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27 juillet 2003 7 27 /07 /juillet /2003 14:05

De la pluie qui a influé sur le dernier grand duel d'un magnifique Tour de France…

ullrich02.jpg"Il pleut sur Nantes…" chantait admirablement Barbara. Imaginait-elle alors planter le décor de l'ultime combat des chefs du Tour du Centenaire ? Oui, la pluie a perturbé ce dernier grand rendez-vous entre Armstrong et Ullrich. L'Allemand aurait-il pu gagner la Tour de France si la pluie n'avait modifié les données d'un contre la montre dont il partait avec les faveurs ? Nul ne saura le dire avec certitude… Une chose est sûre, sans cette ondée continue qui noya le parcours, le résultat de l'étape eut été différent. Mais comme la canicule qui lésa Armstrong à l'occasion du précédent effort solitaire, à Cap Découverte, où il concéda 1 minute 36 secondes à Ullrich, la pluie est un élément qui fait partie du jeu, n'en déplaise au leader de la mythique équipe Bianchi. Il faut pourtant lui tirer sa casquette ! Légèrement en avance, mais pas suffisamment que pour déshabiller de jaune le serein Américain, Ullrich a pris des risques d'autant plus beaux qu'inutiles… Jamais, en effet, sous le déluge nantais il n'aurait pu résorber cette minute et quelques secondes de handicap ! Clairement Jan se battait contre lui-même pour sortir de ce Tour du Centenaire sur un dernier coup d'éclat, sur une victoire certes partielle mais ô combien capitale pour un sportif encore au fond du gouffre quelques semaines plus tôt ! Une chicane, même pas vicieuse, en aura décidé autrement ! En glissant sur la chaussée humide, Ullrich aura eu tout le temps utile à comprendre que son coup d'éclat se brisait…

Est-ce à 10 kilomètres de Nantes, dans les bottes de paille, cerbères de la sécurité de l'Homme et de sa machine, que le champion allemand a perdu le Tour de France ? Certainement pas ! Au matin même de ce dernier grand assaut, en levant les yeux au ciel, il avait compris que c'était fini. Est-ce alors à Luz Ardiden ? Probablement ! Noble chevalier des temps modernes, son panache de patience l'aura desservi alors qu'Armstrong gisait au sol…(1). Mais plus encore que son fair play, je pense que, dans cette fameuse étape, c'est une forme d'attentisme dans le Tourmalet, dernière ascension avant la folle montée vers Luz Ardiden, qui aura été fatale à Jan Ullrich… D'aucuns se sont étonnés qu'il attaqua l'Américain dans le Tourmalet, avançant même qu'il perdît là de précieuses forces pour tenir la comparaison lorsque Armstrong eût démarré… De toutes manières, les moult changements de rythme causés par les péripéties d'Armstrong ont empêché Ullrich de suivre le Postier texan… Ullrich on le sait est un diesel qui monte progressivement en puissance mais incapable de bondir comme un pur grimpeur. Dès lors, je suis convaincu que lorsqu'il lâcha Armstrong dans le Tourmalet, il aurait du produire, là, un effort progressif qui aurait étouffé son rival et qui lui aurait permis de basculer seul au sommet de ce col de légende. Descendeur plus qu'honorable, il aurait alors entamé en solitaire la dernière ascension, celle de Luz Ardiden, et personne n'aurait pu lui reprocher d'avoir continué à son train alors qu'Armstrong était sur le macadam… Il n'aurait, dans ce cas, pas attaqué un homme au sol mais un champion bien sur ses deux roues dans un Tourmalet où il était visiblement moins fort que lui…

Au lieu de cela, l'Allemand tergiversa, se retourna pour voir si l'Américain suivait, hésita… Dans le Tourmalet, Ullrich a commis, à mon sens, sa plus grande erreur dans un Tour de France qui était à sa portée.

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(1) à lire aussi Le Geste D’ullrich

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Published by Olivier Moch - dans Humeurs
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