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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 08:43

Pour la communauté musulmane, ce 20 juillet  marque l'entrée dans le mois du Ramadan.


ramadan.jpgTous les Musulmans pratiquants du monde ont entamé aujourd’hui le Ramadan, un mois de jeûne et d’abstinence. Trente jours durant, ils devront s’abstenir de boire, de manger, de fumer et d’avoir des relations sexuelles, de l’aube au coucher du soleil. Véritable action de piété, le Ramadan est, surtout, un des cinq Piliers de l’Islam. Traditionnellement, le Ramadan débute au lendemain de la Nuit du Doute qui est marquée par la fin du huitième mois lunaire et l’apparition de la nouvelle lune... Durant cette période, la pratique religieuse doit atteindre son paroxysme. Les cinq prières quotidiennes sont plus largement observées - à la Mosquée ou à la maison - par l’ensemble de la Communauté musulmane. Ces prières sont davantage orientées vers l’aspect social car c’est, en effet, aussi le mois du pardon et le mois du partage. Le jeûne est considéré comme un effort spirituel pour lutter contre la séduction des plaisirs terrestres. Cependant, une frange de la population - les femmes enceintes, les vieillards et les enfants en bas âge - est exemptée à cause des risques que ce jeûne volontaire pourrait induire. Les voyageurs, selon le Coran, disposent aussi d’un statut spécial car ils ont besoin de toutes leurs forces pour poursuivre leur périple. Ils sont donc appelés à postposer le jeûne ou à le compenser en faisant l’aumône aux plus démunis. Le Ramadan est, pour tous les pratiquants, une obligation religieuse. Il rappelle le mois au cours duquel le Coran a été révélé au Prophète Mohamed. C’est, en effet, la 27è nuit du neuvième mois lunaire – dite Nuit du Destin ou Laylat al-Quadr – que le Coran fut révélé à Mohamed. Mais, il s’agit aussi d’une action d’ouverture vis-à-vis des non-musulmans, une période durant laquelle les musulmans veulent profiter de l'occasion pour expliquer ce qu'est le Ramadan, son message de paix et de réconciliation. L’occasion pour les cultures diverses de se tourner les unes vers les autres…


Le Ramadan est donc un mois particulier pour le milliard et demi de musulmans à travers le monde. Il est consacré à faire une introspection mais, pour chacun, aussi à évaluer sa relation avec Dieu, à mesurer sa dévotion. Concrètement, du lever au coucher du soleil, les musulmans pratiquant doivent s'abstenir intégralement de manger, de boire, de fumer et d'avoir des relations sexuelles, mais aussi de dire du mal de quiconque, de jurer, de respirer du parfum, de se mettre en colère ou de regarder quoi que ce soit d'illégal. Un repas - le sahur – est servi avant l'aube, de préférence le plus tard possible, et un second repas – l’iftar – est servi après le coucher du soleil pour la rupture du jeûne. Entre les deux, l’abstinence totale est de rigueur. La journée est consacrée à la spiritualité et est jalonnée de cinq prières ainsi que de la lecture du Coran. Une nouvelle prière a lieu quelques minutes après le coucher du soleil, à l’appel du muezzin, avant l’iftar. Et, comme le Ramadan met l'accent sur la vie communautaire, il n’est pas rare que ceux qui suivent le Ramadan partagent l'iftar à la mosquée la plus proche avec des amis, des parents ou des voisins. La fin du Ramadan est marquée par la fête de l’Aïd al-Fitr qui marque le début du 10è mois lunaire et la fin du jeûne.

Un iftar à Istanbul

J'ai eu la chance - car s'en est une ! - d'être invité, voici quelques années, à partager l'Aïd al-fitr à la Mosquée de Cheratte. C'était un vrai moment de partage et d'ouverture vers les autres. L'année passée, j'ai passé dix jours à Istanbul pendant le Ramadan; c'est un moment gravé à jamais dans ma mémoire. Nous avons essayé, avec ma compagne, de nous fondre le plus possible dans l'esprit du moment et, après le petit-déjeuner pris à l'hôtel, nous n'avalions ni nourriture no boisson autre que de l'eau (il faisait une chaleur torride et nous fallait vraiment nous  hydrater) avant le coucher du soleil. J'ai découvert une ambiance unique de solidarité que je ne soupçonnais pas forcément, notamment à l'attention de splus démunis et des SDF. Mon meilleur souvenir d'Istanbul repose sur une rencontre formidable, celle d'une famille qui attendait l'iftar devant la Mosquée Bleue, prus de l'Hippodrome. Nous étions assis sur un muret de la mosquée à attendre également le coucher du soleil pour manger. L'Hippodrome noircissait de monde au fil des minutes qui s'écoulaient, des familles arrivaient avec leur pique-nique, d'autres allumaient un barbecue pour y faire griller quelques morceaux d'agneau, il y avait une véritable vie communautaire qui s'installait. Alors, une famille s'est posée à côté de nous sur le muret de la Mosquée Bleue. La dame, qui devait avoisiner la cinquantaine, chercha à engager la conversation mais comprit rapidement que nous ne parlions pas le turc aussi demanda-t-elle à sa fille qui parlait l'anglais de jouer les intermédiaires. C'est ainsi que nous avons discuté de tout et de rien, du Ramadan, bien sûr, mais auss de la beauté d'Istanbul, de la gentillesse de ses habitants, de l'immigration qui envoya, dans les années soixante, quelque 200.000 Turcs en Belgique dont plusieurs familles dans mon petit village bassimosan. Ca sembla lui faire plaisir à cette dame que mon village fut terre d'accueil pour certains de ses compatriotes. Qui sait, peut-être y avait-il parmi ces expatriés l'un ou l'autre membre de sa famille ? Nous avons partagé une heure de la vie de cette famille, nous avons sympathisé et nous l'avons laissée à l'appel du muezzin afin qu'elle puisse pratiquer son ultime prière du jour avant de rompre le jeûne. Que ce soit à la Mosquée de Cheratte ou à Istanbul, j'ai vécu deux expériences formidables de Ramadan, des expériences axées sur le partage et l'ouverture. Aussi quand j'entends certains imbéciles aculturés qui résument l'Islam à l'intégrisme, je bondis car c'est tout le contraire de la vision des vrais pratiquants de l'Islam...

 

 

 

 

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Published by Olivier Moch - dans Humeurs
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commentaires

Le Webzine de l'Histoire 20/07/2012 09:57

Je "bondis" moi aussi sur un point mineur de ton article. Le mot "aculturé" que tu emploies à la fin n'existe tout simplement pas. D'ailleurs, même, tu as fais une faute parce que tu confonds avec
"acculturation", qui prend 2 "c". L'acculturation désigne, selon Le Petit Robert, un "processus par lequel un groupe humain assimile tout ou partie des valeurs culturelles d'un autre groupe humain"
ou l'"adaptation d'un individu à une culture étrangère avec laquelle il est en contact".

Olivier Moch 20/07/2012 15:10




disons qu'il sera à considérer comme une néologisme avec le "a" privatif et le "culturé" pour "culture générale". Après-tout, Boris Vian avait bien son "Pianocktail"...
J'aurai mon "aculturé ! :o))

Par ailleurs, mais je ne sais pas si la référence est fiable, le Wiktionnaire définit le terme "aculturé" comme étant une personne qui ne possède qu'une faible culture.

Ceci dit, le mot résume bien ma pensée dont je vais choisir de ne pas le modifier !