Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 14:17

Avoir le courage d'éjecter Bart De Wever des négociations !

 

BDW.jpgIl y aurait eu un clash important, samedi dernier, entre bart de Wver, le patron de la N-VA, et Laurette Onkelinx, la Ministre socialiste, lors d'une réunion dans le cadre des négociations menées par Elio Di Rupo. La Libre Belgique de ce matin évoquait l'altercation verbale dans laquelle Onkelinx reprochait au leader extrémiste flamand de trop vouloir sans être prêt à faire de concessions. Lorsque, excédée par la situation, Laurette Onkelinx a déclarée qu'elle "ne croyait plus à une issue positive pour les négociations"(1), Bart de Wever a aussitôt rétorquer : "Alors, il faut vous préparer rapidement à la fin du pays"(1)... Je finirais par croire que seule parmi les négociateurs francophones Laurette Onkelinx à des couilles, si j'ose me permettre cette image ! En effet, alors que les médias nous disent que De Wever est de moins en moins homme de compromis, les autres négociateurs francophones continuent de faire le dos rond et d'essayer d'arrondir les angles. Il est un moment où faire face et dire : "Assez !".

 

Bart De Wever ne semble pas comprendre qu'une négociation repose sur le compromis et reviens sans cesse sur ses paroles. Ainsi, dimanche matin il promettait que l'on ne toucherait pas à l'Impôt des Personnes Physiques (IPP) avant d'en reclamer la régionalisation ce matin. Régionaliser l'IPP reviendrait, dixit les économistes du pays, à affaiblir économiquement la Wallonie et Bruxelles et à enrichir la Flandre. Or, il était bien question, dès le départ des négociations, qu'il ne fallait pas appauvrir une région au profit de l'autre ! Mais de cela, il semble que De Wever n'en n'ait plus cure... Et le jeu risque de se poursuivre longtemps ainsi si les Francophones ne se décident pas à prendre leur courage en main. Mais le courage en politique n'est assurément pas la qualité principale !

 

Prendre son courage en main qu'est-ce à dire ? Accepter la séparation Flandres/Wallonie et signifier ainsi la fin de la Belgique ? NON ! Prendre son courage en main dans ce contexte serait de dire : "Basta, De Wever on ne veut plus de toi !". Aujourd'hui, je pense qu'Elio Di Rupo, pour le bien de la Blgique - de toute la Belgique - doit se rendre chez le Roi et lui dire : "Sire, les négociations avec la N-VA sont impossible, il convient d'arrêter là et de nommer un nouvel Informateur qui étudiera la possibilité d'une coalition gouvernementale sans la N-VA"... Oui, la seule coalition qui puisse servir la Belgique et de le réformer intelligemment doit se faire sans la N-VA !

 

Est-ce tellement inimaginable ?

 

Je dis clairement que non ! Car si De Wever et la N-VA ont bien été le premier parti lors des élections de juin dernier, ce scrutin n'est qu'une étape du processus de Réforme du Pays et, pour faire une comparaison imagée, le vainqueur d'une étape n'est pas forcément le vainqueur du Tour de France !

 

Soyons clairs et regardons les chiffres du scrutin fédéral de juin dernier. La N-VA a récolté 1.135.617 voix, soit 17% de l'ensemble des voix déposées dans les urnes, ce qui se traduit par 27 sièges sur les 150 du Parlement fédéral belge. Clairement, la N-VA représente donc moins de un Belge sur six (17% des voix) et même pas 1/5è des sièges parlementaires fédéraux... On peut même aller plus loin en disant que que sur les 3.953.606 voix des électeurs flamands, la N-VA en a récolté 1.135.617 (puisqu'elle a fait toutes ses voix en Flandre), c'est à dire à peine, 28,7% des voix flamandes... On peut donc dire que plus de sept Flamands sur dix ont voté pour des partis autres que la N-VA. En Belgique, le parti séparatiste de Bart De Wever représente donc concrètement :

- 2,87 Flamands sur dix;
- 1,7 Belges sur dix;
- moins d'un sièges parlementaire fédéral sur cinq.

 

Et c'est sur base de cette représentation minimaliste que la N-VA entend imposer sa volonté dans les négociations actuelles. C'est tout simplement inadmissible ! Aujourd'hui, après avoir constaté que De Wever n'en n'aura jamais assez, qu'il réclame toujours plus de régionalisation et que finalement son dessein ultime est l'indépendance de la Flandre pour satisfaire son électorat extrémiste, je dis que la N-VA n'est jamais qu'une merde sur un trottoir flamand et qu'un étron, on ne marche pas dedans, on le contourne, on l'évite...

 

Alors, Mesdames et Messieurs Milquet, Onkelinx, Magnette,wathelet, Marcourt, Picqué et autre Di Rupo, si De Wever continue à en vouloir toujours plus, toujours trop, osez l'éliminer des négociations, osez le dégager dans l'intérêt d'une Belgique qu'il convient certainement de réformer mais pas de scinder. De Wever et sa N-VA ne sont pas aussi incontournables qu'on veut nous le faire croire depuis le scrutin de juin dernier. Ils ne représentent pas l'avis général des Flamands (et encore moins des Belges), c'est même, quelque part, faire fi des plus de sept Flamands sur dix qui n'ont pas voté N-VA que de courber l'échine devant De Wever. Je le dis, et l'ai écrit, depuis le 14 juin dernier, lendemain des élections, la N-VA n'est pas incontournable... Il suffit d'avoir le courage d'écarter celui qui a fait le plus de voix mais qui n'en n'a pas fait suffisamment que pour imposer sa volonté.

 

------

(1) De Wever : "Il faut vous préparer rapidement à la fin du pays", par Martin Buxant, in La Libre Belgique, 23 août 2010

Partager cet article

Repost 0
Published by Olivier Moch - dans Le monde est fou !
commenter cet article

commentaires