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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 13:39

Peut-être un peu oubliées, les aventures humoristico-policières du détective Gil Jourdan sont pourtant un monument de la BD belge.


jourdan.jpgLa bande dessinée belge foisonne de talents en tous genres. De Franquin à Van Hamme en passant par Morris, Walthéry, Vandersteen, Lambil & Cauvin, Roba et bien d’autres encore sans oublier leur maître à tous ; Hergé ! La Belgique est terre de BD, quiconque oserait prétendre le contraire ne serait que profane en matière de p’tits miquets... Parmi le large panel des héros de papier made in Belgium, on trouve aussi Gil Jourdan qui, de 1959 à 1979, enquêta dans pas moins de 16 albums. Probablement un peu oubliées suite au décès prématuré de leur créateur et scénariste, Maurice Tillieux, les aventures de Gil Jourdan sont pourtant un sommet du 9è art. Savant mélange d’humour, d’action et d’ambiance noire reposant sur des scénarios solides et originaux, elles ont offert des heures de plaisir à tous les fans de séries policières.

Gil Jourdan est donc un jeune licencié en droit qui décide d’ouvrir une agence de détective. Pour cela, il recrute André Libellule, un ancien cambrioleur capable de faire sauter n’importe quelle serrure mais qui possède aussi un solide réseau de relations dans le milieu des malfrats... Ce qui peut toujours être utile à un privé. La jolie Queue de Cerise fait office de secrétaire et d’assistante. Enfin, Jourdan est flanqué d’un flic pataud et grognon dénommé Crouton qui, bien qu’il estime que les privés piquent le travail de la police, espère toujours une aide providentielle du détective pour mener à leur terme ses affaires criminelles...

Les deux premiers albums - qui ne constituent qu’une seule histoire en deux épisodes -, Libellule s’évade (1959) et Popaïne et vieux tableaux (1959) sont d’une qualité rare et s’attardent sur le trafic de drogue, par le biais d’importation de tableaux de maîtres, entre l’Italie et la France. C’est deux premiers opus sont probablement les plus réussis de la série mais d’autres albums présentent des histoires solides ou des moments d’anthologie de la BD comme cette scène extraordinaire, dans L’enfer de Xique-Xique (1962), alors que Jourdan et Libellule sont jugés dans une république sud-américaine imaginaire pour espionnage. Toujours sous l’effet d’un gaz hilarant utilisé par erreur lors de leur capture, Libellule joue sa peine comme au poker et «gagne» en cent relances, un séjour de 10.000 ans au bagne de Xique-Xique... Les moines rouges (1964) entraînent nos amis dans une petite ville de province où le Maire s’évertue à inventer un fantôme pour le vieil édifice religieux abandonné du coin espérant, grâce à la publicité générée par l’enquête de Jourdan, attirer des touristes dans son trou perdu. Le stratagème est vite démonté mais Jourdan s’aperçoit que le bâtiment est réellement hanté par un descendant fou d’une vieille famille de la région... Encore une excellente histoire signée Tillieux ! A retenir aussi La voiture immergée (1960) qui évoque un guet-apens savamment organisé et Entre deux eaux (1979), publié à titre posthume, qui raconte le vol d’un sous-marin privé à des fins criminelles qui sont deux histoires remarquables de la série.

Si l’ambiance, le dessin, l’action et, surtout, le scénario font des aventures de Gil Jourdan une des plus belles réussites de la bande dessinée belge, les jeux de mots de Libellule ne sont pas non plus étrangers à ce succès. Spécialiste du calembour souvent miteux qui ne fait rire que lui, l’ancien cambrioleur est un personnage clé de la série. Sans lui, elle serait assurément plus fade. Une fois encore, le tandem des héros que tout opposent - ici le jeune privé cultivé et sérieux face au cambrioleur repenti routinier et jovial - fonctionne à merveille.

Gil Jourdan à (re)découvrir à tout prix, aux Editions Dupuis

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