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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 18:30

Le phénomène est palpable aux Etats-Unis, il le sera rapidement aussi chez nous...

ebookConséquence prévisible de l'avènement de l'internet ultramobile, le livre électronique remplace petit à petit le livre traditionnel. Il faut dire qu'avec les pc portables ou les tablettes, Les Misérables électroniques se lisent aussi facilement qu'en version papier. La numérisation de livres n'est pas une idée neuve puisqu'elle remonte à... 1971 avec le Projet Guttenberg qui consista à créer une bibliothèque de livres électroniques. A cette époque, les livres numérisés étaient des ouvrages tombés dans le domaine publics ou des textes sans copyright. Ce projet, lancé à l'Université d'Illinois et toujours existant, avait pour objectif la diffusion de la culture et la lutte contre l'illetrisme. Ce sont quelque 30.000 ouvrages qui ont été numérisés et mis gratuitement à disposition du public via le Projet Guttemberg. Pour la petite histoire, le tout premier ouvrage numérisé fut La Déclaration d'Indépendance des Etats-Unis; à l'époque le fichier pesait 5ko. Si la première bibliothèque numérique remonte à 1971, il faudra évidemment attendre l'avènement du net, dans les années 90, pour que le livre électronique prenne son réel envol. En 2011, les ventes de livres électroniques prennent le pas sur celles de livres traditionnels. Les faits sont constatés, aux Etats-Unis, sur les ventes des cinq premiers mois de l'année et devraient se confirmer à l'avenir.

L'évolution est logique, même s'il restera toujours des amateurs du "vrai" livre - j'en suis ! -, la part des e-bookers grandira avec le temps. L'avènement de l'e-book s'explique essentiellement par cinq facteurs :

La facilité : les livres électroniques sont plus aisément transportables. Dans un laptop ou une tablette on peut emmener avec soi plusieurs ouvrages sans que cela ne prenne plus de place. Pour les voyages c'est plus commode.

Le coût : généralement, les livres électroniques coûtent moins chers d'autant plus qu'il se développe plusieurs groupes d'e-books libres et gratuits. On peut donc se constituer une bibliothèque électronique à des prix défiant toute concurrence. Pour les société d'édition également le facteur coût est primordial; les marges bénéficiaires sont plus importantes et les données liées à l'acquisition d'e-books leur permettent de récupérer gratuitement des informations sur les comportements de la clientète.

L'évolution du confort de lecture : jusqu'il y a peu, la lecture sur écran était moins agréable mais la technologie s'améliore et permet un meilleur confort de lecture par la forte diminution de rétroéclairage.

L'élargissement de la gamme proposée : l'éventail des possibilités de lecture s'agrandit continuellement. Grande littérature, livres techniques ou scientifiques, poésies, magazines, bandes dessinées... on peut désormais quasiment tout trouver en version électronique.

L'écologie : la numérisation de livres entraine, par corolaire, une diminution des besoins en papier et, donc, une diminution de l'abattage d'arbres. Le sensibilisation écologique liée au réchauffement climatique porte ses fruits au niveau des lecteurs qui privilégient davantage les e-books.

Mais cet avènement de l'e-book ne sera-t-il pas synonyme d'enterrement du livre relié ? Le secteur tente de rassurer en disant que le livre papier fait partie de l'Histoire humaine et qu'il continuera d'exister, ne fut-ce que pour les bibliophiles qui ne peuvent se passer des plaisirs olfactifs et tactiles liés à la possession d'un livre relié. Certes, les livres déjà écrits seront encore disponibles mais seront-ils réédités ? En effet, un livre relié ça vit, ça s'use et ça finit par s'abimer. Pareillement, les nouveautés seront-elles - à moyen terme - encore publiées en version papier ou bien, conquises par les marges bénéficiaires plus intéressantes de la numérisation, les sociétés d'édition finiront-elles par se consacrer uniquement aux livres électroniques ? Après tout, Borders l'énorme chaine de librairies américaine ne vient-elle pas de fermer ses magasins pour se recentrer sur la vente par internet (pour écouler les stocks ?) et l'e-booking ? Après tout le grand public n'achète-t-il pas et ne lit-il pas moins de livres ? A New York, les designers utilisent désormais le livre relié comme objet de décoration et, pour couronner le tout, Ikea dont on sait la faculté de s'adapter aux évolutions, transforme son célèbre meuble-bibliothèque Billy en meuble à bibelots... C'est aussi un signe !

Source : Communication

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Published by Olivier Moch - dans Le monde est fou !
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commentaires

Jipi 06/04/2012 21:27

Méthode Coué quand tu nous tiens !!! On est reparti avec la liseuse numérique !!!

Aucune personne très cultivée, d'un certain niveau social (sans être la Marquise de Courte Fesse à Bourse Plate) et réellement intellectuelle dans mon entourage, jeune ou plus âgée n'utilise ce
genre de machine.

