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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 14:15

Le 13è Tour de France de Lance Armstrong est, c’était à prévoir, celui de trop !

 

lance.jpgDepuis le début de ce Tour de France, le septuple vainqueur de l’épreuve passe totalement inaperçu. Les seuls moments où on le voit est lorsqu’il est sur le bitume… Assurément, il fait le Tour de trop, celui qu’il n’aurait jamais du faire. Voici la Ballade – avec deux L, au sens de complainte et non pas de promenade avec un seul L – de Lance Armstrong.

 

Lorsqu’en 2005, alors qu’il conquiert son septième sacre sur la Grande Boucle, il annonce sa retraite, à 34 ans, c’est un grand champion qui s’en va. Armstrong, on aime ou on n’aime pas ! Je n’ai jamais été un fan du Texan mais c’est un grand champion. En plus de ses sept victoires sur le Tour de France, Armstrong a été Champion du Monde et s’est forgé un palmarès qui va bien plus loin que la Grande Boucle sur laquelle d’aucuns lui reprochent de s’être exclusivement concentré(1). Il y a des suspicions qui planent au-dessus de lui ? Certes mais si vous êtes un assidu d’Acta Diurna vous connaissez mes positions sur le dopage dans un sport-spectacle-business, quel qu’il soit (sinon lire ici). Lorsqu’il annonce son retour à la compétition avec un double objectif – celui de gagner un huitième Tour et de faire la promotion de sa fondation contre le cancer – je m’étais dis que c’était, surtout, pour ce second idéal qu’il revenait, je ne voyais pas l’Américain faire jeu égal avec Andy Schleck et Alberto Contador ni même avec Cadel Evans. La pression qu’il a mise sur son équipier Contador sur les routes de France me heurta car elle se faisait au détriment de la cohésion de l’équipe et, par corollaire, au détriment de la victoire de l’Espagnol. Celui-ci prouva qu’il était le plus fort et Armstrong du se contenter d’un rôle de faire-valoir. Mais il convient de saluer que sa dernière semaine sur le Tour 2009 fut de très bonne facture et qu’elle lui permit de grimper sur le podium, à la troisième place, pour un come-back somme toute réussi…

 

Avant même la fin du Tour 2009, Armstrong annonçait son intention de monter de toutes pièces une nouvelle formation américaine autour de lui pour gagner un huitième Tour de France en 2010. Et ce come-back réussi glissa lentement vers une obstination inutile. Avec son podium de 2009, après 4 années d’absence, Lance Armstrong avait marqué les esprits et fait une super promotion à sa fondation… Avec son Tour totalement raté en 2010, cela s’apparente maintenant à une contre-publicité pour lui et sa fondation. Il a débauché une grande partie de l’équipe de Contador dans l’unique dessein de déforcer l’Espagnol et de s’offrir, à 38 ans, un succès de prestige et de vanité.

 

Mais le Texan n’a, semble-t-il, pas tenu compte du paramètre de l’âge ! A 38 ans, il n’a tout simplement plus les moyens de ses ambitions. Depuis le début de ce Tour de France, il se balade plus qu’il ne concourt, il folâtre davantage qu’il ne roule. Dès que la pente arrive, il s’efface pour terminer au petit bonheur la chance à un train de sénateur. A aucun moment depuis Rotterdam il n’a été à la hauteur de ses ambitions, certains évoqueront ses chutes qui pourraient avoir mis un frein à ses ardeurs mais ces chutes sont, elles aussi, révélatrices d’un manque de forme et de motivation. Ces chutes à répétition ne sont pas un frein à ses ardeurs mais bien la conséquence de son manque d’ardeur ! On a souvent vu, sur ce Tour, l’Américain mal placé dans le peloton et être retardé par les chutes ou pris dans les chutes. Il le sait mieux que quiconque, pour éviter les chutes et leurs conséquences il faut se trouver au début du peloton. Il n’a pas souvent appliqué ce principe, cela explique qu’il ait été aussi souvent au tapis. Et puis, il y a la réaction par rapport à la chute ; elle fait partie du job et on ne peut pas toujours l’éviter. Rappelez-vous, en 2003, dans le Tourmalet. Armstrong est sous la menace constante de Jan Ullrich et en plein effort dans le col mythique des Pyrénées, il accroche sa poignée de frein dans la musette-cadeau qu’un spectateur a reçue de la caravane publicitaire. Armstrong est au sol, il se relève et repart mais quelques mètres plus tard alors qu’il se relance, Armstrong déchausse et évite la chute de justesse. Et pourtant, malgré ces deux aléas, l’Américain est reparti plein d’orgueil pour aller remporter l’étape et, quelques jours plus tard, son cinquième Tour de France… En 2010, lors de l’étape des Rousses, alors qu’il va au sol, Armstrong se relève, place ses mains sur les hanches, signe de dépit s’il en est, et montre un regard de chien battu… La différence est là, l’orgueil à fait place au dépit ! La motivation n’est plus là car la forme et la condition n’y sont plus !

 

Est-ce que la motivation est noyée par la fameuse enquête diligentée aux Etats-Unis et par les charges de Floyd Landis et Greg LeMond à l’encontre d’Armstrong ? C’est possible, Armstrong dit que non, qu’il n’a rien à se reprocher et qu’il répondra à la justice mais, il me parait évident que ce genre de situation crée un stress qui peut altérer la concentration et la motivation. Mais ce stress n’est pas la cause principale de la mièvre performance d’Armstrong, il n’est plus capable de rivaliser c’est tout !

 

Depuis Rotterdam il se balade et termine ce Tour à son rythme, c’est une faute professionnelle selon moi. En effet, en agissant ainsi il a, non seulement, pris la place d’une jeune pousse de RadioShack qui aurait pu découvrir le Tour de France et le préparer pour l’avenir mais il a aussi sacrifié plusieurs coureurs ravalés au rang d’équipiers alors qu’ils auraient pu jouer leur carte, Leipheimer, Kloden et, surtout, Brajkovic méritaient mieux que le rôle d’équipier d’un Boss déclinant sur ce Tour. Ils n’auraient peut-être pas roulé pour la gagne mais ils auraient pu faire bien mieux que cet Armstrong là… Encore que si Janez Brajkovic avait pu se préparer pour le Tour de France, en tant que leader, il aurait pu lutter pour le podium, il l’a prouvé sur le Dauphiné Libéré mais son pic de forme est sur la phase déclinante en juillet car il devait seulement être l’équipier de Lance sur les routes de France…

 

Il est temps que cette ballade se termine comme il est temps que la balade finisse pour Lance, il ira jusqu’au bout du Tour dit-il, pour éviter le camouflet total, il nous doit un dernier coup d’éclat dans les Pyrénées, à Bordeaux ou, pourquoi pas, sur les Champs-Elysées. En est-il capable, j’ai un doute mais avec Armstrong sait-on jamais…

 

 

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(1) 7 Tours de France, 1 Championnat du Monde, 1 Tour de Suisse, 2 Dauphinés Libérés, 1 Championnat des USA, 2 Tours DuPont, 1 Midi-Libre, 1 Classica San Sebastian, 1 Flèche Wallonne, 1 Tour du Luxembourg, 1 GP Eddy Merckx, 1 GP des Nations… et plusieurs victoires d’étapes sur Paris-Nice, le Dauphiné Libéré, le Tour de l’Algarve, le Tour du Luxembourg, le Tour de Suisse et, bien entendu, 26 étapes sur le Tour de France…

 

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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