Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 10:59

Frank Marshall fut le premier Grand-Maître des échecs, il était doté d'une mémoire phénoménale.

 

chess.jpgLorsque l’on évoque les échecs, on pense immédiatement une poignée de génies qui dominèrent ce monde très fermé : Karpov, Fischer, Spassky, Kramnik, Petrossian et, bien entendu, celui qui est souvent considéré comme le meilleur joueur de tous les temps, Garry Kasparov. Pourtant, bien avant ces Grands Maîtres, il se trouvait des précurseurs qui ont vraiment donné leurs lettres de noblesse au jeu d’échecs moderne. Parmi eux il y avait L’austro-américain William Steinitz, qui fut le premier champion du monde en 1886, l’Allemand Emmanuel Lasker, le Cubain José-Raul Capablanca, qui est pour Kasparov le plus grand joueur de tous les temps, et l’Américain Frank Marshall qui présente la particularité de n’avoir jamais été champion du monde même s’il laissa son empreinte sur l’échiquier…

Marshall fut par exemple le premier, en 1914, à recevoir le titre de Grand Maître ; c’était à l’occasion d’un tournoi organisé par le Tsar Nicolas II à Saint-Pétersbourg. Dix ans auparavant, il remportait le championnat américain mais refusa le titre parce que le champion sortant, Pillsbury, n’avait pas pu défendre ses chances étant malade. Marshall considérait ne pas être le champion puisqu’il n’avait pas pu affronter le champion sortant. Il attendra 1909 pour devenir officiellement champion des Etats-Unis… Autre facette de Marshall, toujours en 1909, tout auréolé de son titre national, il affronte un jeune cubain totalement inconnu qui le bat à plates coutures. Loin d’être vexé de cette défaite, Marshall se prend d’affection pour ce jeune homme de 21 ans et fait tout son possible pour lui permettre d’intégrer le circuit professionnel des échecs. Ce cubain c’est évidemment Capablanca qui sera champion du monde entre 1921 et 1927. Jamais Capablanca n’y serait parvenu si Marshall ne lui avait pas mis le pied à l’étrier…

Une mémoire extraordinaire

Je ne suis pas un bon joueur d’échecs, je n’y joue d’ailleurs pas très souvent mais j’avoue être fasciné par les Grands Maîtres et plus particulièrement par leurs capacités de mémoire prodigieuses. En 1946, Adrian De Groot, joueur d’échecs et professeur de psychologie, publia des travaux sur la mémoire des joueurs d’échecs. Il y transparaît que l’expertise au jeu d’échecs repose sur un travail sans cesse des deux mémoires. En clair, pour être un joueur extraordinaire, il faut perpétuellement faire travailler la mémoire à court terme (celle qui permet de retenir et de réutiliser une quantité limitée d'informations pendant quelques secondes) et la mémoire à long terme (qui permet d’entreposer les informations afin de les ressortir en temps opportun).

Les Grands Maîtres sont capables de mémoriser des combinaisons ou des parties entières afin de s’en servir lorsque lors d’un match ils sont dans une situation similaire. Par ailleurs, les plus doués peuvent aussi ajouter à la combinaison de leurs deux mémoires une mémoire photographique ou eidétique qui permet de retenir dans leurs moindres détails des situations que l’on ne visualise que quelques instants…

Frank Marshall était capable d’utiliser avec minutie cette triple forme de mémoire. Dans les années ’30, alors qu’il est capitaine de l’équipe des Etats-Unis et qu’il prépare les Olympiades d’Echecs, Marshall joua 155 parties simultanées ; il en remporta 147. Mais le plus impressionnant est qu’il fut capable, deux jours plus tard, de reconstituer, coup par coups, 153 des ces 155 rencontres !

Frank Marshall fut champion des Etats-Unis pendant 29 années consécutive, il remporta, entre 1931 et 1937, quatre Olympiades d’échecs avec l’équipe américaine. Il ne fut jamais champion du monde mais il faut dire que durant sa période optimale il fut opposé à des Grands Maîtres de très haut niveau, Lasker, Capablanca et Alekhine… Frank Marshall, qui était passé maître dans l’art du swindle (l’art de se sortir des situation apparemment insolubles) au point de se plonger volontairement dans des situations délicates, a laisser une ouverture qui porte son nom à la postérité ; le Gambit Marshall bien connu des amateurs d’échecs…

Partager cet article

Repost 0
Published by Olivier Moch - dans A découvrir
commenter cet article

commentaires