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31 mai 2006 3 31 /05 /mai /2006 11:14

A propos d’une lecture sartrienne de la politique actuelle en Belgique…

 

sartre.jpgNos élus n’en font qu’à leur tête et s’arrangent pour tirer – et pas forcément de manière légale - de juteux bénéfices de leur position qui englobe aussi divers mandats dans les conseils d’administration de sociétés publiques… Décidément, la politique d’aujourd’hui c’est du Sartre : ils ont «les mains sales et nous, petites gens du peuple, avons «la nausée» ! J’en entends dire qu’il ne faut pas oublier que s’ils sont là, à la tête de nos communes, de nos institutions, de nos sociétés… c’est parce que nous les y avons placés ! Ce n’est pas tout à fait vrai, n’en déplaise à l’ami Di Rupo ! Et quand bien même les y avons nous mis là où ils sont, ce n’est assurément pas pour puiser dans les caisses, s’autoproclamer lider maximo et agir à leur guise, en toute impunité. Une fois élus, ils vivent à «Huis clos», seuls dans la tour d’ivoire qu’ils se bâtissent au détriment des idéaux qu’ils affirment servir… Face à la tentation de l’argent, les idéaux ne résistent que très rarement !

Ainsi donc le Parti Socialiste est rattrapé par de nouvelles affaires à quelques encablures des élections communales… A Charleroi et à Namur, les élus rouge se sont enrichis ou ont facilité l’enrichissement de personnes proches par quelques magouilles de leur cru ! Et le Président du parti qui a perdu sa rose depuis quelques années pour ne conserver que ses initiales, de se démener comme un beau diable pour démontrer à l’envi et au grand public que tout n’est pas pourri au royaume socialiste… Mais attention, si le PS francophone est sous le feu des projecteurs médiatiques, il serait imbécile de croire qu’il est le seul se fourvoyer dans les méandres de la politique-poubelle. Non, le PS n’a pas le monopole dans ce domaine… Je n’en veux pour preuve que le livre «Rouge, pair et gagne»que publie le Bourgmestre de Dinant – libéral dans l’âme, à l’opposé du PS - tel un exutoire à son implication dans la fameuse affaire du casino de Dinant qui perdure depuis bientôt huit ans. Jean-Claude Defossé, l’excellent journaliste de la RTBF, démontrait à merveille dans son reportage «L’arrière-cuisine du Front National» que l’afFrontNational qui se présente comme le parti propre de la politique belge est le plus magouilleur de tous… Dans l’isoloir, reporter sa voix de citoyen en colère ou déçu sur une liste d’extrême droite est donc bel et bien une hérésie. Qu’il me soit permis d’insister sur ce point !

Nous les avons fait Dieux !

Soyons clairs : ce ne sont pas les partis politiques qui sont pourris mais bien certaines de leurs composantes individuelles ! «L’idiot de la famille» politique, quelle qu’elle soit, est celui qui abuse de sa position pour se compromettre. Mais toute la famille n’est pas à blâmer pour la cause ; il reste des membres à la morale et à l’éthique qui n’est pas – ou pas encore – entamée… Comment faire alors pour enrayer la spirale des margoulins ? Est-ce seulement possible ? Car finalement, ne sommes nous pas responsables aussi, nous gens du peuple, de cette situation ? En sollicitant nos élus tantôt pour un emploi, tantôt pour un logement social ou pour une promotion voire encore pour une intervention auprès du système judiciaire, ne nourrissons-nous pas cette sensation en eux qu’ils ont un pouvoir absolu, qu’ils existent et que nous ne sommes rien ? «L’être et le néant» somme toute ! En les hélant pour obtenir leur aide ne les faisons-nous pas Dieu ? «Etre homme, c'est tendre à être Dieu: ou, si l'on préfère, l'homme est fondamentalement désir d'être Dieu» (Jean-Paul Sartre, «L’Etre et le Néant»)… Comment dès lors ne pas succomber à la tentation lorsqu’on est fait Dieu Tout Puissant par le commun des mortels ?

Car, malgré tout, l’homme politique garde une aura importante auprès d’une large partie du public. Il reste un vieux complexe lié à notre éducation judéo-chrétienne qui veut que les politiques, les médecins et les enseignants jouissent d’un respect du à leur rang ; un peu comme si leur fonction leur conférait naturellement une importance que non pas d’autres… Si, aux yeux de bon nombre, la politique est une putain respectable, elle n’est assurément plus une «putain respectueuse» ! Beaucoup oublient, une fois en place les bases de leur militantisme pour s’aliéner au côté obscur de la farce… La farce qui voudrait nous faire croire que, «la mort dans l’âme», nous devons accepter les vieux barons plénipotentiaires de choix que nous aurions posés dans un isoloir ! Il est temps, grand temps, de laisser place à «l’âge de raison», d’enterrer à la fosse commune de notre mépris ces «morts sans sépultures» d’une génération politique – ceux qui ont accédé aux divers niveaux de pouvoirs dans les années ’80 – dont le déclin est pareil à celui de l’empire romain… Nauséabond et corrompu ! Place aux jeunes, à ceux qui ont encore l’esprit fort de leurs convictions, qu’elles soient de droite, de gauche ou du centre… Ce sont eux qui feront souffler le vent de notre révolte !

Et pour compléter cette diatribe, je laisserai la conclusion à un texte court de Renaud, intitulé «Le Tango des Elus» qui illustre à merveille cette fameuse génération politicienne et qui dit :

«Et dire que chaque fois que nous votions pour eux
Nous faisions taire en nous ce cri : Ni dieu ni maître !
Dont ils rient à présent puisqu'ils se sont fait dieux
Et qu'une fois de plus nous nous sommes fait mettre» (1)


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(1) «Le Tango des Elus» sur l’album «Marchand de Cailloux» (1991)

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Published by Olivier Moch - dans Humeurs
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