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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 13:28

Peut-on écrire tout ? La question mérite d’être posée. Je pense personnellement que l’écriture n’a de limite que l’étroitesse d’esprit de certains lecteurs !

ecrire.jpgA la question de savoir si l’on peut rire de tout, je réponds : oui, mais pas avec tout le monde ! Desproges - je sais que j’y reviens souvent mais il reste la seule référence à laquelle je me soumette en termes d’écriture et de pensée - soulignait justement qu’il est préférable de blaguer à propos les camps de concentration avec un juif que de parler sérieusement avec un représentant du Front National ! J’adhère totalement à cette vue de l’esprit. Par extension, la question « Peut-on écrire tout ? » mérite également d’être soulevée.

Je serais tenté de répondre : tout, oui ; n’importe quoi, non ! Lorsque l’on évoque un sujet délicat, il est préférable de prendre du recul avant d’écrire. Après une analyse, qui peut être succincte mais qui doit toujours être objective et posée, l’auteur peut aborder n’importe quel sujet, en fonction de ses affinités et de ses envies. Il n’est pas, selon moi, de sujets tabous en matière d’écriture ! Sans réflexion, cependant, les mots peuvent, parfois, dépasser la pensée et comme les écrits restent... Si le tout s’aborde posément, souvent le n’importe quoi résulte de la réaction impulsive.

Il y a quelques années, j’avais été attaqué, dans un quotidien local, pour un de mes textes parus, notamment, dans un autre quotidien local. Hormis le fait qu’une attaque se fasse logiquement via le même média que l’article incriminé, je n’ai pu que regretter que mon agresseur scriptural n’ait pas perçu le sens réel d’une phrase. Je l’avoue, humblement, pour qui a l’esprit belliqueux et cherche un motif d’agression la phrase dont question était un peu maladroite. Je vous la livre ici : «Il existe deux types d'humoristes : ceux dont on regrette la mort comme Thierry Le Luron, Coluche et Desproges et ceux dont on regrette qu'ils soient toujours vivants comme Bigard, Lagaf ou Blackswolf»(1). Cette sentence, qui est avant tout l’adaptation d’une pensée de Pierre Desproges à une situation concrète n’était qu’une image, une sorte d’aphorisme. Le cuistre qui m’attaqua avait osé imaginer que je souhaitais la mort de ces humoristes… Jamais, ô grand jamais, au travers de cette phrase ou d’un autre écrit d’ailleurs, je n’ai souhaité la mort de quelqu’un. Dans ce contexte, je regrettais juste que les «comiques» suscités polluent encore de leur présence les scènes et télévisions de Belgique, de France et de Navarre... participant ainsi à la propagation de la bêtise et de la vulgarité ambiantes. Vivant pouvait et devait s’entendre dans le sens «d’avoir du crédit, être présent»...

Je voudrais encore insister sur le fait que regretter quelque chose ne signifie pas automatiquement souhaiter son contraire ! Ainsi, on peut très bien, par exemple, regretter qu’un agresseur scriptural, quel qu’il soit, fut con soit con sans souhaiter, pour autant, qu’il devienne intelligent ! Par là même, j’entends confirmer que je ne souhaite pas la mort de nos trois ersatz d’humoristes !

Attention, la liberté d’écrire entraîne avec elle la liberté de répondre... Cela me paraît évident ! Lorsque l’on s’expose, de quelle que manière que ce soit, on doit prévoir la critique. Mais on en revient au troisième paragraphe de ce texte, la réponse ne doit pas se faire à chaud. Elle mérite aussi réflexion...

Personnellement, lorsque j’écris un texte qui implique mes émotions, je le fais avec du recul jamais sous le coup d’une des ces émotions. Ainsi, je peux affirmer que mes écrits ne dépassent jamais ma pensée. Evidemment, quand on écrit publiquement, on ne série pas ses lecteurs, c’est ainsi que parfois la finesse ou le sens d’un texte, d’une phrase, d’un terme ou d’un jeu de mot échappe au lecteur. C’est normal ! Aussi, on ne peut pas plaire à l’ensemble. C’est un fait ! De temps à autre, il y a un lecteur qui ne comprend pas ou refuse de comprendre... Ce n’est heureusement pas la majorité. Mais il faut aussi composer avec ce type de liseurs de mauvaise aventure !

L’écriture n’a, pour moi, bel et bien de limite que celle fixée par l’étroitesse d’esprit de certains lecteurs !

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extraite du texte «Etonnant, non ?» publié sur Acta Diurna, le 18 avril 2003 et dans le mensuel « l’Info de l’Oie » du mois de mai 2003

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Published by Olivier Moch - dans Humeurs
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