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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 08:54

L'OCDE enfonce une porte ouverte mais il est, hélàs, essentiel de rappeler que sans diplôme du supérieur le risque de précarité est accru !

enseignement-ocde.jpgDans la société actuelle, le niveau d'instruction détermine la position de chacun sur l'échelle sociale, au plus on est instruit au plus on peut grimper haut sur cette échelle. Dans son rapport annuel Regard sur l'Education(1), l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique) confirme, si besoin en était, cette évidence : les jeunes qui sortent de l'enseignement supérieur trouvent du travail plus rapidement et sont mieux payés que ceux qui disposent uniquement d'un certificat du secondaire ou qui ne possèdent pas de certificat d'études du tout ! Le niveau secondaire n'est plus suffisant pour garantir un emploi valorisant et donc la construction d'une vie stable. Le rapport de l'OCDE montre que, dans notre pays, le taux de scolarité des 15-19 ans est très élevé... mais après ? Beaucoup de jeunes se contentent du strict minimum, le Certificat d'Enseignement Secondaire Supérieur, d'autres abandonnent même sans avoir atteint ce stade minimaliste. Les chiffres du Service de Lutte contre la Pauvreté, la Précarité et l'Exclusion Sociale le montrent, 23,8%(2) de la population ne présentent qu'un faible niveau d'éducation, 11,2%(2) ont un niveau moyen... Il s'agit là de moyenne nationale, les chiffres wallons sont nettement plus alarmistes que les flamands. En 2010, 14%(2) des plus de 15 ans ont décroché un diplôme d'études supérieures de type court, 3,8%(2) un diplôme d'études supérieures de type long et 9,5%(2) une diplôme universitaire. Au total, dans notre pays, seulement 27,3% de la population des 15-26 ans disposent d'un diplôme de l'enseignement supérieur. C'est trop peu !

Avec la crise économique il est de plus en plus difficile de s'insérer sur le marché de l'emploi. Mais le rapport Regard sur l'Education met en évidence que, dans tous les pays de l'OCDE, le taux de chômage des diplômés du supérieur est un tiers moins important que le chômage de ceux qui n'ont qu'un diplôme du secondaire, que dire alors de ceux qui n'ont même pas ce certificat du secondaire ? Pareillement, le rapport met en évidence les écarts salariaux entre ceux qui disposent d'un haut niveau de scolarité et ceux dont les niveau est faible; cet écart varie de 57 à 68% selon les professions et le diplôme supérieur. Mais, on peut dire qu'un diplômé du supérieur aura un salaire au moins plus important de 57% qu'un étudiant qui aura limité ses études à l'enseignement secondaire. Il appert aussi que si la différence entre les diplômés du secondaire supérieur et les diplômes du secondaire inférieur existe encore, elle s'amenuise de plus en plus. Il n'est pas interdit de penser que dans quelques années, il n'y aura plus de différence sur le marché du travail entre le CESI et le CESS, ces deux certificats ne déboucheront que sur des emplois précaires ! Plus que jamais, un diplôme de l'enseignement supérieur est le minimum pour décrocher un bon emploi (entendez par là un emploi non-précaire), avoir un salaire décent et donc s'éloigner de la pauvreté

Le rapport 2012 de l'OCDE met en évidence deux réalités de l'enseignement en Belgique :

1° notre pays table uniquement sur l'enseignement supérieur et ne valorise pas les formations qualifiantes de type enseignement professionnel. Dans beaucoup d'autres pays de l'OCDE, ces formations "professionnelles" permettent plus facilement de trouver un emploi;

2° la Belgique ne lie pas suffisamment les études proposées et la réalité du marché du travail. En clair, on ne dirige pas les étudiants vers les filières qui sont porteuses d'emplois. Il existe des métiers en pénurie (ingénieur industriel, ingénieur civil, TIC Manager, boucher, conducteur d'engins de chantier...) chez nous mais les étudiants n'en font pas le choix et/ou ne sont pas dirigés vers les études qui leur permettraient de décrocher un poste dans les secteurs en pénurie.

Face à la crise, l'instruction à haut niveau reste le facteur le plus efficace pour trouver un emploi stable. Le lien entre la précarisation et le fait d'avoir quitté prématurément les études est avéré (comme celui qui lie le niveau d'instruction à la santé), un faible niveau d'étude (diplôme secondaire ou moindre) est l'un des facteurs d'exclusion sociale majeurs. Et davantage encore pour les femmes puisque si une personne sur sept(3) vit, en Belgique, sous le seuil de la pauvreté, le pourcentage de femmes est plus élevé que celui d'hommes... 

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(1) Education at Glance 2012 : Highlights, OECD Publishing

(2) source : Le risque de tomber dans la pauvreté est-il plus élevé chez les personnes peu qualifiées ? www.luttepauvrete.be, consulté le 16 septembre 2012.
(3) sourceCombien de personnes vivent-elles dans la pauvreté en Belgique ? www.luttepauvrete.be, consulté le 16 septembre 2012.

Rapport OCDE Regard sur l'Eduction 2012

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Published by Olivier Moch - dans Le monde est fou !
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