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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 14:47

L'Autoroute de Wallonie est un anachronisme aussi rédhibitoire que désolant !

en-chantier.jpgLa E42 est une autoroute longue de 680 kilomètres qui rejoint Dunkerque, en France, à Aschaffenbourg, en Allemagne. C'est aussi, et surtout, pour les automobilistes belges celle que l'on surnomme l'Autoroute de Wallonie car elle traverse la partie francophone du pays d'est en ouest, de Saint-Vith à Tournai, sur quelque 250 kilomètres. Mais pourquoi nous parle-t-il de cette foutue autoroute en entends-je - c'est une image - certains d'entre-vous s'écrier ? Mais pour pousser un coup de gueule forcément ! Hier matin, je devais rejoindre Mons pour une réunion de travail importante, prévue sur le coup de 10h00. Je pointe ± 120 kilomètres et me dis donc que quitter Liège à 8h00 me met sur du velours pour être à l'heure, cela me laisse même un peu de temps pour trouver mon point de chute dans une ville que je ne connais pas forcément bien. Quelle erreur ! Imaginer faire 120 kilomètres en moins de deux heures sur la E42, entre Liège et Mons, est une utopie... un fantasme presque. Entre les longs tronçons à deux bandes, les camionneurs fous et les chantiers, pousser une pointe à 100 km/h et la maintenir trois minutes d'affilées s'apparente à un vrai miracle. Cette importante voie de communication wallonne est un danger permanent, d'ailleurs de nombreuses plaques le rappellent au long du trajet. Les accidents y sont nombreux et participent également à la difficulté de se déplacer. Une autoroute à deux bandes c'est le choix entre se trainer derrière une imense file de camions ou se caler à 140 km/h sur la gauche car on est coincé entre deux Fangios-pied-au-plancher. Le risque devient même immense lorsque les camions se mettent à doubler devenant par là-même des chicanes mobiles... Une autoroute à deux bandes, c'est tellement anachronique que je m'attendais à voir surgir des diligences et des malles postales sur la E42, hier !

Comment évoquer l'Autoroute de Wallonie sans parler de ses nombreux chantiers; quatre entre Liège et Mons. Des chantiers qui rétrécissent le passage et emmènent momentanément les automobilistes sur l'autre côté de l'autoroute. Bon, d'accord, il faut bien que les travaux se fassent mais est-on obligé de faire le tout en même temps ? Mais ce qui me heurta profondément est que sur aucun de ses chantiers il n'y avait de travailleurs hier matin. Je pose clairement la question : est-il normal qu'un mercredi matin clair et ensoleillé du  mois d'octobre il n'y ait pas d'ouvrier sur ces chantiers ? Je réponds tout aussi clairement non ! Si encore il avait plu à verse ou s'il faisait sombre, passe encore mais là, non ce n'est pas normal que les quatre chantiers aient été amputés de leurs ouvriers. Je ne suis d'ailleurs pas le seul à avoir été étonné de ces absence car c'était le principal sujet de conversation des participants à la réunion à laquelle je me rendais avant que l'ordre du jour ne fut défloré... Un Montois de l'assemblée me disait que le chantier qui bloque la circulation depuis l'échangeur du Roeulx jusqu'à la sortie de Mons-est dure depuis plusieurs mois. Si on ne travaille pas dessus lorsque le temps belge l'autorise, ce chantier risque fort de se prolonger jusqu'aux calendes grecques !!! Je ne parviens pas à appréhender la stagnation des chantiers en Belgique, elle est récurrente, c'est à croire que les entrepreneurs qui bossent chez nous sont des incapables ! Moi qui suis habitué à Londres, je suis émerveillé de voir comment cela se déroule dans la capitale anglaise à chaque fois que j'y retourne. Et Diable sait que Londres a été livrées aux marteaux-piqueurs et aux tractopelles ces derniers mois afin de se faire hôtesse sexy pour les Jeux Olympiques de l'été prochain. Depuis 2008, j'ai vu cent chantiers en cours à Londres, on y travaille d'arrache-pieds mais les rues ne sont pas, pour autant, inaccessibles. Dès les premières heures de la journée, les ouvriers font avancer les travaux et ils ne quittent les chantier que vers 18h00... C'est ainsi que l'on fait avancer les travaux, pas en abandonnant le chantier par journées entières !

Hier, j'ai mis deux heures et dix minutes pour relier Liège et Mons ! Soit une vitesse horaire moyenne - si si, j'ai calculé tant cela me semble invraissemblable - de 55,38 km/h. Sur autoroute, c'est remarquable... tristement remarquable ! On met, désormais, moins de temps pour aller à Londres que pour aller à Mons. Faut-il s'étonner, dès lors, que je préfère aller à Londres qu'à Mons ?

Plus sérieusement, l'Autoroute de Wallonie est un tronçon d'autoroute qui date des années soixante et qui n'a guère évolué depuis. Tout juste y a-t-on colmater les nombreux nids de poules et refait certaines parties d'asphalte, il faut bien que les chantiers servent à quelque chose ! Mais si les tronçons à deux bandes pouvaient se justifier en 1965 ou en 1977, ce n'est plus le cas à présent; entre 1977 et 2007 le volume des véhicules circulant en Belgique à augmenté de 82%(1). En 1977, on comptait 2,8 voitures pour dix habitants en Belgique, il y en a, aujourd'hui, 4,8 pour dix habitants. Et c'est encore sans compter sur le flux continu de véhicules étrangers qui traversent notre pays. L'Autoroute de Wallonie n'est plus à même d'absorber ce trafic en augmentation constante !

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(1) Les Belges et leurs voitures, par Robert Derumes, on vivat.be, consulté le 27 octobre 2011

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Published by Olivier Moch - dans Humeurs
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