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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 10:15

Différentes études etayent cette réalité, au plus on est instruit en meilleure santé on est !

sante-et-instruction.jpgNous l'avions déjà évoqué dans les collones de ce blog, mais une nouvelle étude de l'Organisation de Coordination et de Développement Economiques (OCDE) le démontre et le constat reste, plus que jamais, d'actualité : plus le niveau d'éducation est haut, plus la santé est bonne ! L'OCDE vient de mener une enquête, baptisée Regards sur l'Education, auprès de 24 pays, cette étude montre notamment qu'il y a deux fois moins d'obèses dans les couches de population nanties d'un diplôme universitaire que dans celle dépourvue de tout diplôme. Dans les pays de l'OCDE, 19% de la population présentent un IMC supérieur à 30, c'est à dire un état d'obésite. Ce taux varie donc de 13% de la population qui a décroché un diplôme universitaire à 25% dans la population sans diplôme. L'étude de l'OCDE confirme d'autres études dont celle menée en 2010 menée par l’Institut Scientifique de Santé Publique et celle, la même année, du Tackling Health Inequalities in Belgium (TAHIB) : le niveau d’éducation est un facteur important de la santé. Plus le niveau d’éducation est élevé, plus le niveau de santé est bon !

Selon l'étude 2010 du TAHIB, une femme de 25 ans, en bonne santé, disposant d’un diplôme de l’enseignement supérieur peut espérer vivre 18 ans de plus qu’une femme du même âge, aussi en bonne santé, sans qualification ! Ces deux études renforcent un fait que l’on sait avéré depuis quelques années déjà : les personnes qui ont un niveau d’instruction et/ou un rang social plus élevés s’avèrent, de façon générale, en meilleure santé et disposent donc, de façon idoine, d’une espérance de vie plus longue…
L’étude de l’Institut Scientifique de Santé Publique pointe principalement deux réalités :

 

- Les maladies chroniques (affections de longue durée qui en règle générale, évoluent lentement. Ex. cardiopathies, accidents vasculaires cérébraux, cancer, affections respiratoires chroniques, diabète...) touchent 20% des personnes ayant un parcours scolaire qui va jusqu’à l’enseignement supérieur ; elles touchent 44% des personnes dont le niveau d’instruction ne dépassent pas le secondaire. Les maladies chroniques sont la première cause de mortalité dans le monde (60% des décès).

 

- Le tabac : dans les classes les plus instruites, 13% des individus fument quotidiennement. Ce pourcentage varie entre 22% et 29% dans les classes de la population qui n'ont pas effectué d'études supérieures. Le risque d'être fumeur quotidien est donc 3,7 fois plus élevé dans les milieux les moins scolarisés.

 

Mais l’étude du TAHIB, en janvier 2010, allait encore plus loin

- les personnes non-instruites, c'est-à-dire sans bagage scolaire, meurent en moyenne sept ans et demi plus tôt que les personnes les plus instruites ;


- les personnes peu instruites, c'est-à-dire n’ayant suivi aucun enseignement autre que le primaire, vivent en moyenne six ans de moins que les plus instruits ;

- les personnes moyennement instruites, c'est-à-dire ayant un diplôme du secondaire supérieur, meurent en moyenne deux ans et demi plus tôt que les plus instruits

L’inégalité face à la santé qui découle de l’inégalité sociale et socioprofessionnelle est un fait connu des autorités sanitaires. Un groupe de travail de la Fondation Roi Baudouin, baptisé Inégalité et Santé, travaille depuis quelques temps déjà pour tenter de mettre sur papier des recommandations sanitaires pour atténuer cette inégalité. Malgré les efforts fait par les pouvoirs publics, le constat est bel est bel et bien réel !

Quelles sont les causes de ces inégalités ?

Il semble que le niveau d’instruction engendre une approche différente de la santé. Mais il appert aussi qu’une meilleure instruction engendre une meilleure position sociale, donc un meilleur salaire et par corollaire plus de moyens à consacrer à la santé. Un meilleur salaire permet aussi d’évoluer dans un meilleur cadre de vie qui est meilleur pour la santé. Mais il y a, encore une fois, la consommation qui entre en ligne de compte. Les personnes instruites auraient tendance à consommer plus intelligemment et à ne pas se ruer sur les produits low-cost qui sont très souvent moins bien équilibré. La multiplication des magasins hard-discount, fréquentés en grosse majorité par les personnes ayant forcément moins de moyens financiers, engendre un retour néfaste à la santé. Tous les produits vendus moins chers coûtent forcément moins chers à la fabrication. Certes le packaging simplifié et l’absence de promotion autour de ces produits en diminuent largement le coût mais leur composition propre influe aussi sur leur coût. Ainsi, par exemple, de plus en plus de marchandises low-cost (barres chocolatées, plats préparés, chips, margarine…) que l’on trouve chez les hard-discounter contiennent cette fameuse huile de palme dont on sait qu’elle est nocive à la santé. L’huile de palme est nettement moins onéreuse que les autres huiles végétales mais elle est aussi nettement plus néfaste et favorise l’augmentation du mauvais cholestérol. On ne m’ôtera pas de l’idée que beaucoup de ces produits hard-discount ont une influence négative sur la santé. L’une des priorités serait, pour les autorités sanitaires, d’imposer des critères plus stricts dans la composition de tous les produits de consommation alimentaire…

Pointons également un paradoxe qui joue sur l’espérance de vie plus courte des gens moins instruits et moins aisés. Fumer coûte cher ! Et paradoxalement, on fume plus dans les couches sociales moins favorisées… Une étude française montre qu’il existe une association forte entre le risque de survenue d’un cancer du poumon et le niveau d’éducation en Europe, avec les taux les plus forts généralement observés au sein des classes sociales défavorisées(1). J’ai eu l’opportunité de discuter, voici quelques mois, avec des personnes que je connais et qui sont issues d’un milieu plutôt moyen, voire bas, dont le niveau d’études est limité. J’avais été surpris de les entendre dire que, pour eux, le tabac n’est pas un problème de santé… Ainsi donc pour eux, fumer n’aurait pas d’influence sur la santé. En avril 2010, une étude confirmait cette idée en précisant que pour deux Belges sur trois, le tabac n’est pas un problème médical(2) !!! Et tout cela malgré les campagnes de prévention…

Les exemples de comportements face à la santé selon les couches sociales pourraient se multiplier mais on arriverait, je pense, à un constat similaire. Le niveau d’études influe assurément sur les comportements, sur la santé et donc sur la vie.

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(1) Cancer du poumon et inégalité, Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM), 26 février 2009.
(2) Tabac : pas un problème médical pour deux belges sur trois, on www.rtbf.be, 19 avril 2010

Lire également : L'enseignement supérieur comme rempart contre l'exclusion sociale

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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