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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 14:46

Mike Newell et Ronald Harwood saisissent parfaitement le roman de Gabriel Garcia-Marquez pour livrer un très bon film…

cholera.jpgJ’ai eu la chance, hier, d’assister à l’avant-première belge – merci Nostalgie ! – du film de Mike Newell L’amour au temps du choléra adapté du roman éponyme de Gabriel Garcia-Marquez. Je ne suis pas le plus grand fan du Prix Nobel de Littérature 1982 mais force m’est de concéder que Garcia-Marquez est l’un des écrivains les plus doués de l’après seconde guerre mondiale. Plusieurs de ses ouvrages ont étés porté à juste titre, par les critiques, au sommet de la littérature du 20è siècle. Il est assurément l’un des auteurs hispaniques majeurs ! Comme beaucoup d’autres grands auteurs, c’est à l’école grâce aux fameuses fiches de lectures chères à tous les profs de français, que j’ai découvert Gabriel Garcia-Marquez. Chronique d’une mort annoncée m’avait ouvert les portes de l’univers du réalisme magique(1) dont Gabo est l’un des chefs de file. Je n’avais pas vraiment accroché… Lorsque Francesco Rosi adapta le roman au cinéma, en 1986, ma réaction ne fut guère plus emballée ; bon… sans plus ! Ma compagne, par contre, est vraiment captivée par l’auteur colombien et par l’ambiance qui règne dans ses romans aussi Gabriel Garcia-Marquez fit-il quand même partie de notre bulle littéraire car nous ne manquons jamais de commenter, entre nous, les ouvrages que nous lisons… Et comme je ne voulais pas juger l’auteur sur un seul roman, je m’attaquais donc à celui qui me paraissait être le meilleur à savoir Cent ans de solitude pour lequel Garcia-Marquez avait reçu son Prix Nobel. Jamais un roman ne m’avait paru porter aussi bien son titre… Dès le départ, j’ai eu l’impression que j’allais vivre un grand moment de solitude et qu’il me faudrait cent ans pour aller au bout… Rien à faire, je ne parvenais pas à accrocher à Garcia-Marquez ; tant pis !

Une adaptation remarquable

Lorsque m’a chérie a entendu que L’amour au temps du choléra avait été adapté au cinéma et qu’il allait sortir chez nous, elle a émit l’envie de le voir. Elle n’a pas lu le roman, pas encore, et cela tombe bien car elle préfère, lorsqu’un roman est adapté au grand écran, voir le film avant de lire le livre car elle est, dit-elle, moins souvent déçue dans ce sens là… Je dois dire que je partage ce point de vue ! Donc, hier soir, et malgré le fait que ce fut au Kinépolis, nous avons été voir l’avant-première de ce film organisée par Nostalgie. Quelle joie ! Le film est excellent, très bien joué et traduit bien l’univers de Garcia-Marquez. Romantisme, amour, humour et drame… un savant mélange bien orchestré par Mike Newell (qui réalisa, entre autres, Donnie Brasco et Quatre mariages et un enterrement) et brillamment servi par le jeu de Javier Bardem, Benjamin Bratt, Giovanna Mezzogiorno et John Leguizamo. L’adaptation a été confiée aux bons soins de Ronald Harwood, un spécialiste de la scénarisation de romans qui avait notamment adapté Pleure pays bien aimé (1995) d’après le magnifique roman d’Alan Paton, Le Pianiste (2002) tiré de l’autobiographie de Wladislaw Szpilman ou Oliver Twist (2005) de Charles Dickens. Cette adaptation est tellement bonne que même Garcia-Marquez en fut étonné et qu’il confia, parait-il, à Harwood que le seul défaut du film sera «d’être trop proche du roman»(2)…

Synopsis :

Fin XIXe siècle, Cartagena, Colombie. Un jeune télégraphiste pauvre et poète, Florentino, tombe amoureux fou de la plus jolie des jeunes filles, Fermina. Sous les amandiers d'un parc, il lui jure un amour éternel et elle promet de l'épouser. Mais le père de Fermina, furieux, se promet de séparer les jeunes amants. Quelques années plus tard, celle qui est devenue une éblouissante jeune femme, irrésistible de grâce et d'intelligence, épouse Juvenal Urbino, un jeune et riche médecin, plutôt que le médiocre Florentino. Le médecin, qui a réussi à endiguer l'épidémie de choléra de la ville, part s'installer avec son épouse à Paris. Lorsqu'ils reviennent à Cartagena plusieurs années après, Fermina a tout oublié de son premier amour... Florentino, lui, ne l'a pas oubliée. Devenu un riche armateur, il collectionne les liaisons féminines mais brûle toujours d'amour pour la belle Fermina(2).

L’amour au temps du choléra est la quatrième adaptation d’un roman de Gabriel Garcia-Marquez au cinéma après La Veuve Montiel (1980 - Miguel Littin), Erendira (1983 - Ruy Guerra) et Chronique d'une mort annoncée (1986 - Francesco Rosi) ; c’est aussi la meilleure ! Avec cette réalisation, Mike Newell que l’on a connu parfois moins inspiré, livre un film d’amour, un film sur l’amour et sur la place de l’amour dans les relations humaines… A voir sans hésiter ! Avec un vrai jeu d’acteur, un vrai scénario,une photographie exceptionnelle et, surtout, pas d’effets spéciaux made in Hollywood qui bouffent le film. J’en ai même l’envie, désormais, de lire le roman…

L’Amour au temps du choléra
Réalisation : Mike Newell
Scenario : Ronald Harwood
Distribution : Javier Bardem, Giovanna Mezzogiorno, Benjamin Bratt, John Leguizamo et Hector Elizondo
Sortie dans les salles belges : le 30 avril 2008

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(1) le réalisme magique est un courant littéraire dans lequel des éléments perçus et décrétés comme magiques, surnaturels ou irrationnels surgissent dans un environnement défini comme réaliste, à savoir un cadre visuel, historique, géographique, temporel, spatial, culturel ou linguistique vraisemblable, reconnaissable, parfaitement identifiable, détaillé et riche en notations. Céline, Faulkner, Garcia-Marquez, Esquivel ou Borges en sont les leaders…
(2) source : Allôciné

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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