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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 10:06

Le 14 janvier 1914, en inaugurant la toute première chaîne de montage pour son modèle T, Henry Ford révolutionnait l'organisation du travail... Le Fordisme était né !

fordisme.jpgL'aube du 20è siècle induit un changement important dans le monde, les Etats-Unis d'Amérique montent en puissance alors que les nations européennes sont fragilisées par un contexte socio-politique qui débouchera sur le premier conflit mondial, en 1914. L'heure est à l'évolution technologique, le moteur à explosion a boosté le marché automobile qui commence a se développer tandis que, dans les airs, l'aviation gagne ses lettres de noblesse. Une ère de consommation et d'éducation de masse s'ouvre aussi... Forts de leur montée en puissance économique, les Etats-Unis se positionnent comme le pays incontournable du 20è siècle. L'organisation du travail a déja été révolutionnée, en 1880, par Frederick Taylor qui, dans un souci de rendement optimal, organise les ateliers pour mettre en place ce qu'il nomme la moindre fatigue de l'ouvrier. Pendant plusieurs années, l'industriel Henry Ford réfléchit à une manière d'adapter cette organisation du travail, dite scientifique désormais, à son usine de construction automobile de Détroit. Son objectif avoué est de développer son entreprise par un accroissement sensible de sa productivité. Pour y parvenir, Ford dégage trois grands principes :

- la division du travail : désormais, les concepteurs ne seront plus les réalisateurs, c'est ce que Ford appelle la division verticale du travail, une forme de hierarchie entre les niveaux de travail. Au niveau de la réalisation, il ajoute une parcellisation du travail, c'est à dire que chaque ouvrier n'accomplira plus qu'une partie du travail bien précise, c'est ce que Ford appelle la division horizontale du travail. Cette parcellisation engendre la naissance, le 14 janvier 1914, de la chaine de montage pour l'assemblage de la célèbre Ford T.

- la standardisation : un principe qui permet de produire en grande série grâce à des pièces interchangeables.

- l'augmentation du pouvoir d'achat de ses ouvrier : Ford augmente les salaires quotidiens de ses ouvriers; il les fait passer de 2 ou 3 dollars à 5 dollars pour tous puisqu'ils font tous le même type de travail autour de la chaine de montage.

Cette nouvelle organisation de ses usines permet à Henry Ford de diminuer nettement ses coûts de production en diminuant son besoin de main d'oeuvre ainsi que ses surfaces de travail tout en augmentant la production. Il dispose aussi d'un meilleur contrôle sur le travail de chaque ouvrier. Le Fordisme était né ! A noter, par ailleurs, que contrairement à ce que beaucoup croient, c'est le Fordisme qui a mis en place le travail à la chaine et non pas le Taylorisme... Rapidement cette organisation du travail se répend à travers les Etats-Unis, elle bénéficie d'une énorme coup de pouce du destin avec le krach boursier de 1929. En effet, pour tenter de résoudre la crise économique liée au krach, le Fordisme est appliqué dans tout le pays comme solution étatique car, en parallèle aux économies de masses permises par le Fordisme, les économistes ont constaté, depuis 15 ans, un accroissement de la consommation dans les régions où le Fordisme était bien implanté. Il faut attendre la fin de la seconde guerre mondiale et le Plan Marshall - le plan de reconstruction et de relance de l'Europe imaginé par les Américains - pour voir l'introduction du Fordisme sur le vieux continent.

Et pour les ouvriers ?

Mais, si le Fordisme a montré ses charmes pour le patronnat et pour l'Etat, qu'en est-il pour l'ouvrier ? D'aucuns, parmi les économistes américains, se contenteront de dire que cette organisation du travail est aussi bénéfique pour les ouvriers puisque leur pouvoir d'achat s'en trouve renforcé. C'est, assurément, un peu réducteur... beaucoup même ! En effet, le travail à la chaine débouche sur une déqualification de l'ouvrier, il répète sans cesse le même mouvement, le même travail à longueur de journée. Pour visser un écrou ou pour emboiter un essieu, il n'y a pas besoin d'être qualifié. Cette répétition engendre aussi une forme de monotonie du travail qui est peu valorisante et donc source de démotivation pour l'ouvrier. Charlie Chaplin mettra parfaitement en image cette vision du travail du point de vue de l'ouvrier dans Les Temps Modernes (Modern Times, 1936).

Montrant ses limites sociales et freiné par la concurrence du Toyotisme, né au Japon dans les années '60, le Fordisme débouchera sur la crise économique des années septante. Aujourd'hui, totalement dépassé et incapable de satisfaire à la diversification des productions, le Fordisme n'existe plus en tant que tel. Il a été remplacé par une évolution du Taylorisme - appelée post-Taylorisme - qui tend à se recentrer sur l'ouvrier...

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Published by Olivier Moch - dans Le monde est fou !
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