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30 avril 2004 5 30 /04 /avril /2004 16:13

Centenaire, ce mardi 30 mars, de la naissance d’Edgar Pierre Jacobs, un des maîtres de la BD belge.


blake.jpgLe 30 mars 1904, à Bruxelles, voyait le jour le futur créateur des aventures extraordinaires de Blake et Mortimer, un des phénomènes les plus marquants de toute l’histoire de la bande dessinée internationale. Edgar P. Jacobs est passionné par l’art lyrique et c’est dans cette voie qu’il se lance avant que la seconde guerre mondiale n’interrompe une fort courte carrière. Durant le conflit, il travaille pour l’hebdomadaire «Bravo» pour lequel il est notamment chargé de colorier les planches d’un comic américain publié dans le magazine ; Flash Gordon. Mais en 1942, l’occupant allemand fait interdire la publication de ces aventures jugées trop américaines (et pour cause...). Alors, on demande à Jacobs de créer quelques planches qui seront publiées. Ce sont là les prémisses du «Rayon U» qui ne sera publié sous forme d’album qu’en 1974. En 1943, Hergé, qui a remarqué le talent indéniable de Jacobs, le prend sous son aile pour remanier sept albums des aventures de Tintin. Dans la double aventure «Les sept boules de cristal» et «Le temple du soleil», on peut aisément retrouver la touche d’E.P. Jacobs !

A la fin du conflit, le dessinateur décide de voler de ses propres ailes et crée son duo de personnages ; le Capitaine Francis Blake et le Professeur Philip Mortimer. Les premières aventures de Blake et Mortimer prennent, hebdomadairement, place dans le Journal de Tintin. En 1947, Jacobs cesse sa collaboration régulière avec Hergé pour ne plus se consacrer qu’à ses deux personnages. Chaque album est basé sur un scénario solide, une documentation pointue et un souci du détail cher à l’auteur ; Jacobs en réalisera huit de son vivant et il plonge, dans chacun d’eux, le lecteur dans une ambiance futuriste et extraordinaire, ce terme étant à prendre dans son sens premier à savoir qui sort du commun. Jacobs confrontera ses héros à des phénomènes très en avance sur leur temps. Ainsi, Blake et Mortimer croiseront sur leur route l’Espadon, un avion-amphibie supersonique né de l’imagination fertile de Jacobs, l’onde Mega capable de diriger les esprit, un rayon à même de modifier le climat(1), une machine à remonter le temps et même la cybernétique... tout en se livrant à un combat - assez manichéen il faut le reconnaître - contre l’infâme Colonel Olrik, symbole du mal sur cette terre.

L’album «La Marque Jaune» deviendra un album mythique et sert désormais d’étalon dans la BD mondiale. Rarement un tel degré de génie aura été atteint dans ce qu’il est convenu d’appeler le neuvième art. Fervent adepte de la ligne claire, un style inventé par Hergé qui consiste à éliminer tout ce qui graphiquement accessoire, à styliser au maximum et à enserrer le dessin dans un trait noir, fermé et net, Jacobs apporte à cette technique son expertise dans la colorisation. Il sera d’ailleurs le seul à faire évoluer un tant soit peu ce style de dessin qui est tombé en désuétude dans les années ’70 et que les successeurs de Jacobs tentent, avec succès, de remettre au goût du jour avec la reprises des aventures de Blake et Mortimer... En effet, une dizaine d’années après le décès d’Edgar P. Jacobs(2), le dessinateur Ted Benoît (auteur notamment de Ray Banana) et le scénariste Jean Van Hamme (XIII, Thorgal, Largo Winch...) reprennent l’œuvre de Jacobs lui assurant une continuité que n’aurait probablement pas déniée le créateur.

Aujourd’hui, Blake et Mortimer font partie intégrante de l’histoire de la bande dessinée. En 11 albums, les héros de Jacobs ont conquis des millions de lecteurs à travers le monde devenant ainsi presque l’égal de Tintin et Astérix.

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(1) dont x s’inspirera probablement pour l’adaptation cinématographique de «Chapeau Melon et Bottes de Cuir»
(2) Le 20 février 1987

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Published by Olivier Moch - dans A découvrir
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