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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 09:20

Construit entre 1764 et 1790, le Panthéon subit les outrages du temps qui passe

le-pantheon-parisIl trône, superbe et majestueux dans le plus pur style néo-classique, sur une place éponyme au milieu du 5è arrondissement de Paris, véritable temple républicain à la mémoire des Grands Hommes de la France. Mais du haut des huit décamètres de sa coupole, il s'effrite offert à l'usure du temps, dégradation naturelle des bâtiments construits pour durer. Oh, le Panthéon n'est pas encore à classer au rang des chefs d'oeuvre en péril mais si l'on n'y prend garde, il grossira bientôt cette liste.

 

Construit pour être à l'origine une église dédiée à Sainte-Geneviève, le bâtiment fut, à peine terminé, détourné de ses fins originelles. La Révolution venait d'éclater et un décret de l'Assemblée Nationale Constituante le commua en monument laïque à la mémoire des Grands Hommes. Les motifs religieux sont ôter et remplacer par un symbole révolutionnaire au fronton. Ce n'est là que le premier des travaux qui se grefferont, au fil de l'histoire, sur la construction originelle. En effet, tant sous l'ère napoléonienne que sous les Restauration, la Monarchie de Juillet, la Commune de Paris ou les quatre premières Républiques, le Panthéon subira moult changements. Il redevient église par la volonté de Napoléon, on lui ajoute des bas-reliefs ou un escalier monumental, on aménage la chapelle, on refait les peintures intérieures pour évoquer l'Histoire de l'Humanité ou on l'agrémente d'artifices qui en font la beauté aujourd'hui. Mais ces chantiers successifs ont aussi probablement entamé la solidité de l'édifice.

 

Telle la goutte de café qui ronge lentement le carré de sucre sur lequel elle tombe, le temps a grignoté le Panthéon. Il s'érode, lentement mais sûrement, il s'érode. L'oeil non avisé n'en prend pas encore vraiment la mesure mais celui de l'expert voit le ravage des ans. Dans les fondations, l'architecte Jacques-Germain Souflot avait assuré la stabilité de l'édifice par de la pierre armée mais les tractions du bâtiment commencent à avoir raison de la solidité et de la stabilité de l'oeuvre. La pression fait éclater certaines agraphes qui solidarisent les pierres et quelques blocs commencent à éclater. Le Panthéon se fissure ! Dans la coupole, magnifique triple coupole étudiée pour laisser une circulation maximale à la lumière du jour, les parois se dégradent inexorablement. A l'extérieur, le péristyle, directement inspiré des temples grecs, est fatigué, lassé des attaques du temps et des éléments, pareil pour le dôme dont la couverture de plomb est usée. Il est temps, grand temps, d'entamer la restauration de ce temple exceptionnel. D'autant plus qu'à l'usure du temps s'est ajoutée la fameuse tempête de décembre 1999 qui avait arraché certaines parties de la toiture.

 

Selon une estimation du Service National des Travaux, il faudrait dégager 100 millions d'euros, sur dix ans, pour finaliser la restauration du Panthéon. Certains chantiers apparaissent comme urgent, celui de la triple coupole notamment dont les milliers de tonnes pèsent sur une structure fragilisée. Rien que ce chantier délicat pompera le dixième du budget prévisionnel.

 

Mais le Panthéon est une forme de mémoire de la France, les plus Grands Hommes de la Nation y sont enterrés, de Rousseau à Jaurès en passant par Hugo, Zola, Dumas, Condorcet, Bougainville, Ordener, Pierre et Marie Curie, Jean Moulin, Voltaire ou Malraux... Le Panthéon est un outil de culture, à une époque ou celle-ci à tendance à foutre le camp ils sont encore 30.000 élèves ou étudiants à avoir visiter le Temple des Grands Hommes en 2009. Ce sont quelque 640.000 visiteurs au total qui ont franchi les portes de l'édifice l'an passé. Et puis la vue à 360° sur le coeur du Paris Historique, rien qu'elle, vaut la peine de s'intéresser au Panthéon. Oui, assurément, il faut vraiment débloquer les 100 millions utiles pour assurer la pérennité du Panthéon !

 

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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