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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 09:22

Le Royaume-Uni va-t-il sortir de l'Union Européenne ?

brixit.jpgLe Premier Ministre anglais, David Cameron, eurosceptique convaincu, l'a évoqué dans un discours très attendu, s'appuyant sur l'article 50 du Traité de Lisbonne qui permet la sortie d'un Etat-Membre, il proposera bel et bien un référendum populaire sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l'Union Européenne. Ce référendum reste, cependant, hypothétique pour l'heure car il est prévu, selon le sociétaire du 10 Downing Street, durant la première moitié de la prochaine législature (soit entre 2015 et 2017). La première condition de la tenue de cette consultation populaire est donc que les Tories soient reconduits au pouvoir. Sachant l'euroscepticisme d'une grande frange de la population britannique, de nombreux observateurs de la politique anglaise ne peuvent s'empêcher de voir dans cette annonce de Cameron un premier geste électoral, voire démagogique, d'autant plus que Cameron avait affirmé, il y a quelques temps, aux dirigeants européens son envie que le Royaume-Uni reste dans l'UE et qu'il y joue un rôle important. Un double discours à géométrie variable selon les publics. Dans les faits, David Cameron ne ferme pas la porte de l'Union ! En effet, il a également annoncé qu'il envisage la négociation d'un nouvel accord sur la participation du Royaume-Uni à l'UE avec, notamment, la possibilité de ne pas prendre part à certaines problématiques... Une participation à la carte, somme toute ! Une négociation qui, cependant, ne s'apparentera pas à une forme de chantage - vous me donnez ce que je veux ou je quitte l'UE ! -, plusieurs (anciens) dirigeants européens - Jacques Delors en tête - ont déjà dit que le Royaume-Uni pouvait se retirer s'il en avait envie. Car un pays, quel qu'il soit, aurait beaucoup à perdre à quitter l'Union Européenne, à commencer par un isolement qui pèserait sur son influence internationale. Barack Obama a d'ailleurs attiré l'attention de Cameron sur cette réalité, enjoignant le Royaume-Uni à rester au sein de l'UE. Mais, d'un autre côté, il est évident que le retrait d'un pays aussi important que le Royaume-Uni affaiblirait également l'Union Européenne sur la scène internationale. Dans les sphères politiques - bien loin des préoccupations de la population - personne n'a rien à gagner à ce que l'Union Jack ne flotte plus aux vents européens... Ce qui pourrait se négocier, par contre, c'est une forme de participation à l'image de la Norvège qui n'utilise pas la monnaie européenne mais qui prend part au marché économique intérieur et au libre-échange en contribuant aux fonds structurels européens(1) tout en ne pesant en aucune manière sur la politique étrangère ou d'autres matières. Cette solution rencontrerait les envies de Cameron - un pouvoir décisionnel moins aliéné à l'Europe notamment - et permettrait à son pays de rester dans l'Union en y apportant sa contribution.

Le Royaume-Uni est franchement eurosceptique, sa position est claire : l'Europe connait une crise structurelle qui ne doit pas rejaillir sur le pays d'Albion; l'Europe s'est bureaucratisée à outrance ce qui ne cadre pas avec la mentalité britannique; l'Europe n'est pas compétitive face aux pays émergents comme la Chine, L'Inde ou le Brésil. Londres est une place forte, un rapport de KPMG (ndlr un réseau mondial d'audit et de conseils économiques et fiscaux), daté de mars 2012 indique que Londres est la ville mondiale la plus favorables pour les investissement(2), devant Shanghai, Hong Kong et Sao Paulo. De fait, de nombreux investisseurs du Moyen-Orient se pressent aux portes de la capitale anglaise avec de nombreux capitaux à investir. Mais le Royaume-Uni ne s'arrête pas aux portes de Londres ! Son fameux Triple A est de plus en plus  menacé par la situation économique globale, cela a été confirmé par les trois principales agences de notation, voici quelques jours... Compte tenu de ces réalités, une sortie de l'UE serait-elle, ou pas, une bonne chose pour le Royaume-Uni ? Ce sera(it) à la population de se prononcer ! Avant d'en arriver à cette consultation, deux étapes sont sur le chemin : la négociation d'un nouvel accord entre l'UE et le Royaume-Uni et les élections législatives de 2015. Des résultats de ces deux rendez-vous importants dépendra forcément la tenue du référendum sur la sortie de l'Union Européenne...

Brixit - Britain Exit(3) - est encore loin d'être une réalité ! Bien par-delà la situation actuelle évoquée plus haut, parce que si la relation qui unit l'Europe et la Grande-Bretagne, pour autant tendue qu'elle a toujours été, est aussi une relation d'amour/haine. Si l'euroscepticisme est une réalité, les Britannique ont déjà eu la possibilité de sortir de l'Europe par la voie référendaire, c'était en 1975 et la population s'était largement prononcée pour un maintien dans ce que l'on appelait alors la CEE.  La situation présentait des points communs : l'Europe était en crise profonde, l'euroscepticisme existait déjà mais 67% de la population avaient choisi le maintien dans l'Union Européenne... Beaucoup s'agitent déjà quant à l'idée d'une désaffection britannique, je dis : attendons 2015 et voyons si ce référendum a lieu, rien n'est moins sûr !

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(1) les fonds structurels sont des fonds qui permettent la solidarité entre les Etats-Membres, en réduisant les inagalités de développement économiques, notamment, dans un but de compétitivité économique de chaque état.
(2) Londres : la plus favorables pour les investissements étrangers, on La Voix de la Russie (french.ruvr.ru), 16 mars 2012
(3) Brixit = Britain Exit, un mot-valise qui résume les velléités britanniques de sortie de l'Europe

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Published by Olivier Moch - dans Actualité
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commentaires

Olivier 25/01/2013 08:41

Selon Le Monde du jour (qui cite The Times), Londres sortirait de l'UE en cas de référendum aujourd'hui... 53% des Britannique se prononceraient pour une sortie de l'Union Européenne.