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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 09:17

C'est l'histoire d'un gosse capricieux bénit par les Dieux du foot...

MaradonaDiego Maradona fête aujourd’hui son 50è anniversaire. Héritier des Di Stefano, Eusebio, Pelé, Beckenbauer, Garincha et autre Cruijff, Maradona fait déjà partie de la légende du ballon rond. Et pourtant, son palmarès est loin d’être le plus étoffé de la planète football mais il faisait quasiment ce qu’il voulait du ballon, un peu comme ci celui-ci avait pour unique objectif de lui obéir au pied et à l’œil... Né à Lanùs(1), dans la banlieue de Buenos Aires, en 1960 il est rapidement repéré par les dénicheurs de talent d’Argentino Juniors qui voient en lui un futur grand du foot et lui accolent le sobriquet flatteur de Pibe de Oro, le Gamin en Or... Il intègre l’équipe fanion d’Argentino Juniors le 23 octobre 1976, quelques jours avant de fêter son 16è anniversaire. Il restera dans ce club jusqu’en 1980 décrochant, au passage, un titre de Meilleur Joueur du continent américain(2) et un titre de champion du monde avec l’équipe nationale juniore d’Argentine. C’est auréolé de ces deux premiers trophées qu’il rejoint Boca Juniors le club phare du football argentin de ce début des années ’80 avec lequel il décroche un titre national en 1981.

C’est la Coupe du Monde espagnole, en 1982, qui va révéler au public européen ce petit bonhomme trapu au pied gauche magique. Les Argentins débarquent en terre ibère pour défendre le titre mondial qu’ils ont conquis quatre ans plus tôt sur leur sol. Emmenée par des joueurs talentueux comme Mario Kempès - meilleur buteur de la précédente Coupe du Monde -, Oswaldo Ardilès ou le gardien de but Matildo Ubaldo Fillol, l’équipe argentine fait figure de favorite, au même titre que le Brésil de Zico et Socratès, l’Italie de Zoff, Tardelli et Rossi ou encore l’Allemagne de Rummenigge, Schusters et Breitner récente championne d’Europe... Et pourtant, le tournoi de la sélection blanche et azure est loin d’être remarquable. Elle s’extrait péniblement du premier tour écartant le Salvador et la Hongrie mais butant sur les Diables Rouges belges qui, en match d’ouverture, créaient la première sensation du tournoi en battant l’Argentine 1 à 0... Le second tour sera pire encore puisque les Argentins s’inclinèrent face à l’Italie et au Brésil dans une formule inédite de triptyque. Mais l’Europe vient de faire connaissance avec un joueur hors pair et le FC Barcelone est le plus prompt pour faire signer Maradona. En Espagne, il va découvrir le sort réservé aux joueurs trop technique... un matraquage en bonne et due forme par les défenseurs dépassés par tant de vivacité. Ainsi, Maradona est la cible d’une véritable agression du joueur basque Goicoechea qui le laisse sur le carreau, victime d’une déchirure multiple des ligaments à laquelle vient se greffer une hépatite virale. Le bilan catalan du Pibe de Oro est plutôt mièvre même s’il s’orne d’un titre de champion d’Espagne en 1983.

L’année suivante est synonyme d’explosion pour la carrière de Maradona ! Il rejoint le Calcio et le club du SSC Naples où il est accueilli en messie. La Juventus de Turin possède très politiquement correct Platini, Naples dispose désormais de l’enfant terrible Maradona, râleur, bagarreur, souvent grossier mais au pied gauche unique et au dribble démoniaque... En Italie, Maradona découvre les plaisirs faciles que peut lui procurer le salaire mirobolant que lui octroie La Napoli. Les frasques s’enchaînent mais tout lui est pardonné le dimanche sur le terrain. Maradona emmène le club napolitain au faîte de la gloire. Alors que Naples avait du se contenter jusqu’alors de deux Coupes d’Italie (1962 et 1975), le joueur argentin va lui offrir deux titres de champion national (1987 et 1989), une nouvelle Coupe d’Italie (1987), une Supercoupe d’Italie (1991) et, surtout, une Coupe de l’UEFA (1989) remportée au détriment du VFB Stuttgart.

Lors de la Coupe du Monde 1986, au Mexique, Maradona éclabousse la compétition de son talent. Si les médias retiennent souvent son goal inscrit de la main, en quart de finale, face à l’Angleterre - très pompeusement nommé «but de la main de Dieu» -, c’est surtout ces deux chevauchées fantastiques sanctionnées par autant de buts d’anthologie face à l’Angleterre encore et contre la Belgique, en demi-finale, qu’il faut conserver en mémoire... Cette année 1986 verra l’Argentine de Maradona devenir championne du monde ! Maradona participera encore à l’édition 1990, en Italie, de la Coupe du Monde où l’Argentine accédera à la finale s’inclinant, dans une revanche de la finale 1986, face à l’Allemagne et sera présent quelques jours aux Etats-Unis, en 1994. Hélas, au pays de l’Oncle Sam il sera contrôle positif et exclu de la compétition. Une sortie internationale bien peu glorieuse pour celui qui était revenu jouer au pays, au Newell’s Old Boys après avoir transité deux saisons au FC Séville après son séjour napolitain. Lorsqu’il quitta Naples, au terme de la saison 1991, beaucoup voyaient déjà en lui un has-been ; ce n’était pas entièrement faux. Accroc aux stupéfiants, boulimique par période, peu enclin a l’entraînement et difficile à gérer humainement, Maradona a épuisé la patience de beaucoup d’entraîneurs. Cette fois, la magie de son pied gauche ne suffit plus ! Alors, il termine sa carrière à Boca Juniors où sa légende naquit véritablement...

Artiste du ballon rond, écorché vif, paranoïaque, caractériel et dépendant de drogues dures, Maradona fait pourtant partie des personnages de légende de l’Argentine au même titre qu’Eva Peron, Juan-Manuel Fangio, le boxeur Carlos Monzon ou encore le Che Guevara... Les Idoles d’un Peuple !

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(1) et certains oseront encore s’étonner qu’il se conduisit parfois comme un trou du cul...
(2) l’équivalent du Soulier d’Or européen
(3)
dont beaucoup ignore qu’il était de nationalité argentine, né Ernesto Guevara de la Serna en 1928 à Rosario de la Fe dans une famille de la petite bourgeoisie...

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