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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 08:00

Réminiscences de rentrées des classes...

rentree.jpgJe me souviens de rentrées des classes pluvieuses ! Je ne sais pas pourquoi, lorsque j’y repense, mes rentrées des classes sont toujours maussades... Celles du primaire en tous cas ! Il est, évidemment, impossible que tous les 1er septembre compris entre 1975 et 1980 aient été pluvieux mais ma mémoire les associent irrémédiablement à la grisaille... Et pourtant, l’école reste quand même un lieu où se cultivent les bons souvenirs. Ainsi, j’ai encore dans un coin de ma mémoire l’image d’une petite espagnole aux yeux fripons et au nez mutin qui me faisait complètement craquer... déjà ! Gloria, c’était son prénom ! Je ne sais pas du tout ce qu’elle a pu devenir mais, j’aime à penser qu’aujourd’hui elle se souvient, elle aussi, de quelque rentrée scolaire...


Ah ces retrouvailles, sommes toutes, agréables avec les copains. Nos bavardages incessants dans la cour de récréation pour se narrer les vacances ; c’était à celui qui en rajouterait le plus pour prouver que ses vacances avaient été les plus belles... Puis sonnait la cloche ! Découverte d’un nouvel instituteur. Angoisse ! Allait-il être sympa ? Sévère ? C’est qu’il allait falloir vivre avec lui jusqu’au mois de juin suivant, au moins... Rapidement on était fixé ; globalement ils étaient plutôt agréables ces nouveaux mentors ! Je me souviens pourtant d’un, Monsieur Mariette, en dernière année primaire, qui était assez sévère ! Directement, il avait planté le décor, s’affirmant comme le maître à bord et remettant déjà à leur place deux ou trois trublions qui, du haut de leur 11 ou 12 ans, essayaient de l’impressionner, pensant tout savoir... Je dois avouer que c’est de Monsieur Mariette que je garde le meilleur souvenir. Il a participé activement au développement du caractère qui est le mien aujourd’hui ; têtu, obstiné et curieux de tout !

Ainsi, je me souviens - c’était au cours des premières semaines de cette dernière année du cycle primaire - d’avoir évoqué dans une rédaction «des amours éternelles». Lors de la correction orale, Monsieur M. me demanda pourquoi j’avais féminisé mon amour ? «Ne dit-on pas un amour de vacances ?» l’entend-je encore me dire... Si, mais la langue française est d’autant plus belle qu’elle est remplie d’exceptions ! Aussi savais-je déjà que si l’amour est masculin au singulier, il se féminise au pluriel... Pendant de longues minutes, il essaya de me faire changer d’avis devant une classe qui se mit à son diapason. Finalement, il salua mon opiniâtreté et annonça à la classe médusée que j’avais raison... Seul contre tous ! Aussi n’ai-je jamais oublié depuis ce jour que orgue, délice et amour sont les seuls mots français qui changent de genre en changeant de nombre ! Il m’arrive encore de croiser Monsieur Mariette au détour d’une exposition ou dans un commerce. Jamais je ne manque d’aller à sa rencontre pour le saluer. Il ne saura jamais combien je le remercie pour l’enseignement qu’il m’a donné.

Mais trêve de digressions, revenons à la rentrée des classes. La distribution du fameux «journal de classe» (ndlr existe-t-il aussi en France ou au Québec ?) dans lequel allaient être consignés toutes les occupations journalières, tous les devoirs à faire et, bien entendu, les notes - bonnes ou mauvaises - récoltées tout au long de l’exercice scolaire. Cette distribution était accompagnée des sempiternelles recommandations de protection et de surveillance dudit livret auquel nous devions tenir autant qu’à la prunelle de nos yeux. Restait alors, au terme de cette première journée d’école, à aller se fournir en matériel nécessaire pour travailler dans de bonnes conditions. Les achats scolaires ne se faisaient pas, alors, un mois avant la rentrée comme c’est le cas désormais... Non, l’instituteur nous communiquait une liste du matériel utile et nous allions, avec les parents, chercher ce maudit rapporteur qui nous ferait suer sur un calcul d’angle quelques semaine plus tard ; ce satané compas qui ne manquerait pas de nous piquer le doigt, maladroit que nous étions ; cette belle latte en bois qui ne tarderait pas à être griffonnée de mots aussi inutiles désormais qu’importants sur le moment... Ah que j’aimais ce moment où devant un rayon bien achalandé il me fallait choisir mon stylo, mon plumier et mon feutre rouge ! Nous n’avions pas beaucoup d’argent à dépenser, d’autant moins que nous étions trois à rentrer à l’école à des degrés divers mais, chaque année, mes parents nous permettait de choisir un petit objet futile - gomme en forme de tomate, cartouches d’encre mauve ou cahier de brouillon avec un Mickey sur la couverture - qui nous aiderait (? ? ?) à affronter cette nouvelle dure année scolaire qui se présentait. Que de beaux souvenirs...

Finalement, les rentrées scolaires, c’est encore 30 ans après qu’on les apprécie le mieux !

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Published by Olivier Moch - dans Humeurs
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