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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 10:34

Fin octobre 1929, le krach boursier de New York.

wallstreet_1014938c.jpgLes années '20 marquent une forte expansion économique aux Etats-Unis. Sur cette décennie, la production industrielle nationale connait une croissance de 50%. Evidemment, les bourses américaines suivent une courbe d'évolution assez similaire; on note, pour la bourse de New York, une hausse annuelle de 18% entre 1921 et 1929. En 1926, Wall Street met en place un nouveau système d'achat à crédit d'actions boursières, les investisseurs peuvent ainsi acheter des titres et des valeurs avec une couverture de seulement 10%. C'est à dire que pour un achat de mille dollars d'actions, ils ne déposent réellement que cent dollars. Rapidement se crée une bulle spéculative autour de ce système d'achats à crédit; beaucoup d'Américains se ruent sur les titres boursiers. Cette ruée entraine une augmentation des cours boursiers mais les actions augmentent beaucoup plus vite que le profit des entreprises qui les génèrent. La production industrielle, pourtant en croissance, grimpe moins vite que les actions quant aux salaires, ils ne suivent pas la courbe ascendante. L'achat d'action à crédit semble, pour beaucoup, un moyen intéressant de compenser la non-indexation salariale... L'idée majeure est de revendre rapidement ces actions avec une forte plus-value (ndlr on imagine pas le contraire dans cette période économiquement forte). A l'aube de l'année 1928, pressentant un fort ralentissement de l'économie, le financier Charles Merrill recommande que cessent les achats d'actions à crédit. Cette recommandation concernent les particuliers qui s'endettent pour spéculer mais aussi les entreprises qui distillent les capitaux davantage vers la bourse plutôt que vers l'économie réelle, avec un risque sérieux d'asphyxie. La bourse de New York plafonne à 120% et l'indice Dow Jones culmine, début septembre, à 381.17 points son plus haut niveau alors jamais atteint (ndlr il était à peine à 300 points en janvier 1929). Le décor est planté pour le krach !

Sensibilisés à un éventuel ralentissement économique par Merrill, les possesseurs d'actions à crédit entament une vente massive entre le 18 et le 23 octobre. Au début, il se trouve des acheteurs et les premiers à vendre peuvent engendrer des bénéfices mais rapidement devant l'offre pléthorique d'actions à la vente, les cours baissent. Le jeudi 24 octobre 1929, en matinée il n'y a presque pas d'acheteurs malgré que les les cours soient très bas. Alors, les cours s'effondrent ! L'indice Dow Jones dégringole, avant midi il a perdu 22% de sa valeur de la veille. Les actionnaires effrayés tentent d'entrer massivement dans la bourse mais les forces de police qui avaient été placées là par mesure de sécurité les empêchent d'entrer. Cela tourne à l'émeute et les rumeurs sur le suicide de plusieurs traders commencent à circuler. Le mouvement s'amplifie à travers les Etats-Unis; les bourses de Chicago et de Buffalo ferment les premières, New York suit... Les banquiers New Yorkais, réunis en urgence à la banque Morgan, tentent de minimiser l'ampleur des dégats et affirmant que les cotations en chute ne représentent pas la situation réelle. Ils annoncent aussi que les banques vont soutenir les cours boursier. En effet, plusieurs banques achètent massivement des parts sur le marché de l'acier ce qui relance les cours. En fin de journée, Wall Street clôture sur une perte limitée à deux pourcents. Le vendredi 25 octobre et le samedi 26 octobre, le marché est stable, le plus dur est passé se dit-on. Mais les très nombreux actionnaires qui ont emprunté de l'argent pour spéculer se disent qu'ils doivent se débarasser au plus vite de leurs titres et parts divers pour éviter la faillite personnelle. Le lundi 28 octobre 1929, dès l'ouverture de la bourse c'est un déchainement de ventes. Sur cette journée, qui prendra le nom de Black Monday (Lundi Noir), ce sont 9.250.000 de titres qui circulent sur le marché américain. L'offre est importante, la demande est faible... les cours, selon les lois du marché, partent à la baisse. Le Dow Jones chute à nouveau sous la barre de 261 points. En moins de deux mois, il a perdu 31,5% de sa valeur passant de 381.17 points à 260.64 points. Les titres de société ayant pignon sur rue comme General Electric, Eastman Kodak, Westinghouse, Montgomery Ward et US Steels perdent quasiment l'ensemble de leur valeur. Cette fois, les banques américaines n'interviennent pas, misant peut-être sur une autorégulation. Le lendemain - Black Tuesday - le volume de titres échangés dépasse les 16 millions. Le Dow Jones tombe à 230.07 et les bourses américaines perdent, en une seule journée, l'équivalent d'une année de gains... Ce mardi 29 octobre 1929 est considéré comme le jour le plus dévastateur de l'Histoire des bourses. La situation boursière reste tendue jusqu'à la mi-novembre; entre le 24 octobre et le 13 novembre 1929, soit sur la durée du krach, l'indice Dow Jones passe de 326.51 à 198.69 points soit une chute de 39% qui correspond à une perte financière de 30 milliards de dollars... dix fois le budget national américain de l'époque !!!

