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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 10:04

Le test de français "obligatoire" pour les nouveaux étudiants de l'ULg le confirme... beaucoup trop d'entre eux présentent des lacunes,  la moyenne générale est de 11/20 !

ULG01.jpgIl y a un an nous évoquions ici le grave déficit d'une kyrielle d'étudiants de l'Université de Liège (ULg) en français (lire à ce propos Pas la moyenne en français !); la situation était dramatique, comment des étudiants - dont le français est la langue maternelle - peuvent-ils frapper à la porte de l'université sans avoir une maîtrise correcte de la langue française ? Faut-il s'étonner que les Wallons ne parlent pas, au grand dam de certains Flamands, le néerlandais s'ils sont incapables d'être à niveau dans leur langue maternelle ? Le problème majeur se situe dans la compréhension de la langue écrite. Pour remédier à cette situation, l'ULg entendait mettre en place un test de français obligatoire pour les étudiants bacheliers de la rentrée académique 2010-2011. Ca a été fait ! Les quelque 5000 nouveaux étudiants de l'université liégeoise ont reçu ce test obligatoire, tout comme ceux qui entraient dans les trois Hautes Ecoles de la Province de Liège. Encore faut-il s'entendre sur le sens du terme "obligatoire" car pour l'ULg test obligatoire signifie que les étudiants ne sont pas obligés d'y répondre mais bien de signaler qu'ils ont vu que ce test existe, comme l'explique une Responsable de l'Institut Supérieur des Langues Vivantes au quotidien Liégeois La Meuse(1). Je n'ai pas tout à fait la même notion du mot obligatoire qui, pour moi signifie que l'on ne peut pas y échapper. Cependant, il convient de préciser que malgré que ce test obligatoire ne l'était, finalement, pas vraiment, ce sont quand même 3757 étudiants l'ULg qui l'ont rempli ainsi que 2268 étudiants des Hautes Ecoles.

La moyenne de ce test de français, pour les étudiants de l'ULg, est de 11/20 c'est à dire que, comme l'indique la pondération des notes pour les critères de délibération, cette moyenne situe les étudiants en échec...
ULG02
Les pires scores réalisés par les nouveaux étudiants de l'ULg l'ont été en compréhension de textes où la moyenne est de 9,6/10 et encore le texte qui leur a été proposé évoquait Facebook, un sujet qui est censé les toucher voire les intéresser. Je n'ose imaginer, si cette compréhension de texte avait porté sur un extrait de A l'ombre des Jeunes filles en fleurs, de Proust, de La ballade des Pendus, de Villon, ou de L'Assomoir de Zola, ce qu'auraient été les résultats.

La moyenne en français des nouveaux étudiants de l'ULg est donc sous la barre de l'acceptable cette année. Pour près d'un quart d'entre-eux, la situation s'apparente même à un échec grave, c'est à dire moins de 8/20 ! Lorsque je lis dans la presse de ce matin que le taux de réussite du Certificat d'Etudes de Base (CEB) est au-delà de 91%, je me dis qu'il y a un gros problème en cours de chemin. Comment se fait-il que neuf élèves sur dix sortent aisément de leurs études primaires et que ceux qui entrent à l'université ne maitrisent pas suffisamment leur langue maternelle ? Cela signifie-t-il que le niveau primaire est trop faible ou bien que ce qu'il y a entre les deux - c'est à dire les études secondaires - ne sont pas efficaces ? On peut raisonnablement le penser ! Clairement, à tous les niveaux du système scolaire belge, les critères d'exigence sont à revoir... Il ne devrait pas être permis de sortir du secondaire avec des lacunes en orthographe, en grammaire ou en compréhension de texte; tout comme l'université ne devrait pas autoriser l'entrée d'étudiants qui présentent un test de français sous la moyenne ! Mais l'ULg a proposé des solutions à ses étudiants qui n'avaient pas obtenu la moyenne à ce faux test obligatoire... Trois solutions : l'autoformation (en clair vous n'êtes pas capables, démerdez-vous !), un cours sur internet et un cours du soir de remédiation de deux heures par semaine durant un quadrimestre. Qu'en est-il advenu ? Pour ceux qui ont opté pour l'autoformation, on n'a forcément pas de nouvelle mais on sait que seuls trois étudiants se sont inscrits aux cours en ligne et qu'une seule était présente à la séance informative des cours du soir qui n'ont, évidemment, pas eu lieu !

Faut-il rappeler qu'un quart des étudiants - soit plus de 850 - étaient en échec grave ?
L'ULg a donc laissé une quantité importante d'étudiants qui ne maitrisent pas le français - la langue dans laquelle sont donnés les cours ! - suivre leur cursus. C'est irrationnel ! C'est une hérésie... c'est même une connerie ! Il me semble tellement plus intelligent de contraindre les étudiants qui n'avaient pas la moyenne en français à suivre une remédiation plutôt que de leur laisser le choix. Pour ceux-là, ç'aurait du être la remédiation ou pas d'entrée à l'université. A l'heure actuelle, il est impensable de confier un poste à responsabilités à un non-universitaire - quelle erreur ! -, dans quelques années ce sont donc ces handicapés de la langue française à qui l'on confiera donc des postes à responsabilités. C'est une forme de nivellement par la bas !

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(1) Moyenne du test de français à l'ULg : 11/20, par Luc Gochel, in La Meuse, 30 juin 2011, p. 6

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Published by Olivier Moch - dans Le monde est fou !
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