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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 09:48

Meneer Nee veut-il faire de la Flandre une sorte de Kosovo ?

 

scission.jpgAvant le rendez-vous électoral du 13 juin dernier, on nous disait que, quel que soit le résultat, il faudrait trouver un nouvel équilibre à notre pays. 84 jours après le scrutin, cet équilibre nouveau n'a pas encore été trouvé... et il ne semble pas prêt à  l'être. Elio di Rupo a jeté l'éponge, le Roi l' déchargé du rôle de préformateur et a nommé le Présidents de la Chambre et du Sénat, André Flahaut et Danny Pieters, en tant que Médiateurs dans l'idée de relancer les négociations. Informateur, Démineur, Médiateur, Préformateur, Formateur... et tout ça pour n'aboutir à rien ou à si peu ! Diable que le système politique belge est compliqué; pire il est archaïque ! Il est grand temps de ce rendre compte que ce système est dépassé et de franchir le pas pour entrer dans une ère politique plus moderne. Il n'y a guère que cinq pays qui donne une importance au rôle de Formateur - Les Pays-Bas, Le GD de Luxembourg, Israël, la République Tchèque et, bein sûr, la Belgique - mais seule notre pays y ajoute quantité d'autres fonctions - Démineur, Médiateur, et cetera - qui prouvent au fil des élections qu'elles ne servent à rien. Y a-t-il un Formateur en France ? Un Démineur aux USA ? Un Préformateur au Royaume-Uni ? Non, non et non... Et pourtant ces pays ont des gouvernements en place plutôt rapidement après les scrutins. Tiens, même en Angleterre où les élections de mai dernier n'avait pas réussi à dégager de majorité - fait rarissime au pays d'Oscar Wilde - Dave Cameron a réussi a former un gouvernement moins d'une semaine après le scrutin.

 

Ainsi donc c'est reparti pour une médiation afin de ramener les partis autour de la table pour négocier. Cela va-t-il faire évoluer la situation ? Je suis enclin à croire que non tant que De Wever sera à cette table. Ce type ne semble pas comprendre le principe pourtant simple de la négociation. C'est un processus qui doit amener à un accord qui puisse satisfaire les parties en présence, souvent ce processus met face à face des opinions divergentes, des vues foncièrement différentes. On fait, dès lors, des concessions pour obtenir des avancées concrètes; dans une négociation il faut savoir concéder pour obtenir... Et ça De Wever ne le comprend pas ! Il veut plus, toujours plus, n'hésitant pas à revenir sur des accords préalablement obtenus. De Wever n'estpas un négociateur, c'est un bulldozer incapable de finesse et de compromis. Il a dit non à toutes les dernières propositions de Di Rupo qui allaient portant très loin dans le sens du confédéralisme. Il fut un temps où l'on nommait Joëlle Milquet "Madame Non", assurément aujourd'hui Bart De Wever est "Meneer Nee" ! Je l'ai dit déja et le répète, pour l'avenir de la Belgique il faut écarter purement et simplement Bart De Wever des négociations ! La N-VA ne représente même pas trois Flamands sur dix, si les autres partis, y compris le CD&V, décidaient de négocier entre eux, on pourrait avancer vers la mise en place d'un gouvernement et la réforme de la Belgique tant espérée par les Flamands et qui parait inévitable. Avec le travail de Di Rupo, on n'a jamais été aussi loin dans l'idée d'une réforme qui pouvait séduire la Flandre. Si l'on veut une Belgique dans les années à venir, si les Flamands veulent que le pays soit réformé et obtenir danvantage de compétences, il faut virer la N-VA des négociations !

 

Mais voila, il y a aussi le CD&V qui n'est plus que l'ombre du grand parti qu'il fut ! Usuellement dominateur, avec des fortes personnalité, les Chrétiens flamands semblent totalement désemparés depuis le scrutin du 13 juin. Véritables béni-oui-oui de la N-VA, à l'exception de Kris Peeters peut-être, ils paraissent effrayés de la situation et se réfugient alors, y cherchant une forme de protection, dans les jupes de la N-VA. Quand on pense qu'en septembre 2008 le CD&V se séparait de la N-VA pour des divergences de vues fondamentales sur les réformes de l'Etat... C'était un temps, pas si lointain, où l'on avait des c... au CD&V !

 

Aujourd'hui dans les rangs des négociateurs francophones l'optimisme laisse place au réalisme. "Il faut se préparer à la fin dela Belgique"(1) déclare Laurette Onkelinx rejoignant ainsi son collègue socialiste Philippe Moureaux qui avait déja émis cette hypothèse. "Les politiques doivent s'y préparer. Ne pas l'espérer. Mais s'y préparer"(1)... Cette éventualité est réelle mais elle pourrait être dramatique pour les couches les moins nanties de la population tant francophone que néerlandophone. Effectivement, une séparation toucherait très durement les populations les plus fragiles économiquement du pays ! Il est une chose qu'il est, peut-être, important de rappeler c'est que la Constitution belge ne prévoit pas la scission du pays. Dès lors, et c'est Mark Eyskens qui le soulignait en mai dernier avant même les élection, pour que la Belgique cesse d'exister, il faudrait qu'une de ses composante fasse sécession. Jamais la Wallonie ou Bruxelles ne l'envisageront donc cela devrait venir de la Flandre et "une sécession ferait de la Flandre une sorte de Kosovo !"(2). La Flandre serait livrée à elle-même, sans reconnaissance internationale; une Flandre flamando-flamande en quelque sorte. Je suis convaincu qu'aucun Flamand doté d'une once d'intelligence ne souhaite ce scénario.

 

 

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(1) Il faut se préparer à la fin de la Belgique, par A.C., in La Dernière Heure/Les Sports, 5 septembre 2010.

(2) Mark Eyskens : Une sécession ferait de la Flandre une sorte de Kosovo, par William Bourton, in Le Soir, 7 mai 2010

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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