Le krach de 1929 engendre une déflation telle que les Etats-Unis n'en n'ont jamais connu. Cette déflation entraine une chute drastique de la consommation mais aussi une chute des investissements. Pas de consommation et pas d'investissements, les Etats-Unis entre dans une époque de Grande Dépression qui se prolongera jusqu'à la seconde guerre mondiale. La crise boursière est devenue bancaire, les banques font faillite les unes après les autres (773 au total entre 1930 et 1932) et les entreprises qui n'ont plus d'appui financier et qui ont vu leur avoirs bancaires disparaitre doivent aussi mettre la clé sous le paillasson laissant sans travail des millions de travailleurs dans tous le pays. Après l'effondrement du système bancaire, en 1932, le pays est exsangue et sans liquidité. L'année suivante, le pays compte un taux de chômage de 24,9%, un Américain actif sur quatre (soit 13 millions de personnes) est sans travail. On recense aussi quelque deux millions de sans-abris... Les grèves et les manifestations éclatent, elles sont souvent violentes mais le peuple à faim. Le secteur textile est à l'arrêt tandis que la grande sécheresse et les tempêtes de poussière ravagent le secteur agricole. La misère s'installe rapidement sur les Etats-Unis... Franlkin D. Roosevelt tente de relancer l'économie par son fameux New Deal, un programme d'aide et de soutien aux couches les plus défavorisées de la population. S'il y a un léger mieux, il faudra attendre l'entre des Etats-Unis dans le second conflit mondial pour relancer solidement l'économie du pays. Ce n'est que le 23 novembre 1954, soit 25 ans après le krach, que l'indice Dow Jones remonte au dessus de sa valeur d'avant le krach...

 Hitler, un effet papillon du krach de Wall Street ?

Les banques américaines ont énormément d'intérêts dans les banques et les bourses européennes. La répercution est donc inévitable. Les échanges économiques internationaux avec les USA sont en baisse et les banques européennes perdent de l'argent. C'est, en fait, le système économique mondial qui est frappé par le krach de Wall Street. La France, l'Allemagne, l'Italie et la Grande-Bretagne sont les nations européenens les plus durement touchées. En Allemagne, le taux de chômage atteint aussi 25% à cause de la crise financière et la déflation laisse la population au bord du précipice. Adolf Hitler profite de la situation économique catastrophique pour se faire élire le plus naturellement du monde à la tête de l'Allemagne. Il promettait dans sa campagne électorale de venir à bout de la crise ! Le pire criminel de tous les temps serait-il arrivé au pouvoir si l'Allemagne n'avait pas connu une crise liée au krach de Wall Street ?

 

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Published by Olivier Moch - dans Le monde est fou !
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commentaires

testing omni tech support 20/10/2014 14:26

This is the real story of what happened when the stock market crashed in the city of New York. This is one field that our expectations are more and if this one crashes this surely turn the history.

Le Webzine de l'Histoire 02/11/2011 08:54


Merci pour ce rappel synthétique des mécanismes ayant conduit au krach de 1929.
Pour répondre à la question posée à la fin de ton article, je pense que la crise a été l'UN des facteurs ayant permis l'ascension d'Hitler au pouvoir. Les nazis ont certes prospéré sur un terreau
favorable à partir de 1929-1930 mais il ne faut pas oublier que l'Allemagne avait déjà traversé une période sur le plan économique et social très difficile et qu'à ce moment-là le NSDAP ne devint
pour autant pas une force politique avec laquelle compter. Ensuite, le sentiment d'injustice ressenti par les Allemands après le "diktat" de Versailles et exploité par les nazis a été très
important. Enfin, il faut mentionner le discrédit jeté sur la jeune république de Weimar, aux prises avec la crise et touché par une crise politique née des succès du parti nazi aux élections.


Olivier Moch 02/11/2011 13:22



Merci pour ces précisions !