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12 septembre 2005 1 12 /09 /septembre /2005 10:20

De l’intérêt que je ne parviens pas à appréhender de battre frénétiquement des mains pour exprimer sa joie, sa satisfaction ou son approbation…

applaudissement.gifComme le chien remue la queue lorsqu’il est de bonne humeur, l’homme frappe des mains… Il applaudit pour témoigner de sentiments variés ! Voilà assurément une vue de l’esprit humain à laquelle je ne souscris pas… A une connaissance qui s’étonnait que je n’applaudisse pas à la fin d’un spectacle qui m’avait pourtant bien plu, je ne pu que répondre que le groupe musical que nous écoutions avait déjà eu la contrepartie au récital qu’il nous avait proposé sous forme d’un cachet plus ou moins juteux auquel je participais, moi aussi, en acquittant le droit d’entrée dans la salle. Et tandis que mon interlocuteur interloqué semblait s’émouvoir que je ne m’esbaudisse pas à la prestation des musiciens, je lui rétorquais que personne n’avait pour habitude de m’applaudir lorsque je fais correctement mon boulot ce que, somme toute, les musiciens que nous venions d’entendre n’avaient que fait ce soir là…

J’avoue ne pas comprendre ce besoin frénétique de taper dans ses mains ! Cette incompréhension grandit encore à chaque fois que je prends l’avion pour m’évader quelques jours durant de mon train-train. Ce fut encore le cas cet été lorsque le pilote posa son Boeing sur le tarmac de Marrakech. A peine l’avion toucha-t-il le sol que la quasi-totalité des passagers se mit à applaudir cet «exploit»… Ceux-ci avaient-ils si peu confiance dans le pilote qu’ils aient ressenti le besoin de libérer leur esprit en battant des mains ? A moins qu’ils ne trouvent que de poser un avion ne s’apparente encore à une performance extraordinaire… C’est pourtant d’une banalité affligeante tant ce geste quotidien est répété à l’envi ! Quoi qu’il en soit, le commandant de bord ne faisait que son job en posant l’avion au sol tout comme il le faisait lorsqu’il dirigeait le Boeing en vol… Pourtant, durant les trois heures où la machine était en plein ciel, pas un passager n’a songé à applaudir le pilote ! Il n’y a rien de plus navrant, je trouve, que des passagers qui applaudissent le pilote à l’issue d’un vol !

Franchement, applaudit-on un chirurgien qui vient de boucler une opération délicate ? Non, et pourtant, celui-ci mérite davantage de reconnaissance, me semble-t-il, que le pilote qui pose son avion ou que le chanteur qui termine son concert ! Applaudit-on le boucher qui tranche une belle entrecôte ? Pas plus je pense que le précédent chirurgien, pourtant lui aussi fait son boulot… Oui mais, après un spectacle quand même en imaginé-je certains s’indigner encore de mon manque de respect clap-clapant… Après le spectacle comme après l’atterrissage ou après le débitage de mon entrecôte, je ne ressens pas le besoin de taper dans les mains pour m’ébahir à la vue d’un homme qui fait son job ! Pourquoi applaudirait-on à l’issue d’une pièce de théâtre ou d’un concert alors qu’aucun battement de mains ne se fait jamais entendre lorsque l’on referme un excellent bouquin ? La déclamation d’un comédien et les vocalises d’un chanteur seraient-elles plus dignes d’applaudissements que les phrases d’un grand auteur ? Non !!! Je serais aussi curieux de savoir si, lorsqu’ils (ré)écoutent l’enregistrement public, sur CD, d’un concert auquel ils ont assistés, les quidams aux mains qui s’entrechoquent si facilement se mettent également à applaudir ? Franchement je serais étonné d’apprendre qu’ils applaudissent chez eux ce même concert qu’ils applaudissaient en live !

Je me souviens aussi de longs discours politiques aussi ennuyeux qu’un film soviétique des années ’30 que ponctuaient de longues salves d’applaudissements servies par un public qui ne manquait pourtant pas de bayer aux corneilles ou de regarder sa montre pendant le blabla… Oui, parfois, l’applaudissement est aussi la marque d’une hypocrisie latente ! Je n’ai jamais manifesté le besoin ou l’envie réelle d’applaudir à quelque occasion que ce soit… Je sais que cela en gène plus d’un mais je n’en n’ai cure car cela ne fait qu’équilibrer mon étonnement réel de voir taper dans les mains des dizaines, voire des centaines ou des milliers, de personnes en même temps !

C’est décidé, je ne me mettrais à battre des mains que lorsqu’un attroupement se formera chaque matin devant chez moi pour applaudir le facteur qui glisse le courrier dans la boite à lettres et quand il se trouvera une horde de fans en délire pour acclamer avec frénésie le prochain plombier qui débouchera un évier…

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Published by Olivier Moch - dans Humeurs
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