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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 18:19

Antoni Gaudi aurait eu 161 ans aujourd'hui...

gaudi.jpgCe n’est évidemment qu’un avis personnel - qui est quand même celui auquel je me réfère lorsqu’il s’agit de faire valoir mes goûts ou mes idées -, mais Antoni Gaudi est le plus grand architecte de tous les temps
Il est, en tous, cas le plus génial... Bien sûr lorsque l’on évoque Gaudi, on pense à Barcelone et il me faut avouer que le sentiment très fort que j’éprouve pour l’œuvre du bâtisseur catalan est intimement liée à cette ville chère à mon cœur. Mais compte non tenu de cette considération géographique et sentimentale, il reste une œuvre magistrale imprégnée de génie, de vision, de mysticisme et de folie créatrice ! Né avec l’été de 1852, à Riudoms en province de Tarragone à quelques encablures de Barcelone, Antoni Gaudi se destine très tôt à l’architecture. Après quelques études scientifiques, il entre, en 1873, à l’Ecole Provinciale d’Architecture de Barcelone d’où il sort nanti du précieux sésame qui lui ouvre la voie de sa passion, cinq ans plus tard. Il est alors âgé de 26 ans et entre en formation chez Josep Fontsere I Mestres à qui l’on doit, notamment, le premier plan urbanistique que la ville de Lérida (ndlr Lleida en Catalan), en 1865. Fontsere I Mestres est chargé d’aménager le Parc de la Ciutadella, en plein cœur de Barcelone, et Gaudi collabore à ce projet d’envergure avec son Maître. Le chantier durera 45 ans, de 1877 à 1922, il permettra surtout à Antoni Gaudi de se faire un nom. En parallèle, il signe seul ses premières réalisations modestes : des réverbères. Gaudi est un touche à tout, il dessine les plans de bâtiments ou d’espaces publics comme il réalise les schémas d’objets de la vie courante, de meubles... avec pour fil conducteur l’Art Déco, l’Art Nouveau et le Modernisme dont il est un des chantres incontestés. Bien qu’il ait exporté son talent vers d’autres provinces ibères, la majeure partie de l’œuvre gaudienne se trouve à Barcelone. La raison principale en est purement économique. En effet, Gaudi a bénéficié d’une situation florissante en Catalogne à la fin du 19è siècle. Sous le patronage d’une classe moyenne et d’une bourgeoisie puissante, Barcelone va connaître un fort développement urbain appelé Renaixença. Cette Renaissance s’articule autour d’un rejet des règles traditionnelles pour laisser place à l’imagination, l’utopie, la fantaisie et la nature. Gaudi, qui s’érige alors en chef de file de l’architecture catalane, se voit confier une dizaine de missions de réaménagement. En outre, le Comte Eusebio Guell s’est pris d’admiration pour son travail. Dès 1885, ce dernier demande à Gaudi de réaliser, pour lui, une habitation hors du commun. Usant d’un savant mélange de marbre, de pierre, de fer forgé et de céramique, Gaudi réalise le Palau Guell (situé non loin des Ramblas dans la vieille ville de Barcelone) qui, s’il témoigne déjà d’un style propre, reste inspiré d’une architecture espagnole classique mâtinée d’inspiration mauresque...

Trencadis et fer forgé...

Le projet le plus fou de Gaudi est, assurément, le temple expiatoire de la Sagrada Familia (ndlr La Sainte Famille). Débutée en 1882, par un autre architecte, la majestueuse cathédrale est récupérée par Gaudi l’année suivante. Laissant libre cours à son génie, il imagine un édifice religieux à ciel ouvert - afin d’être plus proche de Dieu - fait de 18 tours (une pour chacun des 12 apôtres, quatre pour les évangiles, une pour la Vierge et la plus haute, qui culmine à 170 mètres, pour symboliser le Christ) et de quatre façades dédiées à des scènes précises de la bible comme la Nativité ou la Passion... Là encore Gaudi se laisse aller à mélanger divers styles ; le gothique qui seyait au temps des cathédrales, le romantique espagnol auxquels il adjoint des éléments cubistes et surréalistes. Les seize dernières années de la vie de Gaudi seront uniquement consacrées à ce temple qui représente, dans l’imaginaire collectif, l’œuvre majeure de l’architecte de Riudoms...

