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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 14:03

Il avait été à l’origine du Nouvel Hollywood et avait laissé une trace indélébile dans le cinéma américain avec Easy Rider…

hopper.jpgIl avait été à l’origine du Nouvel Hollywood et avait laissé une trace indélébile dans le cinéma américain avec Easy Rider Cela faisait plusieurs mois qu’il était rongé par le crabe et les différents judiciaires qu’il venait d’affronter avec une ex-femme probablement très intéressée n’auront eu de cesse d’accélérer le décompte final. Dennis Hopper est mort ce samedi 29 mai, quelques jours après son 74è anniversaire. S’il restera à jamais associé au film culte Easy Rider, qu’il réalisa et dans lequel il joua, en 1969, Hopper fut un acteur immense du cinéma américain. A son actif, on recense plus de 150 films tournés avec les plus grands réalisateurs, d’Henry Hathaway à David Lynch en passant par Ron Howard, Sean Penn, Francis Ford Coppola, Abel Ferrara, Bigas Luna, Sam Peckinpah ou Orson Welles… un tableau que beaucoup d’acteurs peuvent lui envier ! Dennis Hopper avait aussi goûté à la réalisation, avec le fabuleux Easy Rider, road-movie symbole de la culture hippie de la fin des années 60. Mais plus qu’un hymne à la liberté, Easy Rider marque aussi la naissance de ce que l’on nomma Le Nouvel Hollywood, qui implémenta une nouvelle façon de tourner des films aux Etats-Unis. Cette vague moderniste s’inspira de la Nouvelle Vague française et du Néoréalisme italien pour placer le réalisateur au centre du film au détriment des argentiers des grands studios hollywoodiens. Ce Nouvel Hollywood permis à des monstres comme Coppola, Scorsese ou Altman, entre autre, d’émerger de la masse… C’est un peu à Dennis Hopper qu’ils le doivent, finalement ! Hopper, voulais-je dire avant de digresser, était aussi un réalisateur de talent à qui l’on doit de grands films comme Colors (1988), qui évoque les gangs de Los Angeles ou Hot Spot (1990), un thriller noir bercé par une bande musicale sublime…

Dennis Hopper était aussi un peintre et, surtout, un photographe de talent. Il avait, à plusieurs reprises, exposés ses clichés dans de grandes galeries américaines, allemandes et anglaises. Un peu fou, probablement suite à sa consommation accrue de drogues et d’alcool, il réalisa un art-happening en plein cœur de L.A. pour lequel il fit exploser 17 bâtons de dynamite à côté desquels il s’était accroupi… Car Hopper était un grand «consommateur» de drogues ; LSD, cocaïne, Héroïne, marijuana, autant de stupéfiants dont il abusa pendant plus de vingt ans. La scène mythique d’Easy Rider - décidément on y revient toujours – dans laquelle Hopper, Fonda et Nicholson sont assis autour d’un feu occupés à fumer des joints fut d’ailleurs mise en boite alors que les trois acteurs fumaient réellement de la marijuana… C’était une idée de Dennis Hopper !

Ami de James Dean, il se fit bannir, peu après la mort de celui-ci et plusieurs années durant, d’Hollywood pour avoir osé entrer en conflit avec Henry Hathaway sur le tournage du western From Hell to Texas. C’est à cette période de vaches maigres qu’il découvrit la photographie et développa un réel talent pour cet art. Il profita aussi de ce bannissement hollywoodien pour gagner New York et intégrer la prestigieuse académie Actors Studio de Lee Strasberg qui forma les plus grands acteurs américains. Finalement la seule chose que je pourrais reprocher à Dennis Hopper est d’avoir ouvertement milité pour le Parti Républicain et soutenu les campagnes présidentielles de Reagan et des Bush père et fils… Ce choix politique allait à contresens total des valeurs qu’il prôna au travers de son chef d’œuvre, Easy Rider et ça c’est vraiment dommage !

Il n’en reste pas moins que le cinéma américain vient de perdre encore l’un de ses piliers…

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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