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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 07:43

Une explosion de la zone monétaire de l'Union Européenne n'est pas un scénario impossible...

euro.jpgLes bourses ont ouvert la semaine dans le rouge... encore une fois. Paris, Milan, Bruxelles, Londres, Francfort et les autres affichaient deux à trois pourcents de baisse ce lundi matin, plombées par l'état des valeurs bancaires et par la crise grecque. Derrière la Grèce, l'Irlande, le Portugal et l'Espagne présentent des bulletins alarmants qui ne risquent que d'amplifier la crise monétaire qui secoue l'UE. Disons-le tout de go, cette crise montre les limites de la gouvernance européenne et elle inquiète tout particulièrement les économistes qui posent deux questions essentielles pour le devenir de la zone euro :
1° Comment réduire l'endettement des pays de l'UE sans tomber dans une récession drastique ?
2° Comment augmenter le potentiel de croissance de la zone euro ? 

Par ailleurs, la crise montre clairement qu'il y a une Union Européenne monétaire à deux vitesses avec des pays plus forts (l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Autriche, la Suède et le GD de Luxembourg notamment) et des pays faibles (la Bulgarie, la Grèce, le Portugal, la Hongrie, la Lituanie...). Des pays comme l'Espagne qui se situent à la frontière forts/faibles sont en passe de subir le même sort que la Grèce; si l'Espagne peut être touchée, des pays comme la France, la Belgique ou l'Italie qui se situent à peine au-dessus de l'Espagne dans le ratio PIB/habitant peuvent l'être également. La zone euro n'est pas homogène, c'est évident, et le risque majeur de cette absence de cohésion est que les pays les plus forts deviennent rapidement hostile à la monnaie unique. Une hostilité qui déboucherait alors très vite sur une explosion de la zone euro... De plus en plus, les économistes mettent en avant la faillite du modèle économique européen ainsi que la gestion des dirigeants européens. Fallait-il sortir de la crise en augmentant les dépenses publiques ? Clairement non, répondent divers économistes qui pensent que ce fut une perte de temps pour un résultat qui s'apparente à un sparadrap sur une jambe de bois. "La crise pourrait de nouveau s'aggraver, nous n'avons plus de munitions et avons perdu un temps précieux" explique Dennis Kessler, PDG du groupe SCOR et Administrateur de BNP Paribas, dans une interview donnée au quotidien Les Echos(1). Il met clairement en avant les erreurs d'appréciation des dirigeants européens qui n'ont pas su apprécier la nature de la crise. Dennis Kessler avance deux scénarii pour tenter de sortir de cette crise :
- une issue qu'il qualifie de "par le haut"(1) avec un pas décisif vers le fédéralisme fiscal et la mise en place d'un Gouvernement économique européen ce qui pourrait avoir pour double finalité de préserver une monnaie unique et de restaurer les finances publiques des pays les plus fragiles;
- une issue "par le bas"(1) avec une sortie - temporaire ou définitive selon les cas - de certains pays de la zone euro; ceux-ci retrouveraient alors une souveraineté monétaire pour tenter de retrouver une équilibre budgétaire.

Une disparition de la zone euro n'est pas impossible, elle est réelle mais reste tempérée - toujours selon Dennis Kessler -par la stabilité de la Banque Centrale Européenne (BCE). Autrement dit, tant que la BCE est stable, le risque s'il existe reste faible mais si la stabilité de la BCE est ébranlée... Par ailleurs, certains pays pourraient être tentés de suivre l'exemple de l'Angleterre qui refuse toujours l'euro. L'indépendance de la monnaie anglaise avait permis, entre juillet 2008 et la fin de l'année 2009, à la Banque d'Angleterre de dévaluer de 25% la livre sterling ce qui avait permis d'amortir la banqueroute de certaines institutions financières ainsi que le rachat de certaines banques en situation délicate par l'Etat. La liberté de manoeuvre est forcément plus grande lorsque l'indépendance monétaire est de rigueur ! L'Angleterre, qui a été fortement touchée par la crise de 2008, est officiellement sortie de cette crise financière depuis décembre 2009... Oui, vraiment de quoi donner des idées à certains autres pays de l'UE !

Alors si les pays dits "forts" ne veulent plus de l'euro car ils sont obligés d'éponger les déficits des pays dits "faibles" et si ces mêmes pays "faibles" entrevoit par l'indépendance monétaire une voie pour sortir de la crise à l'exemple de l'Angleterre, qui en voudra encore de cette monnaie unique ? Franchement, il n'est pas déraisonnable de penser que l'euro pourrait disparaitre pour laisser place à un retour des monnaies nationales...

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(1) Dennis Kessler : "Alors que la crise pourrait s'aggraver, nous n'avons plus de munitions", par Laurent Thevenin et François Vidal, in Les Echos, 12 septembre 2011

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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