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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 13:55

Le niveau d’études influe sur la santé et donc sur la façon de vivre en général

health.jpgSelon l’étude Tackling Health Inequalities in Belgium (TAHIB), qui vient d’être menée par un service de politique scientifique fédéral en collaboration avec la VUB et l’UCL, une femme de 25 ans, en bonne santé, disposant d’un diplôme de l’enseignement supérieur peut espérer vivre 18 ans de plus qu’une femme du même âge, aussi en bonne santé, sans qualification ! cette étude vient confirmer un fait que l’on sait depuis quelques années déjà, les personnes qui ont un niveau d’instruction et/ou un rang social plus élevés s’avèrent, de façon générale, en meilleure santé et disposent donc, de façon idoine, d’une espérance de vie plus longue…

Selon cette étude :

- les personnes non-instruites, c'est-à-dire sans bagage scolaire, meurent en moyenne sept ans et demi plus tôt que les personnes les plus instruites ;

- les personnes peu instruites, c'est-à-dire n’ayant suivi aucun enseignement autre que le primaire, vivent en moyenne six ans de moins que les plus instruits ;

- les personnes moyennement instruites, c'est-à-dire ayant un diplôme du secondaire supérieur, meurent en moyenne deux ans et demi plus tôt que les plus instruits.

L’inégalité face à la santé qui découle de l’inégalité sociale et socioprofessionnelle est un fait connu des autorités sanitaires. Un groupe de travail de la Fondation Roi Baudouin, baptisé Inégalité et Santé, travaille depuis quelques temps déjà pour tenter de mettre sur papier des recommandations sanitaires pour atténuer cette inégalité. Malgré les efforts fait par les pouvoirs publics, le constat est bel est bel et bien réel.

Mais quelles sont les causes de ces inégalités ?

Il semble que le niveau d’instruction engendre une approche différente de la santé ; clairement on prend soin de sa santé différemment selon que l’on soit instruit ou pas. Mais il appert aussi qu’une meilleure instruction engendre une meilleure position sociale, donc un meilleur salaire et par corollaire plus de moyens à consacré à la santé. Un meilleur salaire permet aussi d’évoluer dans un meilleur cadre de vie qui est meilleur pour la santé. Mais il y a, encore une fois, la consommation qui entre en ligne de compte. Les personnes instruites auraient tendance à consommer plus intelligemment et à ne pas se ruer sur les produits low-cost qui sont très souvent moins bien équilibré. La multiplication des magasins hard-discount, fréquentés en grosse majorité par les personnes ayant forcément moins de moyens financiers, engendre un retour néfaste à la santé. Tous les produits vendus moins chers coûtent forcément moins chers à la fabrication. Certes le packaging simplifié et l’absence de promotion autour de ces produits en diminuent largement le coût mais la composition propre de ces produits influe aussi sur leur coût. Ainsi, par exemple, de plus en plus de marchandises low-cost (barres chocolatées, plats préparés, chips, margarine…) que l’on trouve chez les hard-discounter contiennent cette fameuse huile de palme dont on sait pertinemment bien qu’elle est nocive à la santé. L’huile de palme est nettement moins onéreuse que les huiles végétales mais elle est aussi nettement plus néfaste et favorise l’augmentation du mauvais cholestérol. On ne m’ôtera pas de l’idée que beaucoup de ces produits hard-discount ont une influence négative sur la santé. L’une des priorités serait, pour les autorités sanitaires, d’imposer des critères plus stricts dans la composition de tous les produits de consommation alimentaire…

Je voudrais pointer aussi un autre paradoxe qui joue sur l’espérance de vie plus courte des gens moins instruits et moins aisés. Fumer coûte cher ! Et paradoxalement, on fume plus dans les couches sociales moins favorisées… Une étude française montre qu’il existe une association forte entre le risque de survenue d’un cancer du poumon et le niveau d’éducation en Europe, avec les taux les plus forts généralement observés au sein des classes sociales défavorisées(1). J’ai eu l’opportunité de discuter récemment avec des personnes que je connais et qui sont issues d’un milieu plutôt moyen, voire bas, dont le niveau d’études est limité. J’avais été surpris de les entendre dire que, pour eux, le tabac n’est pas un problème de santé… Ainsi donc pour eux, fumer n’aurait pas d’influence sur la santé. Il y a quelques jours, dans les médias, une étude confirmait cette idée en précisant que pour deux Belges sur trois, le tabac n’est pas un problème médical(2) !!! Et tout cela malgré les campagnes de prévention…

Les exemples de comportements face à la santé selon les couches sociales pourraient se multiplier mais on arriverait, je pense, à un constat similaire. Le niveau d’études influe assurément sur les comportements et sur la vie.


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(1) Cancer du poumon et inégalité, Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM), 26 février 2009.
(2) Tabac : pas un problème médical pour deux belges sur trois, on www.rtbf.be, 19 avril 2010

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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