Elle les dépense toujours en majorité en grande surface ; c’est dommage ! Je ne dis pas qu’il faut proscrire totalement les grandes surfaces de nos lieux d’achats, certainement pas, mais bien que nous devrions mieux cibler nos besoins et ne pas les acquérir systématiquement dans les grands magasins ! Pour un grand éventail de produits de consommation courante, et notamment en matière alimentaire, le petit commerçant du coin doit, selon moi, garder la priorité. Il propose des produits de meilleure qualité, souvent encore artisanaux ou faits maison (c’est le cas dans bien des boulangeries, des boucheries et des pâtisseries), moins chargés en sel et en graisse que les produits manufacturés des grandes surfaces. A cette qualité de produits s’ajouter, dans l’escarcelle du commerce de proximité, un contact social plus fort mais aussi un plus écologique indéniable. Enfin, qu’il me soit permis de le répéter, le commerce de proximité n’est pas forcément plus cher que les grandes surfaces… si les achats que l’on y fait sont dictés par l’intelligence.

 

Clairement, dans mon chef, la politique de Carrefour fait beaucoup pour la fréquentation des commerces de proximité ! Il m’apparait de plus en plus sain de privilégier les petits commerçants que les multinationales de la distribution… C'est peut-être ça, finalement, le retour du positif ?


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(1) Carrefour : 100 millions d'euros par an pour la transformation des magasins, on Lameuse.be, 17 février 2011
(2) source : Service Public Fédéral (SPF) Economie, chiffres 2008

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Published by Olivier Moch - dans Humeurs
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commentaires

point tiret exclamation 18/02/2011 07:34


Je trouve que la réflexion en matière d 'achats est la mieux appropriée. Il est évident que nous devrions favoriser les commerçants de quartier, au lieu de continuer à enrichir des patrons de
grandes surfaces, qui nous vendent de la M...Puis il y a cette façon de vendre qui quelque part heurte ma sensibilité de consommatrice:

- De longues allées vident, qui nous présentent, leurs marchandises exposées, telles que des richesses.

-si vous ne savez "que choisir" à vous de vous débrouiller, je suis là en tant que tentatrice, vous avez voulu...Donc achetez, même les articles inutiles à votre quotidien.

A la fin du mois quand je regarde mon compte en banque et que je fais des comparaisons d'achats entre grande surface et commerçants, je peux vous assurer que j 'ai dépenser moins en allant faire
mes achats chez les commerçants de mon quartier.


Olivier Moch 18/02/2011 09:11



Plus social, plus écologiques et pas forcément plus onéreux ! Les commerçants de quartier sont sympas, je suis d'avis qu'il faut les privilégier pour les produits de bouches.