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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 06:35

Il y a 20 ans, André Cools, Ministre d’Etat et homme fort du PS, était assassiné sur les hauteurs de Liège…


cools.jpgL’assassinat d’un homme politique de premier plan reste toujours un événement extraordinaire (ndlr au sens propre du terme, c’est à dire qui sort de l’ordinaire, qui n’est pas fréquent). Le 18 juillet 1991, André Cools était la seconde personnalité politique – 41 ans après Julien Lahaut – à tomber sous les balles. Vingt ans après cet assassinat, peut-être est il opportun de resituer un tant soit peu la personnalité d’André Cools ? Ministre d’Etat, Président de la Fédération Liégeoise du Parti Socialiste, Président national du Parti Socialiste, Bourgmestre de Flémalle, une commune ouvrière en périphérie de Liège, André Cools était un vrai cador de la politique. Sa personnalité, sa stature, son autorité naturelle et sa faconde en ont fait un homme à la fois respecté, craint et haï... Socialiste atavique, ses deux grands-pères étaient mineurs et ses parents s’occupaient de la Maison du Peuple de Flémalle. A cinq ans, il défile avec des milices socialistes contre fascisme et devient la mascotte de la fanfare ouvrière locale. Né le 1er août 1927 dans un creuset ouvrier, il en restera imprégné toute sa vie durant. Bon élève, il interrompt pourtant ses études au terme du niveau secondaire même s’il s’essaya à l’université dans les facultés de médecine et de droit, mais sans grand succès et surtout sans grande passion... Une des blessures de son adolescence reste l’exécution, à Mauthausen, de son père qui fut déporté pendant la seconde guerre mondiale...

Il entre dans la vie professionnelle comme receveur à la Commission d’Assistance Publique (ndlr ancêtre du Centre Publique d’Aide Sociale, CPAS, d’aujourd’hui), en 1948. Depuis tout petit, il baigne dans la révolte, du sang d’ouvrier coule dans ses veines. C’est donc le plus normalement du monde qu’il milite au PSB, le Parti Socialiste Belge. Il s’engage dans des combats sociaux aux côtés de personnalités comme Freddy Terwagne, Jacques Yerna et, surtout, le syndicaliste André Renard avec qui il partage bien plus qu’un prénom... Son charisme et sa disponibilité lui permettent de décrocher un premier mandat, en 1958 il devient Député. Mais déjà se profile à l’horizon les événements de 1960 ; la grève générale qui paralyse toute la Belgique durant l’hiver. En cause, la Loi Unique proposée par le gouvernement chrétien/libéral et la situation socio-économique précaire due, en grande partie, au malaise dans les charbonnages du pays... Là encore, André Cools s’investit, donne de sa personne pour faire entendre la voix de son parti. En 1964, il est plébiscité par les Flémallois et devient Bourgmestre de sa bonne ville, il le restera pendant 25 ans... Quatre année plus tard, alors que la Belgique de déchire de plus en plus pour des questions linguistiques, André Cools devient Ministre du Budget ; il accède même à la fonction de Vice-Premier Ministre en 1969.

En 1973, Edmond Leburton délaisse la Présidence du PSB pour occuper un très éphémère siège de Premier Ministre. André Cools saisit l’opportunité pour endosser la présidence, conjointement avec le flamand Karel Van Miert, de son parti. Mais les années ’70 sont difficiles ! Les finances publiques sont au plus bas ce qui débouche sur une instabilité gouvernementale notoire. Cools se fait l’apôtre de l’austérité, mesure difficile à assumer s’il en est pour un homme politique, ce qui lui vaut des affrontements verbaux aussi fréquents qu’homériques avec les syndicats de gauche. En outre, la crise économique crée des dissensions importantes entre socialistes wallons et flamands. Ces tensions vont jusqu'à une scission, en 1978, du PS en deux partis socialistes : le PS (Parti Socialiste) francophone, et le SP (Socialistische Partij), néerlandophone. André Cools devient alors le premier Président des Socialistes wallons ! Mais, à l’aube des années ’80, la conjoncture ne lui plus vraiment favorable. La situation catastrophique de la sidérurgie belge - ajoutée à l’affrontement qui avait opposé Cools au syndicat socialiste dans la décennie précédente - a entamé sérieusement les relations avec les autres composantes de la gauche francophone. «Le Maître de Flémalle» est bientôt minorisé dans son parti et il en cède les rênes de la présidence à Guy Spitaels, son antithèse politique...

André Cools endosse alors la Présidence du Conseil Régional Wallon d’une Belgique plus que jamais divisée politiquement et géographiquement. Parallèlement, il reçoit le titre honorifique de Ministre d’Etat. Cependant, il faut avouer que ces deux casquettes ressemblent fort à une semi-retraite politique. La crise politique qui touche la Belgique en 1987 le sort de sa léthargie. André Cools voit là une occasion de remettre le PS au pouvoir après des années de gouvernement catholico-libéral... A côté de cela, une guerre intestine mine fortement la Fédération liégeoise du Parti Socialiste à laquelle appartient André Cools. Les clans se forment et la fédération se divise... Battu lors de l’élection pour la présidence de cette entité, Cools accepte alors le maroquin ministériel des Pouvoirs locaux, des Travaux subsidiés et de l’Eau au niveau régional. Désormais, il consacre son énergie à travailler pour la Wallonie uniquement. Symboliquement, le 1er mai 1990, il cède ce portefeuille à celui qu’il voit comme son fils spirituel, Alain Vanderbiest, pour se consacrer à l’administration de plusieurs grosses sociétés liégeoise, Meusinvest, Neos et, surtout, la SMAP. Un beau matin du mois de juillet 1991, alors qu’il sort, avec celle-ci, de l’appartement de sa compagne sur les hauteurs de Liège, il est froidement abattu par deux tueurs à gages. C’est le début d’un dossier politico-judiciaire platement intitulé «Le Dossier Cools»...

Homme fort, ivre de pouvoir mais au grand cœur ; tribun exceptionnel à la métaphore aisée et au verbe tonitruant ; boulimique de travail ; revanchard et haineux mais attaquant toujours de face... tel était André Cools, adulé ou détesté ! Plus détesté qu’adulé semble témoigner la fin peu enviable que lui ont réservé certains !

Sources :
- http ://www.ps.be
- http ://wwwlalibre.be
- http ://www.lesoir.be
- http ://www.monarchie.be
- http ://www.wallonie-en-ligne.net

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