L’aube du 20è siècle est vouée à l’urbanisme de la ville de Barcelone. A la demande d’Eusebio Guell, Gaudi entame un parc, sur les hauteurs de Barcelone. Ce parc se voulait lieu social avec une vingtaine de logements et quelques commerces de proximité. Dans l’esprit de Guell, il est tout à fait imaginable de faire du social tout en préservant l’esthétisme... Elaboré entre 1900 et 1914, le parc ne sera jamais achevé faute de moyens financiers. Il reste, aujourd’hui le Parc Guell où trônent deux habitations, qui ressemblent aux maisons en pain d’épice d’Hansel et Gretel, des bancs serpentant véritable ode au trencadis - l’art de la mosaïque - et une salle hypostyle, qui devait servir d’agora, faite de cent colonnes sur lesquelles repose un plafond lui aussi recouvert de trencadis... Le Parc Guell est classé patrimoine historique par l’UNESCO !

A la même période,  plusieurs habitations privées signées Gaudi fleurissent dans la partie nouvelle de Barcelone ; La Pedrera (ou Casa Milà), la Casa Batllo, la Casa Viçens,... sont autant de chefs d’œuvres architecturaux qui font de Barcelone la perle de l’urbanisme moderne du 20è siècle. Gaudi y développe sont style fait de pierre, de fer forgé et de mosaïque. Si les formes ondulées de la Pedrera (sur le Passeig de Gracia) font de cet édifice un régal pour l’œil, la Casa Batllo est, sans conteste, la réalisation la plus remarquable du Maître catalan ! A la beauté des formes et à l’esthétisme des matériaux, Gaudi ajoute la touche de génie supplémentaire qui fait de cette maison un bâtiment largement en avance sur son temps. Meubles sculptés dans la masse, système d’air refroidi et renouvelé, vitrage à deux épaisseurs afin de protéger les locataires du bruit inhérent à la modernité grandissante émanant du Passeig de Gracia sur lequel la Casa Battlo est édifiée, de grands espaces intérieurs voués à la clarté... Tout ce que les designers d’aujourd’hui s’imaginent avoir inventé pour concevoir un aménagement intérieur de qualité...

A partir de 1910, Gaudi qui a assis sa renommée et acquit une fortune suffisante, n’entend plus se consacrer qu’à un seul projet : la Sagrada Familia. 28 ans après le début du chantier, les travaux sont loin, très loin, d’avoir pris une tournure définitive. Notre homme sait qu’il n’en verra d’ailleurs pas la fin ! D’autant moins que par un beau matin du mois de juin 1926, Antoni Gaudi est renversé par un tram. Il décédera quelques jours plus tard laissant à la postérité une œuvre formidable, unique et gravée à jamais dans l’esprit de Barcelone. Pendant près des cinquante années que dura sa carrière, Antoni Gaudi développa une vision de l’architecture qui ne se résumait pas à construire des murs et y poser un toit. Pour Gaudi, l’aménagement intérieur est forcément lié à la construction extérieure. L’un ne va pas sans l’autre, comment pourrait-il d’ailleurs en aller autrement, puisque toute construction fait un tout indissociable. Impensable pour Gaudi de voir l’aménagement intérieur d’un de ses édifices confié à quelqu’un qui aurait pu avoir une vision ou une interprétation différentes de la sienne. Ainsi pendant un demi-siècle, il aura fait appel à maints artisans catalans qui créeront meubles, pièces d’horlogerie, vaisselle, éléments de plomberie ou de menuiserie,... imaginés et dessinés par le Maître.

Beaucoup d’architectes de grand talent ont contribué au développement urbain des cités, parmi eux on peut citer Violet-Leduc, Le Corbusier, Horta, Buckminster-Fuller, Wright, Piano ou Niemeyer... mais tous sont supplantés par Antoni Gaudi qui a su marier une touche de folie et de mysticisme à son génie créatif !

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