Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 14:48

Le football soumis aux diktats du capitalisme…

footargent.jpgNous ouvrons un dossier consacré au football, un sport qui est devenu un vrai business. Ce dossier reposera sur trois axes : le foot et l’argent ; le racisme dans le foot et le football des amateurs. Première partie de ce dossier…

Le football est-il pourri par l’argent ? Bon d’accord, la question est un peu commune et il est difficile d’y répondre par la négative tant le sport dit roi est devenu assujetti au Dieu Pognon ! Certains joueurs gagnent des sommes astronomiques qui ne sont finalement que menue monnaie dans le budget des plus grands clubs européens… Aujourd’hui, le foot n’est plus un sport associatif mais bien un business axé sur la pratique d’un jeu populaire. Il est affaire de sous, de managers et d’avocats… Le but est, désormais, pour les clubs d’avoir l’effectif le plus prestigieux possible, quitte à dépenser des sommes mirobolantes pour y parvenir et à débaucher, en cassant des contrats, s’il le faut, des joueurs chez le voisin… Pas forcément pour les faire jouer en plus, non simplement pour affaiblir l’effectif du voisin simplement. Et beaucoup de joueurs ne résistent pas à l’appel des sirènes ; pour quelques espèces sonnantes et trébuchantes en plus sur un compte déjà bien garni, ils préfèrent faire banquette dans un grand club que de jouer dans un club moins huppé ou encore s’exiler dans un pays sans intérêt avec un championnat sans intérêt, à l’image de Mbark Boussoufa qui quittera prochainement Anderlecht, le meilleur club belge, pour aller jouer… au Daguestan ! Oui l’argent a détruit bien de choses dans le football, à commencer par le goût que j’avais pour ce sport voici quelques années encore.

Mais le football c’est aussi une autre histoire d’argent, une histoire de corruption, de matches truqués et de falsifications. Rappelez-vous cette sombre histoire qui secoua, en 2005, le landerneau footbalistique belge… Pour permettre à un Chinois de faire de l’argent, une montagne d’argent, par le biais de paris, plusieurs matches du championnat belge avaient été truqués ! Le principe était simple, le Chinois proposait d’aider des clubs en difficultés financières par le biais de contrats de sponsoring mais imposait une mainmise sur certains paramètres (composition d’équipe notamment) et allongeait quelques «primes» supplémentaires pour que certains joueurs lèvent le pied ou commettent des erreurs de jeu… Des sommes surprenantes – jusqu’à 700.000€ - avaient été misées sur des matches moyens du championnat belge. Zehun Ye, le Chinois, porta son attention sur des petits clubs pour deux raisons fondamentales :

 

- premièrement parce que corrompre des joueurs de grandes équipes qui touchent des salaires pouvant aller jusqu’à 25.000€ aurait coûté beaucoup plus cher au Chinois. En effet, quel joueur gagnant deux, trois ou cinq fois plus par mois aurait accepté de lever le pied pour 5000€ ? Tandis que des gars qui ne gagnent que 1000 ou 1500€ pouvaient, en une soirée, se faire quatre ou cinq fois leur salaire mensuel ;

- deuxièmement, pour pouvoir avoir une mainmise interne, il fallait que le Chinois puisse entrer dans le club à corrompre ; c’est ce qu’il fit à l’aide de ses contrats de sponsoring notamment. Il devait s’imposer à des clubs en proie à des finances un peu justes, pas à des clubs au budget important.

La gangrène corruptive toucha aussi, à la même époque, le championnat finlandais et même le championnat de France… Point commun, ce sont des joueurs de petites équipes qui furent contactés pour lever le pied. Autre point commun, la Belgique ! En effet, en Finlande le club suspecté était alors entraîné et managé par des Belges tandis que l’homme qui a tenté de corrompre un joueur français avait, selon L’Equipe, un fort accent belge... Mais, le championnat qui fut, alors, le plus touché fut, sans conteste, le belge ! Plusieurs équipes ont été dans le collimateur de la justice et de nombreuses langues se sont déliées. Plusieurs joueurs et entraîneurs ont admis avoir touché de l’argent pour fausser l'un ou l’autre match, ils ont d’ailleurs subit l’ire de la justice et de la Fédération Belge. Pour l’enrichissement personnel de certains, le football belge fut montré du doigt. Il est pourri a-t-on dit ! C’était assurément un fait mais faut-il rappeler que la Belgique n’a pas le monopole de la tricherie dans le foot ? Pas plus qu’il ne faut rappeler que les magouilles financières dans le football ne sont pas récentes… Le scandale, en 1980, des matches truqués pour le loto sportif – le fameux Totonero - qui avait coûté une longue suspension à Paolo Rossi, c’était dans le championnat italien ; la fameuse caisse noire de Saint-Etienne c’était en 1982 dans le foot français ; la corruption des arbitres organisée par des clubs c’était en 2004 en Tchéquie ; l’arbitre Hoyzer qui avait orienté des matches contre argent c’était dans la Bundesliga allemande en 2005… Mais la corruption dans le football n’est pas un phénomène obsolète, loin s’en faut. A la fin de l’année passée, la Fédération Grecque a ouvert une enquête à l’encontre de treize clubs grecs, dont quatre de première division, qui sont soupçonnés d’avoir truqué une quinzaine de matches. Le 10 mars dernier, il y a donc à peine une semaine, la FIFA ouvrait une procédure disciplinaire à l’encontre de six arbitres et officiels qui sont soupçonnés d’avoir été manipulés au profit d’une société thaïlandaise qui détenait les droits d’organisation de deux matchs internationaux et amicaux… Pourquoi une société privée détient-elle des droits sur l’organisation de matches internationaux ? N’est-ce pas là l’apanage de la FIFA ?

Le football n’est plus seulement un vecteur de socialisation, une activité sportive voire un métier pour certains comme il l’était encore jusqu’aux années ’80. Depuis l’avènement de la Champion’s League, le football est devenu un secteur économique hautement capitaliste qui s’appuye sur la recherche d’un profit maximal et dans lequel se dégagent quelques ténors du business. Comme tout secteur économique, il est soumis à une mondialisation exacerbée. Faut-il, dès lors, s’étonner que les petits, les laissés-pour-compte, qu’ils soient clubs ou joueurs, essayent eux aussi d’avoir leur part d’un gâteau appétissant orné de dollars et d’euros ? Le football-sport est devenu football-spectacle, je n’en veux pour preuve que les sommes colossales investies en droit de retransmissions télévisées. C’est un milieu dans lequel circulent des sommes prodigieuses… L’argent appelle l’argent, alors le football-pognon engendre de nouvelles ressources financières et il n’est que «normal» que les coulisses soient infiltrées par des systèmes mafieux qui entrevoient les profits colossaux que l’on peut tirer du foot-business…

L’argent est ultra-présent dans le football, il le régente et il génère des comportements malsains à tous niveaux, dans tous les pays… Faire basculer le système en place relève de l’utopie alors nous l’acceptons tous, tacitement ou non. Beaucoup, comme moi, se sont désintéressés de ce milieu c’est peut-être la seule chose à faire !


A suivre :
· 2è axe : Racisme et football (25 mars 2011)
· 3è axe : Le football des amateurs (1er avril 2011)

Partager cet article

Repost 0
Published by Olivier Moch - dans Le monde est fou !
commenter cet article

commentaires