Ils achètent des livres et exclusivement des livres.

Je me doute donc que ce genre de machine sera l'ornement pendouillant des autres catégories non mentionnées ou l'instrument des bobos qui veulent être « à la mode » ? Ou l'instrument de l'homme
d'affaires inculte qui veut épater sa copine joueuse de golf à Knokke ?

Pas palpable du tout le phénomène en fait !!!

Jean-Pierre Poccioni 06/10/2011 09:00


La lecture numérique mal nécessaire ? Je ne suis pas contre cette vision mais est-ce vraiment ce que vous disiez plus haut ?

Que l'obsession du profit domine notre époque et nous accable de fausses valeurs vraies poules aux oeufs d'or, ok hélas !

Mais qu'on le sache ! la merveille n'est merveille que pour ceux qu'elle engraissera !


Olivier Moch 06/10/2011 15:33



Je disais surtout, dans les quelques lignes ci-dessus, que c'est une évolution logique et que, même si je reste amateur de "vrais" livres, je l'accepte parce que justement elle est logique. La
lecture numérique est un mal nécessaire parce qu'on est à la fin d'un cycle de l'économie de l'édition et de la diffusion. Il est grand temps pour les éditeurs et les diffuseurs de s'adapter aux
réalités pour mettre en place une nouvelle économie littéraire.



Jean-pierre Poccioni 04/10/2011 12:06


La question n'est pas tant de savoir ce que demain réserve aux deux formats de livres, numérique et papier, que d'analyser les conséquence d'un basculement du monde du livre entre les mains des
acteurs dominants du numérique.

Analyser le problème en terme d'avantages et d'inconvénients de deux procédés est puéril et superficiel. Le vrai problème est la mort annoncée des éditeurs et des libraires. Il faut tout de même
qu'on sache qu'Amazon et ses semblables visent une hégémonie économique qui n'a que faire des réalités culturelles.


Olivier Moch 05/10/2011 11:49



Le vrai problème pour les gens c'est de savoir comment ils liront à l'avenir mais il est vrai que cet avenir doit tenir compte des secteurs de l'édition et de la librairie. Je pense que l'on
arrive à la fin d'une économie dans le secteur de l'édition et de la distribution littéraire et qu'il faut en mettre une nouvelle économie en place. A l'image de l'industrie musicale, on constate
une diminution des ventes mais pas une diminution de l'intérêt pour la lecture. Demain (aujourd'hui), lorsque le lecteur pourra choisir entre une version papier à 25 ou 30 euros ou une version
numérique gratuite à télécharger (cf le dernier Houellebecq), il choisira forcément la seconde alternative dans la grosse majorité des cas. C'est une réalité concrète dont il faut tenir compte
pour mettre en place une nouvelle économie dans le secteur littéraire, peut-être inspirée de ce que font les producteurs musicaux. Il y aura des dégâts, c'est évident, certains éditeurs et
libraires disparaîtront mais je suis convaincu que c'est inévitable. Je n'en suis pas ravi mais c'est une évolution de notre société de profits à outrance. Ne perdons pas de vue que nous
sommes dans une ère où l'économie prime sur tout le reste et que cette situation convient à bien trop de monde que pour être changée...



Beck's 04/10/2011 09:27


L'e-book prend effectivement le pas sur les livres traditionnels. C'est d'autant plus vrai que mêmes les grandes bibliothèques publiques, financées par des fonds provinciaux, passent aux livres
numériques. Les Chiroux, à Liège, une des bibliothèques les plus importantes de la Communauté française vient de se doter de 8 liseuses électroniques et propose déjà un catalogue de 230 livres
électroniques.

Pour des questions de stockage (volume) et des questions de coûts divers (achats, renouvellement des ouvrages abîmés, stockage, entretien...) on va se diriger de plus en plus vers le livre
électronique. Le livre, selon moi, ne disparaîtra pas de sitôt mais il sera progressivement remplacer par sa version numérique.

Beck's


Jipi 30/09/2011 17:52


Totalement faux. Il ne prendra jamais le pas sur le livre. Même s'il évoluera et côtoiera le livre. Une très belle réflexion à ce sujet dans l'auguste forum que tu as délaissé (!) et notamment
faite par cet éminent et très intéressant Jean-Pierre P.
L'argumentation développée dans cet article est du grand n'importe quoi.
Le livre a de nombreux avantages sur cette technologie moderne pour les geek qui sont souvent incultes il faut le reconnaître !


Olivier Moch 03/10/2011 11:20



Voila un avis bien tranché mon cher Jipi, mais les chiffres sont là ! Aux Etats-Unis il s'est écoulé autant d'e-book que de livres traditionnels entre janvier et juin 2011. Cela prendra
probablement davantage de temps mais cela arrivera aussi chez nous... Quant à la véracité des arguments développés, elle est concrète elle aussi; je ne suis pas le seul à les avancer !