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22 juillet 2003 2 22 /07 /juillet /2003 13:59

En respectant un pacte tacite de non agression d’un leader au sol, Jan Ullrich a probablement perdu une bonne partie de ses chances de gagner le Tour de France...

luzardiden.jpgPour les amateurs de cyclisme, ce Tour du Centenaire est une aubaine ! Cela fait plusieurs années qu’un tel spectacle n’avait plus été offert sur les routes de France. Il faut probablement remonter à 1990, et au duel LeMond/Fignon sur les Champs Elysées (ndlr victoire finale pour LeMond avec 8 secondes d’avances...) pour retrouver autant de suspens... Encore que dans la 15è étape de ce Tour 2003, Armstrong ait fait un grand pas vers le succès. Pas un pas décisif, non mais un pas important certainement ! Alors qu’Armstrong chutait dans l’ascension finale vers Luz Ardiden, Ullrich choisissait de l’attendre, faisant preuve du plus élégant des fair-play. Et pourtant, lorsque l’on connaît l’enjeu, rien ni personne n’obligeait finalement le coureur allemand à patienter... En effet, alors qu’il roulait un peu trop près du bord de la chaussée, Armstrong a accroché son frein droit dans une musette que tenait un enfant (on le répète chaque année sur le Tour, surveillez vos enfants, bon dieu !)... Arrivé en bout de course, la lanière de la musette s’est tendue soulevant le guidon de «King Lance» et le projetant au sol. Iban Mayo, qui suivait à la roue n’a pu éviter la chute, heureusement sans grand mal pour les deux hommes... Au prix d’un écart et d’un trait de lucidité remarquables, Ullrich parvenait à rester sur ses roues et à ne pas percuter le duo d’hommes au sol. Premier changement de rythme pour Ullrich... Le reste des hommes forts, relégué à quelques mètres constatait avec stupeur la situation : Armstrong au sol et Ullrich seul devant ! Le Tour de France venait-il de basculer en même temps que son leader ? Non, car immédiatement, Ullrich se retourne pour constater les dégâts. Il voit qu’Armstrong se relève et il décide de ralentir pour l’attendre. Quelques minutes plus tard, toutes les oreillettes chauffent de concert ; Armstrong vient de déchausser en plein effort alors qu’il revient sur les hommes de tête qui l’attendent, regroupés quelques dizaines de mètres plus haut... Tyler Hamilton neutralise la course en faisant signe de ralentir encore. Deuxième changement de rythme pour Ullrich...

Finalement, Armstrong revient dans le groupe avec une rage décuplée. Il répond rapidement à une attaque d’Iban Mayo avant de le laisser sur place et de s’envoler vers la victoire. Troisième changement de rythme pour Ullrich... Au décompte final, l’Américain reprend 40 secondes à l’Allemand. Bien sûr, le Tour n’est pas fini mais Armstrong a retrouvé ses jambes et a repris un ascendant moral qui devrait l’avantager jusqu’au terme...


En respectant le pacte tacite de non-agression d’un leader au sol, Jan Ullrich a probablement sacrifié de grandes chances de victoire finale... «Armstrong était trop près des spectateurs et c'est un peu de sa faute mais il était normal que j'attende, je n'ai jamais attaqué un homme à terre, ce n'est pas mon style !» expliquait Ullrich à Luz Ardiden. Ce geste de fair-play est beau mais risque de coûter cher ! Parce qu’en fin de compte, Ullrich n’a rien à voir dans la chute et les trois changements de rythme lui auront été fatals, lui qui déteste cela et qui monte en accélérant progressivement, à l’inverse des vrais grimpeurs. Armstrong serait-il revenu si Ullrich n’avait pas attendu ? Oui, probablement mais l’écart à l’arrivée n’aurait pas été si important ! Par contre, si le geste d’Ullrich est considérable, il convient aussi de mettre en avant la médiocrité du comportement d’Iban Mayo qui a sprinté volontairement pour priver Ullrich de la seconde place et des douze secondes de bonification offertes. En terminant troisième, l’Allemand ne prend que huit secondes soit quatre de perdues dans un duel qui n’a plus été aussi serré depuis longtemps. Depuis le début des Pyrénées, Ullrich emmène les Espagnols orangés, ceux-ci ne se contentant que d’escarmouches finalement peu constructives. Alors qu’il n’a plus rien à espérer au général à cause du dernier contre-la-montre, il m’est avis que Mayo aurait du laisser la deuxième place à Ullrich ! Quatre secondes, parfois, cela peut compter dans la vie d’un cycliste...

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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